LE JEU DE BAGUE
Théâtre dans la galerie du Grand-Trianon. — La princesse de Lambaile.
Le jeu de bague. — Théâtre dans Torangerie du Petit-Trianon.
Fôte en Thonneur des frères du roi.
Le danseur Pick. — Ordonnances, livrée et fonctionnaires de la reine.
Mique, premier architecte du roi. — Lutte avec le directeur des bâtiments du roi.
Au mois d'avril 1775, la reine fît construire un théâtre provisoire dans la galerie du Grand-Trianon. Au moyen de châssis, on forma un vestibule, une salle semi-circulaire, une avantscène, avec un cintre en anse de panier sur lequel furent peintes les armes royales. On établit sur des tréteaux un plancher pour la scène*. Les magasins des Menus-Plaisirs fournirent les tentures pour l'ornement de la salle ainsi que le reste du matériel. Je ne saurais dire quelles pièces furent représentées sur ce théâtre improvisé*.
Pendant les premières années du règne de Louis XVI, Marie- Antoinette ne séjourna pas au château de Trianon. Durant la belle saison, elle allait seulement passer dans « sa maison de Trianon » comme elle l'appelait, une partie de la journée, et rentrait toujours coucher à Versailles. « La Reine », di-
1. La confection des plancher, pupitre, rampe, châssis, etc., coûta 4,505 liv., 2 sous, 6 deniers, et Tenloilage des châssis, 97 liv. Archiv. nat. 0^3046.
2. Il serait possible qu'on y eût joué, le 4 août, la Bonne femme^ et le 28, le Duel comique. Gela résulterait de Tachât de plusieurs exemplaires de ces pièces pour le compte de la reine ; elle en faisait prendre ainsi un certain nombre, toutes les fois qu'il y avait spectacle à Trianon. 0*3048.
sent les Mémoires secrets*, « a la plas vive amitié pour la jeune princesse de Lamballe », dont elle venait de faire peindre le portrait sur une des glaces de son cabinet *. « On sait que S. M. fait souvent des parties avec elle au Petit-Trianon ou Petit- Vienne, et qu'elle n'y admet que quelques dames de sa suite sans aucun homme. Là, elle se livre en liberté à toutes les aimables folies de son âge. »
Des gens mieux informés constataient cependant qu'à ce moment, madame de Lamballe commençait à perdre de sa faveur auprès de la reine*. « Sans être jolie, cette princesse », dit madame Lebrun, « le paraissait à quelque distance : elle avait de petits traits, un teint éblouissant de fraîcheur, de superbes cheveux blonds, et beaucoup d'élégance dans toute sa personne*. » Elle était très attachée à Marie- Antoinette, et sa conduite ne donna jamais prise à la médisance'; mais elle se montrait cupide et avare*. Sans intelligence et d*unc conversation nulle, elle était en outre sujette à des évanouissements qui fatiguaient la reine'. Malgré ces premiers sjmiptômes de refroidissement, Marie- Antoinette venait de rétablir, pour elle, la charge de surintendante de sa maison, et cette nomination* éloignait de la cour