I . Ou /es Sylphes supi^osés
LÀ TOUR DB IfÀRLBOROUGII. S48
vieux juge Dupré. Surprise par sa fille, qui a enlcndu la conversalioii sans voir rinlcrlocuieur, elle lui fait accroire qu*elle causait avec un esprit aérien, « rintelligence » de Dupré. Isabelle, profilant de la leçon, se met aussitôt en rapport avec « Tintelligence de Dorlis, » neveu du juge. La conclusion est que les deux couples s'épousent. Il n'y avait pas Ifi de rAlo pour la reine : Gertrude est trop &gée, et sa fille a quinze ans. Le ])ersonnage de la première convenait à Diane de Polignac, et celui d'Isabelle à sa nièce, la jeune ducbesse de Guiche.
Ces Irois pièces furent représentées le 6 juin, après avoir été répétées quatre fois : les 2i et 28 mai et les 4 et 5 juin*. « Tout le monde se porte bien ici, mon clier prince, » écrit le chevalier de risle au prince de Ligne, a hormis la Reine, qui ne saurait se porter, & cause d'une foulure qu'elle s'est faite au pied et dont les suites la retiennent sur une chaise longue depuis mercredi ; ce léger accidont, qui a ou lieu h la répétition que la reine faisait de l'opéra du Tonnelier^ on a retardé la représentation fixée d'abord à vendredi et remise h mercredi prochain. Elle se fera à Trianon, où la Reine ira s'établir demain pour toute la semaine, o II est possible que Mario-Antoinette se soit foulé le pied, le mercredi, mais c'est à une répétition lY Isabelle ci Gerirude et non du Tonnelier. Gç n'est pas la représentation, mais une répétition nouvelle qui fut remise du vendredi 30 mai au mercredi 4 juin; les comptes, d'accord avec le journal de Louis XVI, fixent, comme nous l'avons dit, le spectacle au vendredi 6. Les nouvelles du chevalier no provenaient pas, on le voit, d'informations directes, il no faisait que répéter des bruits plus ou moins exacts; et quand il ajoute : a Vous imaginez les acteurs sans que jo vous les nommo, » on peut croire qu'il ont été bien en peine de les désigner.
M N'y placez pas pourtant, » continue-t-il, <« le duc de Poli-
i. D*après le journal de Louis XVI, la reine paraît 8*êtrc établie à Trianon le l*'juin. Il y eut un peu de pluie le 3; elle tomba toute la journée du 4. Le reste du temps il fit assez beau avec un ciel couvert.
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giiac, ni niaiiaiiie lic Cli<1loii.s, qui, iiriii plus que leur bande*, ne sonl pas encore revenus d'Angleterre. Nous les atlendons, ce soir, demain, lous les jours, celui de leur dépari ayanl élé fixé, suivant ce qu'écrit madame de Coigiiy, à jeudi dernier; ce qui fuit qu'ils auront eu, pour connaître à fond le sol, le climat, le gouvernement, les mœurs, les ressources, les monuments et les personnages célèbres de l'Angleterre, neuf jours tout juste. Notre ambassadeur, arrivé à Iiondres, |»onr la pmnièrc fois de sa vie, une difini-liruri! avant eux, leur aura été bien secourable. »> C'était le comte d'Adliémar. II devait sa nomination k l'influence de madame de Polignac , et le marqua, en arborant son portrait dans le salon d'Iionneur de l'ambassade. Une députation de la fameuse société était allée, comme on voit, l'installer dans son nouveau poste. Les préliminaires de paix entre la France et l'Angleterre avaient été airêtés le 20 janvirr, et les deux gouvernements écliangeaient des plénipotentiaires pour préparer l'instrument définitif.
La Orande-Bretagne envoya de son c<*ité le duc de Manclicster. La ducbesse, sa femme, fut solennellement présentée à Versailles, le 22 juillet. Conduite à la salle des ambassadeurs, dans le carrosse de la reine, par M. de Tolosan*, elle fut ensuite traitée cbez le marquis de Talarn, premier maître d'Iiôtcl, on il y eut deux tables de quarante couverts cliacune, dont la princesse de Cbimay' et le marquis faisaient les bonneurs*. « L'ambassadrice d'Angleterre, » dit, quelques jours après, la Correspondance di; Métra*, « a singulièrement pris à notre cour. Le roi, la reine et les princes s'empressent également à lui faire accueil. Sans être jeune ni jolie, la ducbesse a
1. t^ coMilesse d*Aiidluw, dont le mari avait élé envoyé à Bruielles à la place d'Adliémar, cl lu nianjuise de Coigny, hcllc-nilc du duc, accompnfCnaient lu conilessi! de Cliàlons. Mcm, bcv,, 12 juillet n83.