‹ Le Petit-TrianonChapitre 135 sur 314 · Cahier VII · texte numérisé non relu

Cahier VII

i'i9 Ll£ ilAMKAU.

VMti livres rov(*i'8il)l(*s sur la lélc de clmcuiie de ses deux fîUes, cl 8U0 sur celle de sou fils*.

Au mois d'octolin*, le conile d'Adliéniar envoya à la reine, pour le, haïueali de Trianou, un jardinier anglais, John Kggleluii, 0 homme ù talent, capahk' de conduire en loul genre les gazons, ayant, même quelqihî soupçon de gont pour la fagon des jardins. » Son protect(;ur, lord Southamplon, qui l'avait procuré h Tandiassath'ur, ne lui emmaissait que h^h^faut d'un pt^u d<* liherlinage; aussi conseillait-il de le placer sous les onires d'un autni jardinier. A l'épreuve, il se trouva qu'il savait moins bien soigner les gazons qu'Antoine Richard. 11 tomba du resle malade, peu après son arrivée, et l'on voit, par la nature des médicaments qui lui furent ordtumés, qu'il ne faillit pas du moins à sa réputation de lihertinag(\ On h^ renvoya un I78i, avec une grati filiation de UUU livres*.

Pendant l'hiver, les travaux de terrassement étant terminés, Uichard planta la partie du parc qui entoure h*, hameau. On y mit 48,G21 pieds d'arbres pris dans la pépini^^re de la Ilochettc près Melun'. La ccmiposition du paysage fait honneur au gont du jardinier de la reine : les arbres y sont groupés en masses simples entre lesquelles l'air se juue libn^nent; des trouées, percées avec art dans la bordure, reliaient le jardin au petit village de Saint- AnIoine-du-Ituisson, à la plaine du Chesnay et à la prairie de Saint-Antoine, oii les bouquets de bois servant de remises au gibier, habilement disposés, formaient des perspectives lointaines. Uichard était un des botanistes de ce temps qui ccumaissaient le mieux rarlxiriculture. Au cours de ses herborisations et depuis, il (*n avait fait une étudi; particulière. On a de lui un remarquable travail sur les a arbres, arbrisseaux et sous-arbrisseaux existants en France et supportant nos hivers, » que Lerouge a publié dans

I. Élal nominatif lUa itcnsions mw ic Ir^Jsor royal. Il u clé rcéililu dans les Archives jkirltnncnUiircs, avoc 1«î Livre rowje, t. XIH-XV.

'2. 0> t87'J, 188i. Il avail die engagé iiiuvcnnaitl 30 guinées par un el Tcntrelieii.

LA RODE HLANCirE DE LA REINE

Porlrail de Muric-Anloinelle on « chcmiâc ou gaiiUc. » — Mœura boiirgooiscd.

Siippivssiou i)(ï réUquuUc. — Voi*:iailles (lé^ert.

Le saliHi (K^ Pi>ligiiac. — rîrAccâ noiivisllcs ciui leur sont oclroyécs.

Fôlc eu ritonueur ilu cuuile do llaga. — Un gala royal. — llluuiiualion.

L'hubit de Triunon.

Au salon de 1783 fut exposé, sous lo n* HO, un portrait do Marie-AntoiueUe, qu*il ne faut pas oublier dans une histoire du IVitit-Triaiion. II était de madame Vigée-Lebrun , récemment reçue à Tacadémie', gn\ce à rinlluence de Vaudreuil et de la société lN)lignac, dont (die devint le peintre attitré. Kilo n'a pas fait moins de huit portraits dt^ la duchesse de INdignac, quatre de la duchesse de (iuirhe, un du duc de Polignac, un du vicomte son père, six du comte An Vaudreuil, t^tc. Klle avait un sahui qui réunissait la plus brillante société. MM. de Polignac, de Vaudreuil (*t leurs amis s'y amusaient mieux qu*à Versailles; ils y rencoidraient \\, de TialiMuie. (Vest à C(;s hautes amitiés que madame Lebrun dut rhoimeur de peindn; la reint'. Klle la représenta coiffée d'un chafieau de |)aille et vêtue d'une « chemise, costume, » disent 1rs Mémoires sea'cts, « imaginé depuis peu par

I. Son u(lniisi>ion avait prcscnlc de:» dinicullùs, ù raison du comniorco de son nmii(|ui lu-o<:antuit dos tableaux. 3/('m. sec. Lettre sur leS«ilon de 1783.— Voyez, sur ce tableau, les Souvenirs de Madame Lebrun, 1, 40. La mémoire lui fait défaut pour la date, ce qui lui arrive assez souvent dans rénumérution de tes œuvres.

LA ROBB BLANCHB DB LA RBINB. Î51

les femmes. » La chemise ou gaullo élail une robe blanche, longue, sans aucun ornemenl. « S. M., » continue le compte RMidu du salon, « csl très bien*; elle a cet air lesle el délibéré, celle aisance qu'elle préfère h la gène de la représenlalion, et qui, cho7. oUo, ne fail point tort h la noblesse de son rôle. Quelques critique*» lui Irruivent lo ccui trop élancé : ce sérail une po- (ilo faulo do dessin. Un reslo, beaucoup de fraîcheur dans la figin*e, d'élégance dans le mainlien, de nalurel dans Tatlilude font aimer ce portrait. » Celle robe blanche sera désormais le costume ordinaire de la reine & son chftteau. C'est ainsi que madani(^ (4inipan* nous la dé|)einl :« YMue en blanc avec un simple chapeau de paille', une légère badine à la main, marchant & pied, suivie d'un seul valet, dans les allées qui conduisaient au Petit- Trianon. »

L'usage des vêtements d'été tout blancs venait des colonies. L'année précédente, une flotte de cent voiles, échappant aux croiseurs anglais, avait débarqué en France des femmes de Saint-Domingue porlanl un linge éclatanl. La reine vit cet habillement, et, trouvant qu'il convenait à la saison d'été, radopta\ Ce fui un changement complet dans sa toiletle qui, d'une magnificence excessive, passa tout h coup à la plus extrême simplicité. Le public, qui avait nnn*muré contre les plumes, les diamants, les hrod(M*ies el les alours dis|)endieux, n'accueillit |)as mieux la mousseline el la baliste. Il trouva indécent que la reine s'IiabillAl « comme les fenmies de chambre'. » L* abandon des robes

t. Tous les (>ci'its sur le salon de t783 aUesleiil la grande ressemblance du portrait : Changez-moi cette tête ou Lwtucnt nu sn/oii, '\i\-\2 \Me$sicun, ami$ de tout le monde, in-t2; Marlborough au salon^ in-12, clc.

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