‹ Le Petit-TrianonChapitre 61 sur 314 · I. Archi?. nal.OH · texte numérisé non relu

I. Archi?. nal.OH

goûlé que le premier. « Si l'on veul faire d'uu jardin pittoresque un pays d'illusions, »dit Carmontelle', « pourquoi s'y refuser? Ou ne s'amuse que d'illusions... Transportons dans nos jardins les changements de scène des opéras; faisons-y voir en réalité ce que les plus habiles peintres pourraient y offrir en décorations : tous les temps, tous les lieux. » Un théoricien de jardinage, Whately, dont le livre venait d'être traduit en français, formulait à la vérité des préceptes assez sages; mais on avait joint au volume, 2^ titre de modèle, un plan qui était do nature à fausser complètement le goût. C'était celui de Stowe, où, non content d'accumuler tous les accidents pittoresques de la nature, le créateur de ce parc célèbre avait placé des spécimens de l'architecture de toutes les époques et de tous les pays, sans compter les obélisques, les colonnes, les statues, élevés en l'honneur de divinités des panthéons grec, romain, chrétien, saxon, d'hommes illustres, depuis saint Augustin jusqu'à lord Cobdham, et même d'idées morales ou d'entités philosophiques, véritable encyclopédie mise en jardin*.

, Richard est de cette école : dans le petit espace qui lui est réservé (pi. X), il imagine de loger un théâtre de verdure, deux

1. Jardin de Monceau. Préface. On peut citer, comme le chef-d*œuyre en ce genre, un projet de jardin, publié par Lerouge, cali. XH, pi. \. Il avait été demandé par le chevalier Delphine, ambassadeur de Venise en France, à l'italien Bettini, artisle « réellement plein de génie », dit Lerouge, et dont plus loin il regrette le dépoi't (cah. XX, pi. 4). « M. le nonce nous Ta enlevé [H)ur faire un jui-din anglais à Home. » Uottini va jus(|u*à proposer la construction d'un volcan « à Timitationdu Vésuve, et qui jettera dos llainnies [mr le moyen du charbon de terre. »

2. Whately, traduit par Latapie. L'art de former des jardins modernes; Paris, 1771, in-8*, pi. — Lerouge a publié un grand nombre de paysages et d'édifices de ce jardin : cah. U, pi. t-5; cah. IV, pi. 1, 18-21. — La plupart des jardins anglais de cette époque sont dans le même goût, notamment ceux de Kew qui n'avaient pas moins de réputation que ceux de Stowe. Voy. Lerouge, cah. Il, pi. 1-7, 13, 15;cah. III, pi. 30; cah. IV, pi. 22-26; cah. VI, pi. 4 et 5, cah. VIII, pi. 28. — Citons une des curiosités bizarres des jardins anglais du xvni* siècle. Le propriétaire de Wanstead avait fait construire dans son porc un fort gothique, doublé de remparts, fossés et bastions à la Vauban. Lerouge, cah. III, pi. 28.

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d*un amateur, le comte de Caraman, officier général', « plein de connaissances et d'activité, » suivant le duc de Lauzun; ce qui n'excluait pas chez lui les qualités aimables. Madame do Genlis, dans ses Mémoires*^ le représente comme un boute-en- train, ingénieux à organiser des divertissements. Il avait planté, à Roissy, un parc anglais dont on parlait beaucoup', et dessiné dans lo même goût un assez joli jardin derrière son hôtel de la rue Saint- Dominique*. Marie- Antoinette voulut voir ce dernier. Elle s'y rendit, le samedi 23 juillet*, accompagnée des princ^isses Clotilde et Elisabeth, de Mademoiselle (la future duchesse de Bourbon) et de mesdames de Marsan, de Bourdeilies et de Bonac. Madame de Beauvau, qui avait inspiré cette curiosité, l'attendait dans la maison avec son mari. Madame de Caraman, entourée de trois de ses filles, accueillit Marie-Antoinette. La plus jeune qui avait dix ans, habillée en paysanne, comme fille du jardinier, présenta des bouquets aux visiteuses. « La reine combla le père, la mère et les enfants de toutes les marques de bonté et de toutes les gr&ces imaginables. Elle y resta une heure et demie, y fit la collation et charma tout le monde. » Elle peimit à M. de Caraman de lui soumettre un plan pour son jardin de Trianon. Quelque temps après, elle alla à Moulin-Joli, jardin chinois, remarquable surtout par un pont chargé de pots de^fleurs, d'où on avait une vue délicieuse sur la vallée de ta Seine. Son possesseur, M. Watelet, peintre et poète, revendiquait pour les paysa-

1. Princode lloulliarcy. Mémoires ati/o(/raj)A£«;Paris, I82S,3 v. iii-t;*,ll,78. — Gomle de Tilly. Mémoires; i'uiis, 1830, 3 v. iii-S*. 1, 251, 311.

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