XXXIV INTRODUCTION
remédier : qu'ils apprennent à penser à l'aide de concepts adéquats, à corriger et à compléter leurs instantanés hâtifs et tronqués de la vie et des choses. L'Américain devrait s'attacher à étudier ses erreurs, ses échecs, s'ériger en spectateur du résultat de ses efforts, considérer le (( pourquoi » et le « pourquoi pas » de ceci et de cela, aussi bien qu'il découvre le « comment Taire » telle chose et le « comment ne pas faire » telle autre. Il devrait apprendre à aimer l'universel, la vérité et la beauté de ce dont l'image schématique n'est qu'une approximation hasardeuse, même lorsqu'elle tombe juste.
De là l'extrême importance pour l'Américain d'un contact étroit avec les cultures plus vieilles et plus réfléchies de l'Europe, surtout avec celle de la France que son tempérament le porte à apprécier, mais de laquelle la force des circonstances l'a tenu trop longtemps éloigné. La culture française, celle du pays qui a fait la critique la plus approfondie de l'art et de la vie et les plus larges généralisations dans l'ordre politique, qui a le plus patiemment éprouvé la valeur des hypothèses scientifiques, qui possède la plus merveilleuse clarté d'exposition, suffisante à elle seule pour dissiper l'obscurité et pour faire évanouir la confusion, — cette culture donnera une