‹ Le peupleChapitre 163 sur 188 · DANGER OU COSMOPOLITISME · texte numérisé non relu

DANGER OU COSMOPOLITISME

Nous ne sommes point des fils d'esclave, sans patrie, sans dieux, comme était le grand poëte que nous venons de citer ; nous ne sommes pas des romains de Tarse, comme Fapôtre des gentils; nous sommes les Romains de Rome , et les Fran*çais de la France. Nous sommes les fils de ceux qui par l'effort d'une nationalité héroïque, ont fait l'ouvrage du monde, et fondé, pour toute na-« tion, l'évangile de l'égalité. Nos pères n'ont pas compris la fi^atemité comme cette vague sympathie qui fait accepter, aimer tout, qui mêle, abâtardit, confond. Ils crurent que la fraternité n'était pas l'aveugle mélange des existences et des caractères, mais bien l'unioù des cœurs. Ils gardèrent pour eux, pour la France, l'originalité du dévouement, du sacrifice, que personne ne lui disputa; seule, elle arrosa de son sang cet arbre qu'elle plantait. L'occasion était belle ^our les autres nations de ne pas la laisser seule. Elles n'imitèrent pas la France dans son dévouement; veuton aujourd'hui que la France les imite dans leur égoïsme, leur immorale indifférence, que n'ayant pu les élever, elle descei^de à leur niveau?

Qui pourrait voir sans étonnement le peuple qui naguère a levé le phare de l'avenir vers lequel regarde le monde, voir ce peuple aujourd'hui traî-

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