‹ Le peupleChapitre 83 sur 188 · ON N'A GUÈRE PEINT · texte numérisé non relu

ON N'A GUÈRE PEINT

et qui toujours avaient peint les mœurs des classes élevées, se sont souvenus du peuple; ils ont entrepris, dans leur bienveillante intention, de mettre le peuple à la mode. Ils sont sortis de leurs salons, ont descendu dans la rue, et demandé aux passants où le peuple demeurait. On leur a indiqué les bagnes, les prisoijs, les mauvais lieux,

n est résulté de ce malentendu une chose trèsfâcheuse, c'est qu'ils ont produit un eflTet contraire à celui qu'ils avaient cherché. Ils ont choisi, peint, raconté, pour nous intéresser au peuple, ce qui devait naturellement éloigner et effrayer, c Quoi ! le peuple est fait ainsi ? i> s'est écrié d'une voix la gent timide des bourgeois. « Vite, augmentons la police, armons-nous, fermons nos portes, et mettons-y le verrou! >

H se trouve cependant, à bien regarder les choses, que ces artistes, grands dramaturges avant tout, ont peint, sous le nom du peuple, une classe fort limitée, dont la vie, toute d'accidents, de violences et de voies de fait, leur ofirait un pittoresque facile» et des succès de terreur.

Criminalistes, économistes, peintres de mœurs, ils se sont occupés tous, à peu près exclusivement, d'un peuple exceptionnel.

De cette classe déclassée, qui nous effraye tous

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