première partie, pendant laquelle il demeurait encore
aUr.
Par sa naissance , Abraham aurait dû être le grandprêtre de la nation sainte des Chaldéens. Mais elle était tout entière tombée dans Tidolâtrie, et la sacrifioature ancienne était une charge sans fonctions. Cependant par sa foi il aurait été digne de la remplir ; on le voit dans la tradition plein de zèle pour la vérité auprès de son père infidèle, et prenant avec courage la défense de la cause de Dieu contre Tharé, contre Nemrod , contre tous les Chaldéens ou Sabéens.
Le Hvre d'Asch Schahrastâni * parle des discussions d'Abraham avec les Sabéens qui ne voulaient reconnaître pour médiateur qu'un esprit et non point un homme; avec d'autres Sabéens qui s'étaient mis à adorer soit les planètes, soit les étoiles fixes, et avec ceux enfin qui étalât descendus, comme Tharé ou Azar, jusqu'au .cjulte des idoles.
Les persécutions de Nemrod contre Abraham, qui sortit sain et sauf de la fournaise où le tyran l'avait jeté, étaient si bien connues des anciens Juifs qu'elles prenaient place dans leurs souvenirs entre le déluge et la ruhie de Sodome, comme si elles avaient été consignées dans la Genèse. C'est ce qui résulte certainement des versets 4, 5 et 6 du chapitre 10"»« du Livre de la Sapience. t Ce juste, que la Sagesse conserva innocent devant Dieu, qu'elle aimait comme son fils, et qu'elle maintint ferme et assuré quand les nations furent confondues dans leur
complot malicieux », ne peut être qu'Abraham, contre lequel s'étaient soulevés les païens. Car, dans Ténumération des justes que Dieu a délivrés par une intervention spéciale, Abraham ne saurait faire défaut, et le fils de la Sagesse vient précisément après Adam et Noë , et avant Lot, Jacob et Joseph.
Au reste, ce que Josèphe raconte des raisonnements par lesquels Abraham arriva à la connaissance du seul vrai Dieu, est dénué de tout fondement. L'idolâtrie naissait à peine , et le monothéisme était la vérité antique et traditionnelle.
L'astronomie, avons-nous vu, était depuis Seth et Sem la science des patriarches pieux. Elle ne devait pas être étrangère à Abraham, et nous tenons pour vraies les paroles de Bérose : « A la dixième génération après le déluge vivait chez les Chaldéens un homme juste et grand, et versé dans les choses célestes. »