I. La Grande Sécheresse
<â terre, qui a bu le sang d'Âbel, a refusé ses fruits à Q, et l'un (le ses descendants se nomme Détruit de Uy Méhujaël. Cette destruction des Caïnites a probament eu lieu par une famine, une sécheresse extraoraire.
)ette supposition n'en est plus une quand on lit dans ichoniaton qu'il y eut, au temps de Gen=Caïn, de ndes sécheresses, et dans Manéthon que le règne uénéphès=Caïn fut signalé par une famine, celui de npsos=Enos par une très-grande peste. De même, près Servius, uue peste suivit à Rome le meurtre de iius=Abel par son frère.
"Connus, dans ses Dionysiaques, décrit un incendie de :erre qui a précédé le Déluge, ^es Chinois et les Mexicains placent de même avant ce aclysme un âge du feu.
ye^i pareillement avant le Déluge que, dans les tradi- QS brésiliennes, le dieu suprême Monan fait descendre ciel , pour punir les hommes de leur méchanceté, la, qui est le feu, et qui a consumé la terre. Les Bréiens disent encore que le Déluge a suivi la mort de
134 LES CAlNITES.
Maire Monan, qui a péri dans un grand bûcher, c'est-àdire lors du fléau du feu.
Nous identifions avec Tata du Brésil Sararuma qui, d'après les Yuracarès, a embrasé toute la terre dans les premiers temps du monde.
Les habitants de la Trinité, qui adoraient le soleil, vénéraient les tigres et leur abandonnaient leurs morts, avaient conservé la mémoire d'un embrasement que le soleil excita pour les punir d'avoir négligé d'exposer leurs morts à ces animaux; cet incendie fut des plus violents et consuma une infinité d'habitants \
La sécheresse de quarante années dont parle le Rig- Véda , et qui se termina par la guerre qu'Indra fit aux Asouras, ne peut être, comme nous le prouverons ailleurs, que le fléau de Gen=Caïn.
Ce fléau avait duré au moins dix-huit ans» au dire des Lydiens.
Nous rapportons aussi à ce temps cette « longue sécheresse, » dont parle Eusèbe. Elle changeait la Grèce eo un désert, quand Eaque, d'après les ordres de la Pythie de Delphes, supplia, du sommet d'une montagne, la divinité d'avoir pitié de la Grèce; il priait encore que le tonnerre retentit subitement, que le ciel se couvrit de toute part de nuages, et que des torrents de pluie rendirent à la terre sa fécondité.
On doit pareillement, ce nous semble, reculer jusqu'aux siècles de Gain et de Méhujaël la tradition suivante qui se lit dans les livres lamanesflues, d'après les Kalmouks du lac Saisan : Un jugement de Dieu a détruit» il y a quelques mille ans , tout le pays par le feu et fit entièrement disparaître la nation qui l'habitait : les uns furent foulés aux pieds par les troupeaux que l'incendia
* Picard, Cérém, reL 1. 1, i, p. 175.
LES GAlNlTES. 135
i^t rendus Airieux ; les autres furent ensevelis sous !urs maisons ; un faible reste s'enfuit chez les Turcs et lez les Chinois, et disparut *.
Dans l'Himalaya, près des eaux thermales de Bhadriatha, on raconte que le feu, après avoir commis d'imlenses dommages sur la terre, était enfin rentré en luilême et s'était rendu dans le temple de Mahadéo pour cpier ses péchés ; le dieu l'avait engagé de rester auprès 3 lui à ses pieds, et c'est ainsi que l'eau de la source iisine était devenue chaude. Le feu, ajoute-t-on, n'est lus que la quinzième partie de ce qu'il était dans le londe précédent : les quatorze autres quinzièmes sont estes dans le temple •.
Le fait constaté par la tradition universelle, cherchons ans les mythes les explications que les peuples en ont lOnnées.
En Grèce, c'est PhaëthonI®' qui a rapproché le soleil de a terre, dont la surface s'est desséchée et embrasée. De ce temps-là , d'après la mythologie, daterait la couleur Qoire des habitants des tropiques.
C'est le dieu du feu qui, au Mexique sous le nom de Tonatiuh, au Brésil sous celui de Tata, chez les Pélasges de l'Attique sous celui de Vulcain, a descendu en personne sur la terre et l'a consumée.
Au Pérou, c'est le dieu suprême , Chun, qui, à la fin du premier âge, punit l'extrême corruption des hommes en faisant de leurs riches campagnes des déserts arides.
En Phénicie et en Grèce , c'est le Ciel lui-même qui veut faire périr toute sa postérité, pour laquelle combattent contre lui la Terre et Saturne.
Chez les Peaux-Rouges, la guerre a lieu entre deux
* C. Ritter, Géogr, t. n, p. 338, d'après Sievers.
* llnd. p. 906.
136 LES CAlNITES.
frères : Manabosho, le bienfaiteur de i'hnmanité fait périr Chokanipok, ou l'homme à la pierre à fusil (le im du feu), qui avait tué sa mère (la terre).
En Arcadie, c'est Cérès ou la Terre, naguère bienbisanie, qui s'est changée elle-même en une Furie, en «ne Erinnys.
Le Rig-Véda imagine une lutte entre le soleil qui bràle, et un génie des eaux, Etasa.
Etasa est le Taschter du Zend-Âvesta, qui, aui temps de Meschia ou des Antédiluviens, soutient un rude combat contre Epéoscho, le génie de la sécheresse.
Epéoscho est un démon. Un fléau qui détruit Vhnmir nité, peut provenir des puissances malfaisantes de l'enfer aussi bien que des caprices ou de la juste colère de la divinité. De là les guerres, en Egypte, du Serpent Apophis, frère du Soleil (qui consume), contre Jupiter etOsiris; en Chine, de Tchi-yeou= Satan contre Hoang-ti= Adam et contre Chin-nong=Seth ; dans le Rig-Véda, do Serpent Ahi et de tous ses Asouras contre Indra.
Ahi a dérobé les vaches ou nuées d'Indra, et les a enfermées dans une caverne, qui est l'hémisphère inférieur, invisible et nocturne. Mercure, le dieu des harmonies dn monde , découvre et délivre ces vaches, ou il vole les troupeaux du Soleil *. En Italie, Mercure se nomme Her cule, et Ahi, Cacus.
Mithras passait pour avoir rendu aux Ariens de l'Iran' le même service qu'Indra à ceux de l'Inde.
* Ce vol céleste se reproduit sur la terre dans les mythes d'Antolycas, fils* de Mercure, d'Eioneus et Ixion, de Bias et Mélampas, de Pirithous et Thésée, de Géryon, d'Âugias. Tous ces larcins ne sont que les variantes locales et grandement altérées de celui de Mcrcare- « Ce fait nous serait inconnu sans J. Firmicus, qui dit, chap. ^ • Virum vero abactorem boum colentes,,, hune Mithram dicwKl- Ainsi s'expliquent ces paroles de ^a^Vim \ « ^oiva ^<& Idxthx'at ^
LES GAÏNITES. 187
Pendant la longue absence des nuages, la demeure de omme sous la voûte céleste était devenue soit une fourise ardente, celle où Ton a jeté le héros védique Atri, it la prison d'airain où les deux Aloïdes tinrent enfermé ndant treize mois Ares, le dieu de la terre. 11 y auit péri si Héribœé (divinité de Tatraosphère) n'avait erti Hermès, qui vint le délivrer.
En Béotie, Ino faisait rôtir le blé destiné aux semailles. Athènes, la Terre suppliait Jupiter de lui envoyer la nie, d'après une statue de l'Acropole*. D'antiques et étiques fictions des Hellènes parlaient de jeunes filles i erraient sur les rives de la mer, éprises d'amour •or le dieu des eaux, dont elles appelaient de leurs 3UX ardents l'apparition. Telle Iphimédie, la mère des oïdes, et Tyro, de qui naissent Nélée et Pélias. Cependant la famine était affreuse : de là la faim dévonte de Lityersès en Phrygie, d'Érichthon, fils de Céops=Adam, en Attique.
Dans le Rig-Véda, les Angirasides vont à la recherche ts nuées perdues, et leurs courses errantes ne sont pas ns analogie avec celles d'Io.
Enfin apparaissent les nuées. Mais ici s'offrent à nous irtains mythes assez obscurs. D'après le Rig-Véda, la lée ne produit la pluie, la vache céleste son lait, que si s puissances de l'éther, personnifiées par Indra, l'ont coudée. La vache-nuée est donc l'épouse, la concubine Indra, et Indra en cette qualité se nomme Vrichabha, ni signifie à la fois celui qui donne la pluie et le tauiau. Ahi, en £iisant disparaître du ciel les nuées, avait onc dérobé au grand dieu Indra son épouse, et les va-
de Kaoa-Kyl. On rapporte qu'en ce jour-là un corps de Perses se sauva du pays des Turcs et ramena les vaches qui avaient été enlevées, »
« Paus. I, 24.
138 LES CAlNITES.
ches étaient euceintes da noir Crichna (oa d'Âhi) quand le Maître du tonnerre les délivra. Alors il les reprit {yoar femmes, ou c il rendit aux hommes son épouse dont ils étaient privés. • De même, chez les Phéniciens, après la défaite du Ciel, sa concubine devient Tépouse du Laboureur et la mère de la Pluie abondante.
Mais , d'après une autre intuition des poètes védiques, les Nuées qui apparaissent à l'horizon après le fléau du feo, sont d'immenses montagnes avec lesquelles les Asouras tentent d'escalader le ciel. C'est précisément ce qu'ost f aussi voulu faire les Aloïdes et les Géants de la Grèce.
La guerre des Asouras est la même que celles des Titans d'Assyrie contre Bélus, et des Géants du Pérou contre un jeune homme qui descendit du ciel, tout rayonnant de lumière , et les combattit avec des flammes de feu S Cette même guerre entre pour beaucoup dans les mythes de la lutte d'Osiris contre Typhon, aidé de nombreux conjurés, et dans ceux des Scandinaves, qui ont trait aux victoires de Thor sur les Géants.
Le combat d'Indra et des Asouras est une immense crise tellurique qui opère, entre autres, une révolution complète dans l'état de l'atmosphère.
Alors , d'après la tradition très-remarquable des Brésiliens, Ta ta, le dieu du feu, baissant la terre d'un côté, la haussant de l'autre , forma les montagnes et les vallées, et la mer salée ne daterait que de la pluie qui a éteint l'incendie.
Alors, d'après celle même tradition , a retenti pour la
» Zarate, t. i, p. 18 sq. Tradition des habitants de la* Pointe de Sainte-Hélène, où jaillit une source de bitume, et où les Espagnol* ont trouvé deux statues de géants en pierre, et des ossements fissiles d'une grandeur extraordinaire. Les géants, ainsi attaqués ptf le jeune dieu, s'enfuirent effrayés et se sauvèrent dans des cavenM» où ils furent tous consumés par le feu*
LES GAlNITES. id9
fois dans le ciel le tonnerre. Par une remar- )incîdence, Twachtri=Vulcain forge les premières pour lndra=Zeus lors de sa guerre contre •as=Titans, et Thor n'a reçu son marteau qu'ala Terre eut été rasée par Lokî, le dieu du feu. si l'on peut faire fond sur le mythe homérique lonius, naquirent les vents impétueux, d'après Hésiode, viennent au secours de Jupiter s Titans les trois Cyclopes, V Eclair, la Foudre urrcj et les trois Centimanes. Ces derniers sont : Gygès et Cottus. Briarée, ou le Fort , se nomme éon, la Chh)re, c'est-à-dire la pluie des violen- Ues ; il est fils de Pontus, la Mer et gendre de Gygès (Ogygès) est le géant des cataclysmes, et appe et ébranle la terre. Centimanes et Cyclopes jté emprisonnés (ou la terre n avait point été sée par les orages et les pluies torrentielles) l'âge d'or, et longtemps encore après la chute jusqu'à la fin de la Sécheresse, où Zeus lui-même ss géants.
au dire de Sanchoniaton, le Ciel jeta sur la terre es ailées, les premiers aérolithes dont l'homme le souvenir, et les Phéniciens sont sur ce point avec les Péruviens, qui disent que dans le comgéants contre le jeune dieu qui les frappait de de feu, des pierres étaient lancées de ces feux.
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Alors, enfin, tomba une pluie unique dans l'histoire, el qui a donné lieu à vingt mythes divers. Dans le Rig-Véda, elle restaure et sauve Atri dans sa fournaise , et en Grèce, Jupiter se change en une pluie d'or pour pénétrer dans la prison de Danaë. En Phénicie, le sang du Ciel mutilé tombe dans les sources des fleuves. Ce sang, dans Hésiode, produit les nymphes Mélies, les Géants et les Erinnyes. Les Mélies sont les arbres qui renaissent sur la terre arrosée ; les Caïnites ou les Géants qui avaient été détruits par le fléau (de Méhujaël), reparaissent et se multiplient de nouveau ; les Furies viennent exercer m la terre les jugements de Dieu au sein de la société criminelle de ces Géants. Les Curetés, autres Caïnites, naissent, dit Ovide, d'une pluie féconde. Les pleurs des sœors de Phaêthon sont à la fois la pluie qui met fin à Tincendie causé par leur frère, et l'ambre, qui daterait de cette crise tellurique*. Les Phrygiens et les Grecs inventent h naissance obscène d'Agdestis et d'Érichthonius, ainsi qvs celle d'Orion. En Arcadie, Cérès-Furie a de Neptune le cheval Arion, symbole des eaux courantes. L'Arion des Phérésiens est Pégase, qui a, lui aussi, pour père Neptune, et pour mère une Gérés qui porte le nom de Méduse. Le sang de Méduse décapitée figure les eaux qnit après le retour de la pluie, s'épanchent à flots sur les campagnes, comme le sang du ciel est le symbole de It pluie qui tombe des nuages sur la terre. Mais nous expliquerons ailleurs en détail tous ces mythes de la Grèce, que nous ne faisons ici que classer, et nous passons i ceux de la Scandinavie.
Le lecteur se rappellera qu'Actéon est le symbole d'une
i Phaëton est censé tomber dans TEridan, parce que l'ambre de la Baltique arrivait aux Grecs par l'intermédiaire des Vénètes, q* demeuraient vers les bouches de TEridan ou du Pô.
LES GAlNITES. 141
icheresse, et que sa métamorphose en un cerf es torrents de pluie qui firent cesser le fléau, avec un bois de cerf, c'est-à-dire avec ces mê- !S que Freyr, le dieu protecteur de la nature ânes ou les Caïnites, repousse et tue le géant Béli, a Baal, et qui l'attaquait sans doute avec le feu. indinaves ont deux autres mythes sur la grande e, Tun transparent et fort simple, l'autre assez
e dieu du mal) rase perfidement la tête de Sif de Thor, ou dépouille la terre de sa chevelure, antes, par le fléau du feu). Il échappe à la cohor par les présents qu'il fait aux dieux, d'oulerveilleux qu'avaient fabriqués à sa demande forgerons (les Tubalcaïnites). Ces ouvrages sont res le marteau de Thor ou le tonnerre (qui date nps-là), et une chevelure d'or qui prendra vie i dès qu'elle sera placée sur la tête de Sif (et qui retour de la fertilité après la sécheresse). ) mythe dépeint la diminution des eaux pendant u feu, et la soif des Ases. iEgir, le dieu de la :*omis aux Ases de les inviter à un festin. Mais t exécuter son projet parce que le grand vase de l'Océan), dans lequel il prépare l'hydromel, dérobé par Hymir. Hymir, que nous identifions r, est le génie, le géant du chaos, des désora nature (ici de la sécheresse, et il correspond a pour épouse un monstre à neuf cents têtes Il mal). Sa concubine a été l'amante ou l'épouse le même qu'Ahi a ravi la Nuée à Indra). Les i ont soif) s'impatientent et somment ^gir de ler à boire. Celui-ci prie Thor (le dieu sauiller reprendre le bassin des mains d'Hymir. •éprend cette périlleuse entreprise (comme In-
142 LES CAÎNITES.
di*a celle de délivrer les vaches prisonnières et Hercule celle d'enlever à Gacus les taureaux qu'il lui a dérobés). Il arrive chez le géant. Des trois taureaux (? vachesnuées) qu'on égorge et rôtit, il en mange à lui seul deux (tant était grande sa faim ou sa soif)^ Après une lutte bizarre avec Hymir, il enlève le fameux bassinet terrasse de son tonnerre tout le peuple de géants à plusieurs têtes (les Asouras)qui s'étaient précipités à sa poitf* suite. Mais l'un des boucs qui traînent son char, revient boiteux de cette expédition (car la nature, doul Thoresl le protecteur suprême, n'a pas recouvré depuis le Se» du feu sa primitive intégrité, et c'est par le mémeïnolï que Vulcain est resté boiteux depuis le temps de la Sécheresse où il s'était précipité du ciel sur la terre).
Au Japon, où toutes les traditions sont à demi effacées, on racontait simplement que c le Soleil et son frère, le redoutable dieu des tempêtes , avaient vécu quelqtt temps (avant la chute) en bonne intelligence; mais le dieu du jour craignait que l'autre ne voulût le cbasstf de son trône , et bientôt il s'éleva entre eux une querelle qui fut le signal de toute espèce de désordreSi Quand le Soleil ensemençait la terre au printemps, k Vent semait de l'ivraie et foulait les moissons sous to pieds de son coursier. Il en fit tant que le soleil ab s'enfermer dans une caverne » (qui est le ciel ténébreuxf» 11 n'est pas question ici du fléau du feu, quoique l'on dise bien du Vent en général que dans les premiers temps il mettait le feu aux forêts. Mais les Japonais savent qu'iprès un temps fort court de paix, le monde Primitif a été bouleversé par de violents fléaux, et ils parlent, comme
* La pêche de Thor qui foudroie le serpent iDarin, est un myth* diluvien dont le sens s'était perdu, et qu*on a mal à propos iutercilé dans celui de la Sécheresse.
• Stohr, 1. 1, p. 41.
LES GAÎNITES. 143
de rOccîdenl, de frères qui songent à s'arraptre du monde.
IL Les Lémégides.
îaél = Angiras , et Lemec = Soudhanvan ont de traces de leur existence dans la mémoire s. Mais les fils de Léraec, ou le forgeron Tumusicien Jubal et le berger nomade Jabal, •œur Nahéma, la gracieuse, sont au contraire des personnages du premier monde les plus 3S plus importants et les plus aisés à reconnats mythes païens.
n est Vulcairiy et peut-être Jabal est Apollon *. lébreu par lequel la Genèse désigne les instru- \chanls que forgeait le plus illustre des trois 4RÀSCH (charàssô, grec) a produit : le nom de Tubalcaïn, Chrysor, c'est-à-dire l'ouvrier e le feu (choresch-our) ; le nom grec de Tor, e nom copte du soc de la charrue, ghera, et lin de la déesse de Tagriculture, Gérés. En ibalcaïn s'appelle : l'homme du soc , Ghérès ; !ihnoubos ; Vaimé de Phlha ou Vulcain, To-
poëmes de la langue d'oil, il est fait mention id, dont le nom allemand est Wieland, et le inave Vôlundur. Ge Yôlundur est le Tubalcaïn
forgeron, magicien et boiteux, il a deux frè-
lann, Hythologus, 1. 1, p. 164 sq.
n a cru retrouver le nom même de Tubalcaïn dans dinn, le plus habile des nains dans Fart de forger les la mythologie scandinare.
144 LES CAtNITES.
r(»s, cloni l'un est chantre comme Jubal, et l'autre archer connue U» sont les nomades dont Jabal est le père.
A rt»xlivmiié de TAsie, Tubalcaïn est peut-être aujoiu^ (rinii encore connu des Chinois sous le nom de Koungchou-tseu , le faiseur d'automates des temps anlédilttviens. Mais il y est tout isolé.
lin (îrèce, Tubalcaïn s'est confondu, comme en Italie, avec le dieu du feu élémentaire, qui est par là deveni un dieu des forgerons. Jabal a été absorbé par Jubal, et dt» h»ur fusion est né le pasteur-musicien, Apollon, qa esi à la fois berger chez Adniète et le dieu de la poésie. Pandoiv et Vénus se sont partagé les talents et la beauli dt» Nahéma. Vénus est réponse de Vulcaîn, comme Saliénia est la sœur de Tubalcaïn.
Le («hrysor des Phéniciens, à la fois forgeron etmu- KÎcien, t^t un composé de Tubalcaïn et de Jubal. Jabal i ici disparu.
Les lils de Soudhanvau, les Ribhous des Védas, sont au niunbre ile ti'oi>, connue les fils de Lémec. Mais les trois sont d*habiles ouvriei*s ; le métier de Tubalcaïn est de\enu celui de ses deux frères.
Les lUbhous sont célèbi*es en Inde par leur apothéose, honneur iiui n'avait été jusqu'alors accordé à aucBi nioiiel. ei, |ku' une coïncidence sur laquelle nous ne niUM'ious assez appuyer, Sanchoniaton dit que Chrysor lui ele\ e au ran^ vies dieux , sous le nom du dieu des niiu hiues. iVisi le Jupiter CJtrysaorien des Cariens.
LoM \(Hlas ;youteni que le soleil fut assigné pour demeuro aux Kil^hous. iVest ainsi que Jabal=Apollon est le dieu du soleil, et qu'eu Kgypte le compagnon de ^0^ lr\ie eM Su'ius. V soiVtV.
Apolhm » dieu de lu lumière physique et spirituelle, ôtHÎI iHUouiv doH ueuf Muses« qui figurent les harmonies
Al IINIMIV iH MW A^^s^ Wooxv^n^. Cft mythe n'a rien
istorique. Mais les Grées n'avaient pas oublié que la ^ie était née chez les Caïnites, les Âsouras, les Titans; * c'étaient les deux fféants, Otus et Ephialtès, les Aloï- ;, qui avaient fondé le culte des Muses sur l'Hélicon. lis verrons de même l'Edda faire naître d'un meurtre, is les temps antédiluviens, la poésie terrestre (qu'il ne t pas confondre avec celle du dieu Bragi qui est l'é- IX d'Iduna et l'une des personnifications de l'état palisiaque d'innocence). Les irlandais ont une déesse, ghit (Nahéma), qui préside à la fois à la poésie (Jubal), I métallui^e (Tubalcaïn) et à la médecine (Esmun, le itième Gabire).
iu reste, la poésie est une œuvre essentiellement naoale ; chaque peuple l'a pour ainsi dire inventée de iiveau et pour soi , et l'on ne doit pas s'attendre à r le souvenir de Jubal et des beaux-arts antédiluviens conserver en beaucoup de contrées. Mais il n'en est ï ainsi de la grande découverte du forgeron Tubaln dont les secrets se sont transmis de génération en déraUon, au travers du Déluge, jusqu'aux temps histojues, et dont la mémoire a rempli la terre. La métal- "gie est d'ailleurs, dans les mythes, intimement unie a magie : celui qui pouvait transformer le minerai de ', de cuivre ou d'or en une épée ou en un collier, postait certainement la puissance d'opérer bien d'autres 0868 miraculeuses.
Ainsi les Tubalcaïnites de Rhode, les Telchines ou Teldes, qui étaient au nombre de trois comme les Ribhous, se nommaient Or, Argent et Cuivre (Chryson, Argyo et Ghalcon), avaient forgé la harpe de Saturne, le ident de Neptune, le collier d'Harmonie (= Nahéma), mme les Ribhous ont fabriqué les cuirasses des dieux Idtques. Puissants magiciens, les Telchines à volonté Kdtident les tempêtes, ûdsaient tomber la p\u\e ^\. Vdi
146 LES CAlKlTES.
neige, prenaient toutes les formes possibles. M»*» * vrais Caini tes, ils étaient t méchants, envieux et catofr niateurs, furieux et intraitables, insidieux, mau®^' D'un seul regard ils semaient partout le désordre <*■ mort. Les Hhodiens savaient bien que ces êtres vsp rieux avaient vécu avant le Déluge ; seulement où ^ donnait Ule de Rhode pour patrie*. Leur nom, queB"^ niann expliquait par Tubalcaïn, ne signifierait-îl ^ plutôt les Caïnitcs des collines (tel) artificielles snr te quelles auraient été bâties les villes du premier rnood comme Tont été plus tard celles des Assyriens*?
Les Dactyles, à qui Ton rendait un culte comme a Ribhous et à Tubalcaïn, passaient pour avoir découd au pied de Tlda la première mine de fer, après un in( die (le fléau du feu), et inventé la métallurgie. Au m bre de trois, ils s'appelaient Gelmis ou la Forge^ Dan méneus ou l'Enclume et Acmon ou le Marteau*,
Les Curetés et les Corybantes se confondent avec Dactyles et les Telchines.
Les Gyclopes qui entourent Yulcain, sont les pren forgerons autour de leur maître Tubalcaïn. Les G ont d'ailleurs fait d'eux des génies de la nature et orages, et les ont, d'autre part, à peine distingué Gyclopes postdiluviens. Ceux-ci étaient des Phénici architectes en Lycie et en Argolide , mineurs, berj musiciens en Sicile , où ils passaient pour anthropo ges à cause de leurs sacrifices humains à Moloc^.
i Lobeck, Âglaophamus, p. 1182-1202.
s On compte plus souvent cinq ou dix Dactyles (Doigts) y c principale découverte est alors celle de la médecine. Cet art, ei nicie, est dû au huitième Cabire, et les Cabires sont les associ Chrysor=Tubalcajn.
' Le scoliaste du Prométhée d'Eschyle les dit ftàres de Ci gui est Uns, le dieu des Phén\c\exi%^ ett ^t^«sLt t^marqae qn
L8S CAÏKlTEd. 147
K forgeron qui travaille le métal suppose le mi- 1 va le chercher dans les entrailles de la terre, et ;>eut l'y découvrir et l'en tirer que par quelque î. Quelle vie mystérieuse d'ailleurs ne mène-t-il i les entrailles de la terre , au milieu d'épaisses ^ plus bas que les sépulcres et tout près de l'emmorts ! Toujours armé du marteau, il se plie et [)e dans les basses galeries qu'il creuse devant ;tun nain, un sorcier, un génie des enfers. De ythes des Patâeques de Phénicie, des Pygmées de , des démons que le culte des Gabires et l'Étruuent de marteaux, des Yakchas de l'Inde, qui serviteurs du dieu des mines, des Nains de la ivie aussi célèbres par leurs talents métallurgi* B par leurs sortilèges. Ces Nains du Nord sont s devenus des esprits qui commandent aux élé- Is ne se montrent que de nuit, et s'ils se laissent ire par les rayons du soleil, ils sont métamorm pierres. Cette transformation flgure dans la mie des Indiens des Antilles.
DBS GÉNÉRALES SUR L'HISTOIRE DES CaÏMITES.
oniaton fait connaître l'apparition successive des es classes de la société civile chez les Caïnites, ie l'homme contre le fléau du feu, et la prospé- 'époque des Lémécides.
If-Véda, si nous le comprenons bien, donne surstoire de la religion chez les Caïnites. Dans les Manou, nous voyons sortir d'une même souche
^amarina, en Sicile, porte le même nom qii*Tm« 'nVk 4«
148 LES GAlNm».
les hommes pieux ou les Séthites, et la race pe caînite des Asouras, à laquelle appartiennent chas ou les nains mineurs de Tubalcaîn, les K les musiciens de Jubal , et les Gandharwas qi Centaures. Cette commune origine (par Adam) et des méchants explique la parenté des Âses e ou Géants, des dieux de TOlympe grec et des
En Chine, Tchouen-hio ou Ënos, fils de Seth, de deux dynasties parallèles, et dans le Tunqu qui avait épousé le fils de Than-Noù (Chin-noi nois ou Seth), fut la mère des San-Tinh ou ha monlagnesj c'est-à-dire des Sethites, et des Th habitants des bords de la mer^ c'est-à-dire di Ces deux races ont formé deux peuples distîn et ennemis.
En Grèce, le mythe de Prométhée nous offi tacle de Fhomme irritant Jupiter, comme d par l'hypocrisie et l'avarice de son culte, inve les arts, comme les Lémécides, contre la voloi suprême qui voulait avant tout fonder l'Étal naissance à une race nouvelle de femmes séd artificieuses représentées par Pandore=Nahéi chaîné par la juste colère de Dieu sur le roc mords et de la soufiûrance jusqu'à la venue du bérateur^
Le Prométhée de l'Inde est Divodasa, qui n' la main des dieux la dignité royale qu'à la coi pendant toute la durée de son règne ils restei le ciel sans jamais descendre sur la terre, et
*> Prométhée est bien platot Satan qae le Christ. Te] Fopmion traditionnelle et généralement adoptée. Nom aillemrt, en détail, ce mythe, qui est l'un des plut ii J'ÀDdquité tout entière.
LES CAlNITES. i|9
nies forces, combla son peuple de prospé-
sa ressemble d'ane manière frappante à des Brésiliens, solitaire d'une tr^grande enseignait à ceux qui venaient à lui l'astrodecine, Timmortalité de Tâme, mais qui ne :;un culte et ne parlait jamais de Dieu ni de le.
e d'après Bayle les Antédiluviens auraient $«.
a, rétat primitif d'innocence subsiste jusverte de la métaUurgie , jusqu'au meurtre hTf qu'on précipita avec des fourches dans Bile était une magicienne habile en chimie» ujours (comme Pandore) la joie de l'épouse Ze fut alors qu'éclata la guerre entre les Ues.
sont les Caïnites des traditions Scandinaves, [ui signifie désir ^ tient à celui de Vénus; ;ont ceux de la nature luxuriante qui rend ; qui l'énervé ; leur trait distinctif est la voes, en s'alliant avec eux, commettent une idence. En effet, Loki qui, avec ses enfants,
nt, p. 205 sq.) m*a fourni la comparaison de Provodésa bralimanique. Le Divodésa du Rig-Véda est IX, mais un roi antédiluvien, et le représentant ande prospérité et de relative piété des Lémécides. dans notre dernier Livre le mytlie diluvien des
lais ont emprunté aux Scandinaves le mythe de la ils ont fait une allégorie morale. Voyez le chant râla, oh Hmarinen, pendant son venvage, fond une 'argent, dont il veut faire son épouse, mais <\!oi Voi
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ptKw par «e» ras» ei ses mcÊÊSonges ; du deho! ij«i iiijTT |mr if T fiiii. qae Thor foudroie < — leia, CtflHMHi les iUes ré9isteront-4l8 Jl tant MHÉs ^BiBi ds scroBi w^êkés aox Yanes el amolli Ifsr JM^rirrip socKiê? Cependanl fai paix se ce les Vases àammem poar dia^ leurs dieux : Njo dtai de la terrt Boamôère ; son fils Freyr, qm ] à la fenAé, et sa Ole Freya* qin est Yàaiis. Les qvKpcHMleBaaBxpienSefhites, livrent de lei la Foi H la 5nffiaf, Hoenir ei Mimir. Mais quel Il Min ■ I tromcront-ils chez les Vanc s? Le people des voiiiptés comprendra-t-il gage simiile ei natf de la Fol, sn{»portera-t-41 les : dhins de la Sagesse? Non, les Tanes s'irritent tel de la slvpîdlté de Hoenir qalls égorgent Mimir Toient sa teie à Odin. Odin T^nbanma, et dès 1( ooDsnlta firéqneniHient.
Cependant les Vanes et les Âses se réconciliem leurs paroles (leors salines) réunies en un vase {dus sage des hommes, Qoasnr (Kuacer) personni de la sagesse tome terrestre qui se forma par le r définitif des Sethites et des Caînites. Quasur pé du Déluge) égorgé par deux nains, et son sang c source de la poésie postdiluvienne , comme nou rons plus bas.
LES CÂÏNITES. 151
ly quand le vinrent trouver les messagers de Libiissa, it été forgé par Tubalcaïn ; que la ville que Przémyssl libussa fondent en commun est non celle de Prague, s celle des Caïnites au temps des Lémécides, comme iblent l'indiquer et les mines que la reine découvre. Idole d'or qu'elle fait fondre. La guerre qui s'éleva hs sa mort entre ses suivantes et les hommes, et qui termine par la destruction totale de ces Amazones t le château fut incendié, nous transporte par-dessus ^luge à l'incendie final de la terre '.