J. SU
Vtc'-ü
Ce gouvernement a pour secrétaires :
MM. Armand Mnrraat.
Louis Blanc.
Ferdinand Flocon.
Aubert.
Ces citoyens n'ont pas hésité un instant à accepter la mission patriotique qui leur élait imposéo par l'urgence. Quand la Capitale de la France est en feu, le mandat du gouvernement provisoire est dans le salut public. La France entière le comprendra et lui prêtera le concours de son patriotisme. Sous le gouvernement populaire que proclame le gouvernement provisoire, tout citoyen est magistrat.
Français, donnez au monde l’exemple que Paris a donné à la France ; préparez-vous par l’ordre et la confiance en vous- mêmes aux institutions fortes que vous allez être appelés à vous donner.
Le gouvernement provisoire veut la République, sauf ratification par le peuple , qui sera immédiatement consulté.
L'unité de la nation formée désormais de toutes les classes de citoyens qui la composent ; le gouvernement de la nation par elle-même;
La liberté, l’égalité et la fraternité pour principes , le peuple pour devise et mot d'ordre, voilà le gouvernement démocratique que la France se doit à elle-même et que nos efforts sauront lui assurer.
Dupont ( de l’Eure ), •
Lamabtinb,
Crémieci ,
Lbdrü-Rollin,
Garnier-Pagès,
Marie ,
, Abago,
Membres du Gouvernement provisoire.
Armand M arrast ,
Louis Blanc ,
» Secrétaires.
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
Le gouvernement provisoire arrête :
La Chambre des Députés est dissoute.
Tl est interdit à la Chambre des Pairs de se réunir.
Une assemblée nationale sera convoquée aussitôt que le gouvernement provisoire aura réglé tes mesures d’ordre et de police nécessaires pour le vote de tous es citoyens.
Paris, le 24 février 1848.
Lamabtinb ,
Ledbu-Rollin.
Louis Blanc, secrétaire .
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Paris, le 25 février 1848.
, Le gouvernement de la République française s'engage à garantir l’existence de l'ouvrier par le travail ;
Il s’engage à garantir du travail à tous les citoyens;
Il reconnaît que les ouvriers doivent s'associer entre eux pour jouir du bénéfice légitime de leur travail.
Le gouvernement provisoire rend aux ouvriers, auxquels il appartient, le million qui va échoir de la liste civile.
GAHNIBH-PAGliS,
Maire de Parie.
Louis Blanc,
L’un lire secrétaires du Gouvernement provisoire.
Tout ce qui concerne la direction des beaux-arts et des musées, autrefois dans les attributions de la liste civile, constituera une division du ministère de l'intérieur.
Le jury chargé de recevoir les tableaux aux expositions annuelles sera nommé par élection.
Les artistes seront convoqués à cet effet par un prochain arrêté.
Le salon de 1848 sera ouvert le 15 mars.
Ledhu-Rollin.
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
 la garde nationale.
Citoyens!
Voire attitude dans ces dernières et grandes journées a été telle qu'on devait l'attendre d'hommes exercés depuis longtemps aux luttes de la liberté.
Grâce à votre fraternelle union avec le peuple, avec les écoles, la révolution est accomplie ! I...
La patrie vous en sera reconnaissante.
Aujourd’hui tous les citoyens font partie de la garde nationale ; tous doivent concourir activement, avec le gouvernement provisoire , au triomphe régulier des libertés publiques.
Le gouvernement provisoire compte sur votre lèle, sur votre dévouement à seconder ses efforts dans la mission difficile que le peuple lui a conférée.
Les Membres du Gouvernement provisoire,
Dupont (de l'Eure).
F. Arago.
Marie.
Lamartinb.
Crêmieux.
Ledru-Kollin.
Garnibr-PagKs.
Loois Blanc , secrétaire.
A km. Marrast, ni .
Flocon , id.
,*• Aubebt , id.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
I.a garnison du fort de Vincennes vient de reconnaître le gouvernement de la République. Toutes les troupes envoient leur adhésion au mouvement qui emporte la France.
A chaque instant le gouvernement provisoire de la République re-
çoit des villes et des populations les témoignages les plus vifs de sympathie à la victoire du Peuple.
Signé : Les membres du gouvernement provisoire de la République.
Dupont (de l'Eure),
Lamartine,
Garnier-Pagès,
Arago,
Marie, '• ï
Ledru-Rolun, .
Crémiedx,
Louis Blanc,
Marrast,
Flocon,
Albert (ouvrier).
Certifié conforme : Le représentant du Peuple pour le premier arrondissement. ■ <•
La Châtre.
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Citoyens de Paris 1
Le Coq Gaulois et les Trois Couleurs étaient nos signes vénérés quand nous fondâmes la République en France; ils furent adoptés par les glorieuses journées de Juillet. Ne songez pas, Citoyens, à les supprimer ou à les modifier; vous répudieriez les plus belles pages de votre Histoire, votre gloire immortelle, votre courage, qui s est fait connaître sur tous les points du globe. Conservez donc le Coq Gaulois, les Trois Couleurs ; le gouvernement provisoire le demande à votre
patriotisme.
Les membres du gouvernement provisoire, Garnier-Pagès, maire de Paris.
Ad. Crbmieux.
Louis Blanc, secrétaire.
Il sérail impossible de se figurer l’aspect que présenta Paris pendant la soirée et la nuit qui suivirent cettegrande •
et immortelle journée du 24 février. Quels que soient les faits, quelque immenses qu’en aient été les résultats, ils s’effacent devant tant d’émotions vives, profondes, mobiles, qui font battre le cœur à une population d’un million d’àmes.
Deux grandes pensées, dès le premier moment qui suivit la victoire du peuple, dominèrent toutes les autres : la générosité du peuple lui-même pendant et après le combat, et la répugnance visible des soldats français à faire usage de leurs armes contre des citoyens français. Honneur soit à jamais à notre vaillante armée qui s’est acquis plus de gloire civique en ne se battant pas contre ses frères qu’elle n’aurait pu cueillir de lauriers militaires à la suited’un triomphe sacrilège. L’antagonisme du peuple et de l’armée est désormais impossible.
On a vu cependant qu’à la fin de la tumultueuse séance de la chambre des députés, séance qui rappella celle du jeu de Paume à Versailles, mais dont les résultats furent plus prompts et hien autrement larges, des cris de : Vive la République ! s’étaient fait entendre et que tous ceux qui se trouvaient alors dans la salle des séances, députés ou non députés, se donnèrent un rendez-vous immédiat à l’Hôtel -de- Ville.
Tout était défait, mais rienencore n’était fait, etcertes il y avait grande urgence, au milieu de l’effervescence générale, de ne pas laisser un seul instant Paris et la France sans gouvernement. Dans cet état de choses, laséance delà chambre des députés fut donc, en réalité, plutôt suspendue que close, pour être continuée à l’Hôtel-de-Ville , devenu le chef-lieu du Gouvernement provisoire ; nous en avons
fait connaître la composition proclamée au nom du peuple souverain, ainsi que les premiers décrets émanés de l’autorité nouvelle.
Interprétant dés son origine les vœux présumés de la France, que l’on dut croire à bon droit fatiguée de tous les genres de fourberies monarchiques, le Gouvernement provisoire prit la forme et les allures d’un gouvernement républicain. 11 y fut convié par les cris de la foule qui circonvint l’Hôtel -de-Ville dès les premiers moments de son installation et ne cessa pas d’en encombrer la place et les abords jusque pendant la journée du lendemain. Là se passèrent les scènes les plus dramatiques; là, pressé de jouir de ses droits reconquis, le peuple se hâta d’entrer en communication directe avec les premiers citoyens investis en son nom de son autorité souveraine. La place de Grève se vit ainsi métamorphosée en un forum, et les marches qui conduisent à l’Hôtel-de- Ville se convertirent en une tribune aux harangues. Là, des conférences, tumultueuses d’une part, courageuses et éloquentes de l’autre > part, s’établirent entre le peuple et ses magistrats. En celte circonstance M. de Lamartine se fit remarquer par un mouvement d’éloquence sublime qui sauva nos glorieuses couleurs nationales du danger dont elles furent un moment menacées.
Une partie du peuple, non pas certainement en haine du drapeau tricolore, mais bien plutôt pour protester contre les hontes dont il venait d’être si souvent flétri, avait arboré le drapeau rouge et la cocarde rouge. Ce fut contre cette tentative au moins insensée que, au nom du Gouvernement provisoire, M. de Lamartine se prononça avec une
si généreuse énergie, «Quanta cela, s’écria-t-il, jamais! Non, jamais je ne renoncerai au noble drapeau tricolore qui a faille tour du monde, pour adopter le drapeau rouge qui n’a fait que le tour du Champ-de-Mars traîné dans le sang du peuple. »
La cause du drapeau tricolore fut gagnée, et ces paroles eurent en meme temps pour effet de rassurer les hommes qu’aurait pu effaroucher d’abord le mot de République, dont le nom rappelait de sanglants souvenirs. Cela et l’abolition de la peine de mort appliquée aux délits politiques donnèrent lieu d’espérer que la nouvelle République voudrait répudier les errements de son aînée. Déjà ses fondateurs en avaient donné la preuve en respectant la liberté des cultes, la liberté des consciences, en protégeant les ministres de la religion, enfin en prenant une décision, puérile en apparence, mais dictée par un sentiment de haute moralité, la suspension du serment, mesure parfaite, et qui était nécessaire pour rendre à la parole de l’homme sa valeur perdue dans tant de changements de gouvernement.
Que si, d’ailleurs, des esprits ombrageux ont pu trouver que la république était prématurément instituée en ce qu’elle anticipait sur. les droits de la future assemblée nationale constituante, les adhésjons empressées du clergé, des cours de justice, des tribunaux, des villes, des campagnes, de l’armée et de ses chefs, de toutes les corporations qui vivent soit du travail de l’intelligence, soit d’un travail manuel, ont dû suffire pour laver le Gouvernement provisoire de tout reproche pour avoir donné une impulsion qu’il allait recevoir lui même de toutes les partiesde la France.
Tout le monde aujourd’hui est républicain, et tout le monde le sera encore bien plus sincèrement, si nous ne voyons passe jeter à la traverse quelques esprits sauvages .qui, pour une question de date, voudraient faire du républicanisme un droit exceptionnel et par conséquent un privilège.
Dans la soirée du 24 février, l’école de Saint-Cyr fit, à neuf heures, son entrée à Paris aux cris de ww la republique ! Pour signaler la noble conduite de ces jeunes gens, le Gouvernement provisoire a décidé depuis par un décret, que les élèves de première classe seraient immédiatement incorporés dans l’armée, et qu’ils recevraient un brevet de sous-lieutenant.
De même, afin de reconnaître les services rendus à la cause de la liberté par les élèves de l’Ecole polytechnique pendant les trois grandes journées, un autre décret a arrêté que ceux de seconde année seraient, sans examen préalable, attachés aux divers services auxquels ils se destinaient.
Ce même soir tout Paris fut splendidement illuminé , même dans les parties du faubourg Saint-Germain où l’on n’apercevait la veille qu’ inquiétude et deuil. Les groupes armés étaient presque complètement remplacés par des •groupes de promeneurs inoffensifs , tous radieux de joie et d’espoir dans l’avenir.
Nous ajoutons ici des renseignements fort curieux qui ont été recueillis depuis.
Les 23 et 24 février, il a été élevé dans Paris 1,312 barricades, presque entièrement concentrées entre lu Cité, la Madeleine, la barrière des Martyrs, le canal Saint-Martin,
sur la rive droite, et autour de la Cité, sur la rive gauche; elles s’étendaient en outre dans toutes les rues conduisant aux barrières.
Oi a calculé que chaque barricade a employé, en moyenne, 845 pavés; de sorte que le peuple a arraché en quelques heures 1,277,640 pavés.
On a en outre renversé 4,013 arbres; on a brisé ou endommagé 3,704 appareils d’éclairage, savoir : 227 candélabres, 11 consoles; 890 lanternes brisées, et 2,576 lanternes dont les verres ont été cassés.
Enfin on a brûlé ou détruit 53 corps-de-garde, 71 bureaux de surveillants des voitures de place, 41 bureaux d’octroi, 41 guérites, 104 colonnes d’affichage, 292 bancs: total, 603.
Dans ce calcul ne sont pas comprises les grilles qui ont été arrachées pour faire des armes ou compléter des barricades, comme à la Bourse, à l’Assomption, au ministère de la marine, à Notre-Damc-de-Lorette, etc.
— Le Messager publie le texte même de l’acte de V abdication du roi Louis-Philippe , signé aux Tuileries, le 24 février.
« Nous donnons, dit ce journal, cette copie d’après l’original même, sur lequel nous l’avons transcrite textuellement.
Acre AUTOGRAPHE 1)’ ABDICATION DU ROI LoBIS-PhILIPPE.
J'abdique celle couronne que la voix nationale m'avait appelée (sic) à porter , en faveur de mon petit-fils le comte de Paris.
, P Misse -t-il réussir dans la grande Ukhe qui lui échoit au jourd'hui.
24 février 1848. LousPiiii.ippe.
Celle pjèce importante a été arrachée, aux Tuileries, des mains du général qui allait la présenter îiu peuple, par le citoyen Charles Lagrange, de Lyon, qui a crié en s’en emparant : Pas de Régence! Plus de roi! Vive la République ! Clic est écrite sur un carré de papier irrégulier, et elle avait été pliée en quatre avant d’avoir été complètement séchée; elle est maculée de duplicata en quelques endroits.