‹ Le phalène: pièce en quatre actes et deux partiesChapitre 21 sur 47 · Scène II · texte numérisé non relu

Scène II

M»* DE MARLIEW, PHILIPPE

Philippe. — Je viens attendre Thyra, elle n'est pas là, n'est-ce pas? Elle n'est pas rentrée?

M"' DE Marliew. — Pas encore. Il est pourtant trois heures du matin... mais elle ne saurait tarder.

Philippe. — Savez-vous où elle est allée?

M""* de Marliew. — A un bal costumé.

Philippe. — Seule ? Pereonne n'est venu la prendre?

M™* DE Marliew. — Seule... Je ne Tai même pas vue, j'étais couchée quand elle est partie. Elle avait condamné sa porte.

Philippe. — Je m'excuse de vous dérang^er h une pareille heure et de vous avoir fait levef... Mais si vous le voulez bien, nous allons l'attendre ensemble?

M"* de Marliew. — Mais très volontiers... J.e m'excuse seulement d'une pareille toilette. Permettez que j'aille au moins mettre quelque ordre...

Philippe. — A quoi bon? Je vous en prie, testez comme vous êtes.

M"* DE Marliew. — Croyez que je suis g:ênéè...

Une vieille femme abdique toute coquetterie, c'est entendu, mais...

ÎPhïlippe, sèchemenu — Je VOUS trouve très bien âinsi.^ Je vous en prie, madame. J'ai à vous mettre aii' courant de la situation et tout retard, fut-il de quelques minutes, me semblerait intolérable.

M"* t)E Ma&liêw. — Asseyez-vous donc, prince. Tenez, je vais donner de la lumière... (Elle allume râtelier.) Vous avez là dès' cigarettes. Vous n'aurez pas froid?

Philippe, sans s'asseoir. — Je crois qu'en ce moment je ne sentirais ni le froid ni le chaud! Je viens de faire les cent pas devant votre porte pendant près d'une heure et je ne pourrais me rappeler la température. (Un temps.) Votre fille m'a donné mon congé ce soir, le savez-vous?...

M°** DE Marliew. — Qu'est-ce que vous dites là?... Ce n'est pas possible!

Phiuppe. — Il n'y a pas d'autre terme ; mon congé... Elle a lompu avec une netteté, une autorité qui montraient une résolution parfaitement réfléchie.

M"* DE Marliew. — Jamais, croyez-le, elle ne m'avait mise au courant d'une intention semblable! Vous me voyez suffoquée... Hier matin encore, nous avions discuté certains détails de trousseau. Peutêtre, prince, avez-vous pris une humeur de femme nerveuse pour...

Phiuppe, soupçonneux. — Non, non... Thyra ne m'a fourni que les plus vagues explications. C'est ce vague précisément qui avait éveillé tous mes soupçons. Je prévoyais qu'il y avait un mystère là-dessous. J'ai voulu savoir... et ce que j'ai appris passe toute imagination, en effet! J'ai fait guetter votre fille.

M"* DE Marliew, révoltée. — Oh!

Philippe. — Pensant bien qu'elle sortirait ce soir, j'attendais le signal de mes pisteurs et j'ai pu la suivre moi-même. Elle est partie d'ici de bonne heure? I M"* de Marliew. — Oui, vers neuf heures, je crois.

Philippe. — Elle s'est rendue chez Emmanuel

Lignières...

M°* de Maruew, rassurée et riant. — Chez M. Lignières?... Oh ! si vous prenez ombrage de cette camaraderie, je puis vous certifier...

Philippe. — Attendez la suite... Attendez la suite... Elle est en effet restée très peu de temps chez ce M. Lignières.

M"* DE Marliew. — Vous voyez bien !

Philippe. — Ils sont descendus tous deux au bout d'une vingtaine de minutes: Thyra telle qu'elle était entrée, c'est-à-dire emmitouflée de voiles sur la figure, et lui en costume renaissance italienne... une sorte de seigneur vénitien. Ils se sont fait conduire par le taxi qui avait amené Thyra, ils se sont fait conduire au bal des Quat'-Z'Arts, à Buîlier...

M"* DE Marliew. — C'était à ce bal?... Oh!

comme je suis contrariée! En effet, l'endroit n'est pas convenable, et je la gronderai d'importance!

Philippe. — Doucement!... Je vais vous servir d'autres choses! je ne sais si elles seront pour vous des révélations ou si rien de la vie de votre fille ne vous est inconnu...

M"* DE Marliew, avec hauteur et fermeté. — Mais, prince, Thyra ne me cache jamais rien et n'a, je vous le certifie, rien à me cacher.

PmuPPE. — Vraiment? je doute pourtant que vous consentiez à partager la rei»ponsabilité de ce qui va suivre, ai s'assied.) J'ai pu distinguer qu'elle avait un lou}) sur la figure.

M"** DE Marliew. — Quelquefois, elle porte,' par genre, un loup de velours rouge

Philippe. — Oui... une habitude, une manière de ne pas se faire reconnaître... Le célèbre anonymat !... Bref, je les ai vus entrer. J'étais sûr de les retrouver, j'ai pris le temps de me masquer moi-mênae. J'ai passé hâtivement un costume, placé un cartonnage sur la figure. Au bout d'une demi-heure je suis entré dans la salle. Bon, me suis- je dit, je tiens la clef du mystère; elle aime Lignières, c'était une simple intrigue.

M"*' DE Marliew, riant — Oh! prince, c'est tout à fait impossible, impossible!

Philippe. — En effet, mais sur le moment l'hypothèse me semblait très plausible. Pourquoi pas?... Lignières est un beau garçon. Je l'avais rencontré dans la journée ici même. Elle pouvait obéir justement à une séduction sentimentale... enfin, ce n'était pas impossible... eh bien ! non, non... l'hypothèse était trop simple, trop normale encore! Je me trouve eu présence de quelque chose qui dépasse tout ce que je pouvais imaginer... tout! tous entendez, tout!... Votre fille est un monstre, madame, un simple monstre! un être sournoisement dégradé, un...

M"* DE Marliew, se levant indignée. — Mais, prince, je ne vous permets pas de parler ainsi de ma fille!

Philippe. — Oh! oh! nous n'en sommes plus à ces permissions-là, je vous prie de le croixe! Après ce que j'ai vu, de mes yeux vu, je suis autorisé à tous les commentaires, et je les prends!

M™" DE Marliew, se remettant de son émotion. —

Mais je vous prie maintenant de préciser.

Philippe. — Facilement!... Après s'être livrée à mille excentricités dans son costume de Salomé, déjà pas mal indécent, bras nus, gorge à l'air, et je le reconnais cependant, gardant le masque ou ne le soulevant que pour boire quelques gorgées de Champagne, elle s'est mise à danser dans un coin devant une quinzaine de personnes ricanantes et excitées; elle dansait comme un modèle, toujours nimbée de voiles... sous le regard, j'ose dire paternel, de ce monsieur Lignières qui, lui, était parfaitement reconnaissable, ne se mettait pas en peine d'un anonymat quelconque et serrait de temps en temps quelques mains d'un air fat et flatté. Je voyais des hommes lui demander à voix basse, avec ce regard qui ne trompe pas, ce regard curieux: « Qu'est-ce que c'est que cette petite femme-là? »

M"* DE Marliew. — Inconséquence regrettable!

voilà tout!

Philippe. — Il haussait les épalues et c'était déjà exquis pour moi. Mais voici la chose inouïe, si folle que si je ne l'avais pas vue de mes yeux, jamais je ne l'aurais crue. Tout témoignage m'aurait paru une calomnie, une invention pure!...

M"* DE Marliew. — Mais dites, dites!... Vous me déchirez!... Vous me jetez dans un état d'anxiété torturante...

Philippe. — L'heure des soupei-s ayant sonné, ils se sont mis à une table... Vous savez, de ces petites tables à côté l'une de l'autre... Cent cinquante personnes se trouvent réunies en cohue, échangent leurs regards, leurs cris, leur demi-ivresse... Cela sent la sueur et le fard... Tous les deux seuls, Lignières et elle, attablés et presque silencieux... De temps en temps il lui versait par amusement des vins, du Champagne... Elle paraissait d'une gaieté extraordinaire. Je ne voyais pas ce qu'elle pouvait bien regarder en face d'elle fixement, et, tout à coup.

LA PETITE ILLUSTRATION

elle rejeta le loup et son TÎsage parut en pleine lumière, un visage que je ne lui connaissais réellement pas, presque cynique... les narines froncées par une respiration haletante... Et je m'aperçus que, depuis quelque temps, elle considérait en face d'elle une sorte d'éphèbe, un bellâtre d'une vingtaine d'années, habillé en joueur de flûte, qui donnait l'impression d'une sorte de peintre anglais ou américain, vous savez de ces jeunes hommes au visage audacieux dans une foule, qui se sentent regardés et ne craignent aucun regard... Mon attention, d'ailleurs, se portait uniquement sur elle. Je ne perdais pas un jeu de sa physionomie. Alors j*ai vu son immobilité se transformer en un sourire, un sourire presque humble, une expression qui m'a tout écœuré. De suite j'ai jeté les yeux sur l'homme. Il répondait à ce sourire... puis il a mâchonné prétentieusement des fleurs. Elle a répondu de même. Je me sentais étouffer!

M"* De Marliew. — J'ai peur...

Philippe. — Attendez, ce n'était rien ! Car,

comme une prostituée, (M"* de Marliew se lève en sursaut.) il n'y 9, pas d'autre mot, comme la plus vulgaire des courtisanes, à je ne sais quel geste de l'homme qui m'échappa, je l'ai vue envoyer du bout des doigts négligemment un baiser! Cela s'est fait très simplement, comme un rite... Elle avait le coude appuyé sur la table, le regard mi-clos. L'homme a souri... Peu de temps après, il s'est levé, s'est approché de leur table... Ils ont causé quelques instants, lui debout. Et Lignières, vous entendez bien ceci, Lignières a laissé s'asseoir à leur table cet homme qui sans nul doute devait être pour lui un inconnu... Lignières riait bêtement, peut-être amusé... L'heure qui a suivi fut plus atroce encore! J'ai vu cet homme lui caresser doucement les bras... Il a pris une coupe de Champagne... il l'a fait boire, la tête renversée en arrière, et tout à coup il lui a pris la bouche çn riant..« Ah! je vous fais de la peine...

M"** DE MaBLIEW, laissant tomber la tête dans ses mains.

— Vous me martyrisez, tout simplement.

Un silence .oppressé.

Philippe. — J'abrège. Il y a deux heures environ, ils sont sortis tous les deux ensemble du bal, délaissant Lignières, qui s'est perdu dans la foule. Moi, je me suis précipité à leur poursuite. Mon taxi les a suivis. Je n'avais plus qu'un espoir, dans ce d^arroi, c'est qu'elle se fît conduire directement ici... Parbleu, non! l'auto filait toujours du côté du parc Monceau. Oh! cette poursuite dans la nuit... J'avais envie d'arrêter, la voiture mais la curiosité emportait tout antre sentiment. Eux, ont-ils aperçu une auto qui les suivait? Je ne le crois pas, toutefois, l'homme, à un certain moment, s'est penché à la portière,., la couronne de laurier d'6r est tombée... J'ai aperçu un bout d'épaule, un bout d'étoffe rouge, c'est tout!... Alors, ils ont tourné à toute allure dans les rues diverses. Mon taxi ne pouvait suivre qu'à une distance normale pour ne point éveiller leur attention. Brusquement, je les ai perdus!... J'ai pris la rue Puvis-de-Cha vanne ; eux ont dû prendre une petite rue à gauche... Pendant une demi-heure, j'ai exploré toutes les rues environnantes. J'espérais qu'un taxi arrêté m'indiquerait la maison. Rien! Je n'avais plus qu'à me faire conduire ici et, en bas de chez vous, j'ai erré... je me suis promené... Maintenant, il est trois heures. Le sot espoir qu'elle était peut-être ici... montée par l'escalier de son atelier... le désir surtout de vous voir, de parler à quelqu'un, m'a fait sonner à votre porte... A présent, je suis

chez elle et j'attendrai, j'attendrai jusqu'à l'aurore... jusqu'à demain matin! (ii frappe sur la table.) Je veux lui dire toute ma haine, tout mon mépris, ma colère ! Ah! le sentiment de répulsion que j'éprouve!... le... (Il s'arrête.) Eh bien, VOUS voilà fixée!... L'étiez-vous avant î Je n'en sais rien! Oui, oui, je n'en sais plus rien! J'en arrive à douter de tout! N'ai-je pas été la dupe de deux aventurières?

M™* DE Marliew. — Monsieur, c'est trop abominable de parler ainsi! Je vous comprends... mais, regardez-moi, regardez-moi, par pitié! Depuis que ^ ous parlez, je me demande lequel de nous deux est fou! lequel a perdu tout bon sens! Et encore maintenant je vous répète que vous avez dû être le jouet d'une erreur!

Philippe. — Phrase classique!... Je l'attendais, i^lalheureusement...

M"** DE Marliew. — Ma fille est sage, monsieur, ma fille est pure! Mais oui, en ce moment encore j'en répondrais, j'en réponds ! J'ai eu toutes ses confidences d'enfant, de jeune fille. J'ai lu ses petits cahiers... Elle écrivait ses pensées au jour le jour. Je vous les montrerai... vous ne douterez plus. Elle a repoussé toutes les avances, tous les partis !... Vous la connaissez, farouche, aristocrate... pétrie d'orgueil...

Philippe, il éclate de rire. — Ce qui n'empêche pas que votre fille menait la louche existepce des débauchées!

M"* DE Marliew. — Non, je vous crie que non!

Vous allez avoir l'explication de cette imprudence, car c'est une imprudence, un défi, peut-être... Vous devez bien voir, monsieur, que je vous dis toute la vérité...

Philippe. — Je vois que vous ignorez peut-être tout, que vous avez été roulée, vous, la mère, comme moi! C'est admissible... Une aventurière comme elle peut donner le change à tout son monde î

M"* DE Marliew. — Mais elle vous adorait!

Philippe. — Peut-être ambitionnait-elle seulement mon titre?... Peut-être m'aimait-elle, après tout?...

M"* DE Marliew. — N'en doutez pas!

Philippe. — Seulement, à la dernière minute, un remords ou simplement un reste d'honnêteté, si ce n'est le désir pur et simple de sa liberté, l'ont empêchée de commettre la suprême infamie! Elle a eu peur...

M*** de Marliew. — Peur?...

PiHLiPPE. — Le sais- je?... De la révélation, de la lettre anonyme, du chantage d'un amant... Car quand on en est où elle en est, dans le domaine de la débauche, peut-on rester maître de sa vie ou de ses actes? Ils appartiennent à tous!

M"* DE ÂIarliew. — Que voulez-vous que je réponde? Vous voyez, monsieur, une pauvre femme éperdue !

Philippe. — Mais ce n'était que trop naturel, d'ailleurs, madame! Une femme artiste, une jeune fille habituée comme je le lui avais dit déjà, à la licence des yeux, à la camaraderie des hommes. Voilà trois ans qu'elle vivait de la vie d'atelier. Ses sens, à vingt-trois ans, devaient être nettement éveillés. Oh! je reconstitue facilement! Tenez, elle a dû, par hypocrisie, par nécessité, tomber dans les amours faciles, les contacts brefs. Vous savez, les anonymes, les inférieurs!

M°* DE Marliew, tout à coup. — Mon Dieu! mon Mieu !... Maintenant, à mon tour aussi, je reconstitue. Vos paroles m'éclairent. Oh! quelle hot-rible chose,

monsieur !... (Elle baisse la voix instinctivement.) Hier

matin, en effet... oh! maintenant je peux le dire...

elle est rentrée ici habillée d'une façon sî étrange, avec un costume de... (Elle hésite.) de femme de chambre... Elle était restée absente toute la matinée. (Dana une plainte.) Oh! noD, pas cela! pas cela!...

Philippe. — Ah ! ^-ous voyez bien !... Vos yeux s'omTent, maintenant! Ce qui vous avait empêché de voir, c'est cette littérature, ce farouche oi^^eil qu'elle s'était collé comme un masque. Maiotenant, vous frémissez!

M"" DE Marliew. — Et à quel point!...

Philippe. — Pas plus que moi. Je vous plains, madame! Mais ce que je puis souffrir, moi, depuis quelques heures! Oh! ce n'est pas une souffrance aiguë... non... c'est une impression de froid... Voir vivre tout à coup devant soi, d'une vie autre, l'être dont on s'était fait une image si différente, com-

M"' OB Marligw. — Gomment voudriez-voua que j'aille me reposer dans une pareille agitatiouT Je ne le pourrais pas! Au contraire, je voua demande de demeurer !à, de me trouver en présence de ma fille quand elle va rentrer,.. Attendons, attendons...

Philippe, e'asseyam, nervenx et lointain. — Mais

comme tous les propos que nous échangerions désormais seraient vains, restons là sans même nous parler... comme dans un wagon... comme dans une salle de gare... en attendant ce lugubre lever du jour qui ne veut pas venir î...

Silence.

M"' DE MaRLIEW, meiuni en frissonnant un châle sur

les éfiauics. — Oui. Il fait d'ailleurs si froid! Vous ne désirez pas une boisson chaude T Voulez-vous que j'aille chercher quelque chose à l'office, prineeî

Etll.

Philippe - Philippe : ■ ... Vaut U pre,

prendre tout à coup la r.

de ses rires, les expressions de ses yeus! Ah! la vie double! le mystère de celaî On se répète machinalement; voilà! voilà! je saisi plus rien ne fera que le passé puisse ressusciter... Ce sont de sales moments, croyez-le...

M" DE MarLIEW, iQuIe à sa pensée, el niant i nouveau

énergiquement. — Prince, permettez-moi eocore d'espérer qu'il y a là un formidable malentendu. Elle va rentrer, et vous allez voir, monsieur, elle noua rassurera d'un mot... Mais, quelle attente pénible pour vous comme pour moi!

Philippe. — Montez vous reposer, madame, je resterai seul ici, seul avec la rage qui me tiendra compagnie... Quelques cigarettes, au surplus, à mâchonner !

PhILIPFPE, redevenant distant. Je VOUS en prie...

'ai besoin que de recueillement.

lis :

L On e

M** DE Marliew. — Le chien s'est réveillé! i

entendu du bruit! Ula se taisent à nouveau. Le chien i

linue d'aboyer.) Oh! ce chien est insupportable! Je v

le faire taire. (Elle monte l'esutier et ouvre la porte.) Sa

tais-toi, voyons, tais-toi !... Sam !... (Le chien >e

. Elle

i l'es

gnant et s'assied. Ils ne disent plus rien, chacun â sa pen -M"' de MarlicH', machinale el plaintive, à la façon des él

gères.) Mon dieu! mon dieu! mon dieu!... (Un len J'entends marcher dans l'escalier. Ce ne peut i qu'elle! Ecoutez... <li prête l'oreille.) Oui! on est

LA PETITE ILLUSTRATION

le palier... Vous entendez î... Une clef cherche la serrure...

Philippe, vivement. — Restez. Moi, je me cache

(Il empoigne 6on pardessus et son chapeau.) Je VeuX

Tentendre vous parler. Je me mets là-bas... dans

lombre... (il va à la draperie du fond.) Ne lui révélez

pas ma présence, n*est-ce past Je veux entendre les premiers mots qu'elle va vous dire...

M"* DE Mabliew. — J'y consens...

Il se dissimule au fond, dans l'ombre des divans et de tentures. On entend un bruit de porte refermée à clef.

Page 1