‹ Le philosophe DamasciusChapitre 19 sur 29 · COMPLÉMENT DU COMMENTAIRE DE PROCLUS SUR LE PARMÉNIDE DE PLATON · texte numérisé non relu

COMPLÉMENT DU COMMENTAIRE DE PROCLUS SUR LE PARMÉNIDE DE PLATON

Lambécius et Kollar (Catal. Vindobon., t. VII, p. 88), Morelli (Catal. 8. Marc, t. I, p. 116), Fabricius et Harles (t. IX, p. 425), ne font paraître aucune incertitude en avançant que Damascius, notre philosophe, est l’auteur de ce Complément.

M. A. Berger (Proclus, Exposition de sa doctrine, p. 126) s'est exprimé ainsi sur ce point:

« Damascius (car les manuscrits sur lesquels a ‘élé faite l'édition de Paris donnent ce nom, et jusqu'à preuve contraire, je ne vois pas pourquoi on le rejetterait), recueillant les données de Proclus sur le sen: des hypothèses du Parménide, a essayé de compléter cet ouvrage. »

On va voir que ce complément doit être apocryphe, et que M. Kopp avait raison d'exprimer un doute sur ce point (p. XI).

D'abord, la forme du fragment qui termine le commentaire de Proclus est tout simplement celle des scholies; or Damascius n’est pas un scholiaste; c’est un historien critique de la philosophie platonicienne.

De plus, il suffit de rechercher la cause la plus vraisemblable de l'attribution que nous essayons de combattre, pour reconnaître que celle attribution n’est pas admissible.

Où ἃ vu plus haut (page 2%) que Proclus, au début de son VII: livre, passe en revue le nombre assez variable et la valeur des hypothèses relatives à la question de l’Un. On se rappelle aussi que Damascius considérait neuf hypothèses, et notre Tableau analytique des propositions du Περὶ ἀρχῶν présente une idée succincte des points considérés dans les sept dernières.

D'après le témoignage de M. Cousin, répété par M. Stallbaum (Procl. in Parmenid., p.968), plusieurs manuscrits du Commentaire de Proclus portent cette espèce de titre : Ὀγδόη ὑπόθεσις χατὰ Δαμάσχιον, — puis : ἐννάτη ὑπόθεσις κατὰ Δαμάσχιον. Cette rubrique fait voir que l’auteur des scholies attribuées à Damascius croyait devoir accepter la classification proposée, admise par le philosoplie, des hypothèses relatives à l'Un. Ainsi s'explique l’état de ces fragments qui, suivant le témoignage de M. Egger, « se rapportent pour le texte à la fin du grand ouvrage de Damascius, telle qu’elle existe dans les deux manuscrits 1988 et 1989... » (Coup d'œil, etc., 1836.)

On peut lire, dans le Mémoire de M. Berger sur la doctrine de Proclus (note 4, p.126), une analyse critique du fragment présenté d'ordinaire comme le complément du Commentaire du Proclus.

En résumé, l’on aura fait de notre Damascius l’auteur d’une composition qui peut-être lui est postérieure de plusieurs siècles, et à laquelle il ne se trouve mêlé que d’une façon tout à fait indirecte. Telle est du moins notre opinion.

Quant aux manuscrits du livre de Proclus accompagné de ce com- plément, nous mentionnerons, sans nous y arrêter, ceux de la Bibliothèque impériale, de Munich, de la Bodléienne, à Oxford, et de Middlehill, celui de Madrid et de l'Escurial, celui du Vatican, de Turin, l’exemplaire de Florence copié par Jean Rhosus en 1489, enfin le «codex membranaceus » in-folio de Saint-Marc, à Venise, manuscrit du quinzième siècle, dont une copie fut exécutée au siècle suivant et se conserve à la bibliothèque impériale de Vienne.

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