ACTE I. SCÈNE II
Antoine. N'y a-t-il que lui de jeune ? ViCTORiNE. C'est vrai.
Antoine. Il faut avoir le cœur bien sensible ViCTORiNE. Ce qui me ferait croire encore que ce n'est pas lui, c'est que ce monsieur a dit que rofficier de marine 5 avait commencé la querelle.
Antoine. Et cependant vous pleuriez.
ViCTORiNE. Oui, je pleurais.
Antoine. Il faut bien aimer quelqu'un pour s'alarmer ' si aisément. 10
ViCTORiNE. Eh, mon papa ! après vous, qui voulez- f vous donc que j'aime le plus ? Comment ! c'est le fils de ] la maison : feu ma mère l'a nourri : (;!esjL^ma]a frère de lait ; c'est le frère de ma jeune maîtresse, et vous-même vous l'aimez bien. 15
Antoine. Je ne vous le défends pas; mais soyez raisonnable.
ViCTORiNE. Ah ! cela me faisait de la peine.
Antoine. Allez, vous êtes folle.
ViCTORiNE. Je le souhaite. Mais si vous alliez vous 20 informer ?
Antoine. Et où dit-on que la querelle a commencé ? ViCTORiNE. Dans un café.
Antoine. Il n'y va jamais.
ViCTORiNE. Peut-être par hasard... Ah! si j'étais 25 homme, j'irais.