ACTE IV. SCENE IV
M. Vanderk père. Il est sorti pour une affaire indispensable.
La tante. Indispensable! indispensable! votre sang-\i froid me tue : il faut me le trouver mort ou vif ; c'est lui qui / me donne la main. 5
M. Vanderk père. Je compte vous la donner, s'il le faut.
La tante. Vous? Au reste, je le veux bien, vous me ferez honneur. Oh ! çà, mon frère, parlons raison ; jl n^ a point de choses que je n'aie imaginées pour mon neveu, lo quoiqu'il soit malhonnête à lui d'être sorti. Il y a près mon château, ou plutôt près du vôtre, et je vous en rends grâces, il y a un certain fief qui a été enlevé à la famille en 1573 ; mais il n'est pas rachetable.
M. Vanderk père. Soit. i
La tante. C'est un abus ; mais c'est fâcheux.
M. Vanderk père. Cela peut être : allons rejoindre...
La tante. Nous avons le temps. Il faut repeindre les vitraux de la chapelle ; cela vous étonne ! ,
M. Vanderk père. Nous parlerons de cela. 21
La tante. C'est que les armoiries sont écartelées d'Aragon, et que le lambel...
M. Vanderk père. Ma soeur, vous ne partez pas aujourd'hui.
La tante. Non, je vous assure. 25 M. Vanderk père. Eh bien ! nous en parlerons demain. La tante. C'est que cette nuit j'ai arrangé pour votre *' fils, j'ai arrangé des choses étonnantes : il est aimable, il est \ aimable î Nous avons dans la province la plus riche héri- î tière ; c'est une Cramont-BaUière de la tour d' Argor ; vous 33 savez ce que c'est : elle est même parente de votre femme ; | votre fils l'épouse, j'en fais mon affaire : vous ne paraîtrez pas, | vous ; je le propose, je le marie, il ira à l'armée : et moi je '
reste avec sa femmcj avec ma nièce, et j'élève ses enfants.
M. Vanderk père. Eh ! ma sœur...
La tante. Ce sont les vôtres, mon frère. 5 M. Vanderk père. Entrons dans le salon ; sans doute on nous y attend.
La tante, en s^en allant. Je vois qu'il est heureux, 10 mais très-heureux pour mon neveu, que je sois venue ici. Vous, mon frère, vous avez perdu toute idée de noblesse, de grandeur : ah ! le commerce rétrécit Fâme, mon frère. Ce cher neveu 1 ce cher enfant ! m^is c'est que je l'aime de tout mon cœur. \A^^z^>^^>^ )
15 M. Vanderk père. Antoine^ reste ici.