‹ Le philosophe sans le savoir;Chapitre 55 sur 105 · ACTE V. SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE V. SCÈNE IV

monsieur. Ah, quel service vous me rendez 1 Prenez, prenez, monsieur.

M. Vanderk père, au domestique qui entre. Allez à ma caisse, apportez lemonjtaiat de cette lettre, deux mille quatre cents livres. ç <^ .'w>-^-^ 5

M. Desparville père. Monsieur, au service que vous me rendez pouvez-vous ajouter celui de me faire donner de For?

M. Vanderk père. Volontiers, monsieur. i^Au domestique) Apportez la somme en or. 10

M. Desparville père, au domestique qui sort. Faites retenir, monsieur, l'escompte, Fà-compte.

M. Vanderk père. Non, monsieur, je ne prends point d'escompte, ce n'est point mon commerce; et, je vous l'avoue avec plaisir, ce service ne me coûte rien. Votre lettre vient 15 de Cadix, elle est pour moi une rescription, elle devient pour moi de l'argent comptant.

M. Desparville père. Monsieur, monsieur, voilà de l'honnêteté, voilà de l'honnêteté : vous ne savez pas toute l'obligation que je vous dois, toute l'étendue du service 20 que vous me rendez.

M. Vanderk père. Je souhaite qu'il soit considérable.

M. Desparville père. Ah, monsieur, monsieur, que vous êtes heureux ! Vous n'avez qu'une fille, vous ? 25

M. Vanderk père. J^spère que j'ai un fils.

M. Desparville père. Un fils! mais il est apparemment dans le commerce, dans un état tranquille ; mais le mien, le mien est dans le service : à l'instant que je vous parle, n'estil pas occupé à se battre ! 30

M. Vanderk père. A se battre !

M. Desparville père. Oui, monsieur, à se battre... Un autre jeune homme, dans un café... un étourdi lui a

cherché querelle, je ne sais pourquoi, je ne sais comment; il ne le sait pas lui-même.

M. Vanderk père. Que je vous plains ! et qu'il est à craindre...

5 M. Desparville père. A craindre ! je ne crains rien : mon fils est brave, il tient de moi, et adroit ! adroit : à vingt pas il couperait une balle en deux sur une lame de couteau. Mais il faut qu'il s'enfuie, c'est le diable ! vous entendez bien, vous entendez: je me fie à vous, vous m'avez lo gagné l'âme.

M. Vanderk père. Monsieur, je suis flatté de votre... (On frappe à la porte un coup,) Je suis flatté de ce que...'

[Un second coup,)

M. Desparville père. Ce n'est rien; c'est qu'on 15 frappe chez vous. {Un troisième coup. — Monsieur Vanderk père tombe sur un siège,) Monsieur, vous ne vous trouvez pas indisposé ?

M. Vanderk père. Ah ! monsieur, tous les pères ne sont pas malheureux ? {Le domestique entre avec des rouleaux 20 de louis ^ Voilà votre somme ! partez, monsieur, vous n'avez pas de temps à perdre.

M. Desparville père. Que vous m'obligez !

M. Vanderk père. Permettez-moi de ne pas vous reconduire.

25 M. Desparville père. Ah ! vous avez affaire? Ah ! le brave homme ! ah ! l'honnête homme ! Monsieur, mon sang est à vous ; restez, restez, restez, je vous en prie.

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