‹ Le philosophe sans le savoir;Chapitre 58 sur 105 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les Précédents, M, VANDERK fils, M. DESPARVILLE p^re, M, DESPARVILLE fils,

M. Vanderk fils. Mon père !

M. Vanderk père. Mon fils... je t'embrasse... Je te 5 revois sans doute honnête homme ?

M. DESPARVILLE PERE. Oui, morblcu ! il Test.

M. Vanderk fils. Je vous présente messieurs Desparville.

M. Vanderk PERE. Messieurs... 10

M. DESPARVILLE PERE. Monsieur, je vous présente mon fils... N'était-ce pas mon fils, lui justement, qui était son adversaire ?

M. Vanderk père. Comment! est-il possible que cette affaire... 15

M. DESPARVILLE PERE. Bien, bien, morbleu! bien. Je vais vous raconter.

M. DESPARVILLE FILS. Mon père, permettez-moi de parler.

M. Vanderk fils. Qu'allez-vous dire ? 20

M. DESPARVILLE FILS. Souffrez de moi cette vengeance.

M. Vanderk fils. Vengez-vous donc.

M. DESPARVILLE FILS. Le récît serait trop court si vous le faisiez, monsieur ; et à présent votre honneur et le mien... Il me paraît, monsieur, que vous étiez aussi instruit 25 que mon père Tétait. Mais voici ce que vous ne saviez pas. Nous nous sommes rencontrés ; j'ai couru sur lui : j'ai tiré ; il a foncé sur moi, il m'a dit : " Je tire en l'air ; " il l'a fait " Écoutez, m'a-t-il dit en me serrant la botte, j'ai cru hier que vous insultiez mon père, en parlant des né- 30 gociants. Je vous ai insulté; j'ai senti que j'avais tort: je

VOUS en fais mes excuses. N'êtes-vous pas content? Éloignezvous, et recommençons." Je ne puis, monsieur, vous exprimer ce qui s'est passé en moi; je me suis précipité de mon cheval : il en a fait autant, et nous nous sommes 5 embrassés. J^ai rencontré mon père, lui à qui, pendant ce temps-là, vous rendiez le plus important service. Ah ! monsieur !

M. Desparville père. Eh î vous le saviez, morbleu ! et je parie que ces trois coups frappés à la porte... Quel lo homme êtes-vous? Et vous m'obhgiez pendant ce temps-là! Moi, je suis ferme, je suis honnête; mais en pareille occasion, à votre place, j'aurais envoyé le baron Desparville à tous les diables.

M. Vanderk père. Ah, messieurs ! qu'il est difficile 15 de passer d'un grand chagrin à une grande joie ! Messieurs, j'entends du bruit. Nous allons nous mettre à table, faitesmoi l'honneur d'être du dîner. Que rien ne transpire ici : cela troublerait la fête. {A M, Desparville fils.) Après ce qui s'est passé, monsieur, vous ne pouvez être que le plus 20 grand ennemi ou le plus grand ami de mon fils, et vous n'avez pas la liberté du choix.

M. Desparville fils. Ah, monsieur !

{En baisant la main de M. Vanderk pire.) M. Desparville père. Mon fils, ce que vous faites là 25 est bien.

V1CTORINE, à M. Vanderk fils. Qu'à moi, qu'à moi! Ah, cruel !

M. Vanderk fils, à Victorine. Que je suis aise de te revoir !

30 M. Vanderk père. Victorine, taisez-vous.

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