AIR
Approchez tous ! venez m'entendre !
Moi, l'ami de l'humanité,
A juste prix je viens vous vendre
Et le bonheur et la santé.
Mon élixir odontalgique
Détruit partout, c'est authentique,
Et les insectes et les rats,
Dont j'ai là les certificats.
Par cet admirable breuvage,
Un capitoul de soixante ans
Est devenu, malgré son âge,
Grand-père de dix-huit enfants.
Adoucissant et confortable,
J'ai vu par lui, par son secours,
Plus d'une veuve inconsolable *•
Consolée en moins de huit jours !
Approchez tous ! venez m'entendre, etc.
(S'adressant aux vieilles femmes.)
0 vous, matrones rigides, Qui regrettez le bon temps, Voulez-vous, malgré vos rides,
Voir revenir le printemps?
(Aux jeunes filles.)
Voulez-vous, Mesdemoiselles, Rester jeunes et belles ?
(Aux garçons.)
Voulez-vous, beaux jeunes gens, Plaire et séduire en tous les temps?
Prenez, prenez mon élixir !
11 peut tout guérir :
La paralysie, Et l'apoplexie, Et la pleurésie, Et tous les tourments ; Jusqu'à la folie, La mélancolie, Et la jalousie, Et le mal de dents.
Prenez, prenez mon élixir, De tout il peut guérir.
Demandez! demandez! c'est le seul, c'est l'unique! Vous me direz : Combien ce fameux spécifique?
— Combien, Messieurs, combien? — Cent ducats? — Nullement.
— Vingt ducats? — Non, Messieurs. — Dix ducats? — Non
[vraiment.
Demandez! demandez! le voilà! je le donne! Les femmes, les enfants, on n'excepte personne ! Prenez, prenez mon élixir ! De tout il peut guérir.
(il descend de son cabriolet et tout le peuple l'entoure.) CHOEUR.
Honneur! honneur!
A ce fameux docteur!
Ah! c'est un grand docteur!
F0NTANAR0SE , saluant à droite et à ga»<che.
Messieurs, pour vous prouver combien je suis sensible A l'accueil bienveillant que de vous j'ai reçu, Je veux vous taire à tous le cadeau d'un écu!
TOUS, tendant la main.
Ah! quel bonheur! est-il possible!
fc'0NTAN\U0SE, tenant une fiole.
Voici comment... Ce remède inconnu,