ACTE I, SCÈNE VIII. S
Mais, je le sens, ceux où vous êtes Sont encor bien plus périlleux!
TÉRÉZINE, minaudant.
Pourquoi donc? suis-je une ennemie?
JOLI-COEUR
Puisque vous repoussez mes feux.
TÉRÉZINE, à Joli-Cœur, mais regardant toujours Guillaume du coin de l'œil
Qui vous l'a dit, je vous en prie?
(Tendrement.)
Du moins ce ne sont pas mes yeux.
JOLI-COEUR, vivement.
Eh quoi ! l'ardeur qui me dévore, Votre cœur la partage aussi?
(Térézine ne répond pas, baisse les yeux et regarde Guillaume en-dessous. JOLI-COEUR, se retournant vers Guillaume.
J'en étais sûr, elle m'adore.
GUILLAUME, froidement.
, C'est possible pour aujourd'hui !
TÉRÉZINE, avec colère, regardant Guillaume.
Eh bien ! eh bien ! * Cela ne lui fait rien.
Ah ! je n'y conçois rien.
ENSEMBLE
TÉRÉZINE.
Un faible esclave
Ainsi me brave, Mais dans mes fers il reviendra, Car je l'ai dit, et ce sera!
JOLI-COEUR, à Térézine.
Oui, le plus brave
N'est qu'un esclave Que l'amour toujours soumettra, Et dans vos chaînes me voilà !
GUILLAUME, à part.
Moi, son esclave,
Je#deviens brave :
Mon talisman me sauvera D'uvi rival tel que celui-là.
JOLI-COEUR, à Térézine.
Mais pour qu'enfin l'hymen couronne
Et ma constance et mes amours, Quel jour choisissez-vous?
TÉRÉZINE, à part, regardant Guillaume.
Quel jour?.. Dieu me pardonne!
Il frémit...
(Guillaume a fait un geste d'effroi, puis 11 tire la fiole de sa poche et la regarde . GUILLAUME, à part.
Calmons-nous !
JOLI-CŒUR, à Térézine.
Eh bien ! quand ?
TÉRÉZINE.
Dans huit jours.
JOLI-COEUR, avec joie
Son époux ! dans huit jours !
1ÉRÉZINE, regardant Guillaume.
Dans huit jours!
GUILLAUME, riant.
Tandis que moi... demain...
TÉRÉZINE.
Cela ne lui fait rien !
Non, je n'y conçois rien.
ENSEMBLE
Un faible esclave
Ainsi me brave, Mais dans mes fers il reviendra, Car je l'ai dit, et ce sera !
JOLI-COEUR
Oui, le plus brave
N'est qu'un esclave Que l'amour toujours soumettra, Et dans vos chaînes me voilà.
GUILLAUME
Moi, son esclave,
Je deviens brave :
Mon talisman me sauvera D'un rival tel que celui-là !