‹ Le phonographe-multiplex inventéChapitre 2 sur 12 · PREMIÈRE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE SECTION

Appréciation. — Le Phonographe , tout le monde est d’accord sur ce point, occupe le premier plan parmi les nombreuses applications scientifiques qui jettent tant d’éclat sur la seconde moitié du xix c siècle.

Après avoir été accueillie avec admiration, par les hommes de la science, la découverte d’EmsoN n’a par lardé à être appréciée, selon sa valeur.

Du jour au lendemain, la faveur du public lui a été ac-

quise. Depuis, sa renommée n’a fait que croître. A l’heure présente elle est universellement goûtée.

Sa diffusion. — Il est peu de familles aisées qui ne regardent l’acquisition d’un phonographe comme une satisfaction indispensable à leur bien-être.

La plupart des amateurs de l’art musical sont désireux d’avoir en leur possession ce merveilleux instrument qui, pour employer une expression dont la justesse excuse la trivialité, transporte à domicile les auditions des compositions musicales de nos grands maîtres classiques, — des opéras en vogue, — des airs populaires, — des œuvres qui se produisent sur la scène de nos théâtres de drames ou de comédies, — des discours et conférences des orateurs, des parleurs célèbres..., etc.., etc...

La construction et la vente des phonographes ont donc pris place parmi les opérations importantes de l’industrie et du commerce de tous les pays. Il s’en fait un échange considérable dans le monde entier ; c’est pour ceux qui les exploitent une source de profits et de richesses.

On pourrait citer, à Paris seulement, trois de ces industriels qui, malgré des moyens d’action assez restreints au début, sont devenus millionnaires en sept ou huit ans.

Défectuosités. — Ces instruments, dont l’usage est si répandu laissent cependant beaucoup à désirer quant aux effets qu’ils produisent; aussi, sans obéir à un parti pris de dénigrement, est-on améné à constater, avec regret, qu’ils en sont encore au balbutiement du premier âge.

Les sons qu’on leur confie, ils les restituent d’étrange façon.

Us nous les rapportent discordants, criards, rappelant, ce qu’en langage familier on nomme la voix de polichinelle ou la voix de canard. Ce ne sont pas les intonations de la voix humaine pas plus que les modulations des instruments de musique qui sortent des phonographes, mais une lamentable contrefaçon, de telle sorte que la sensation qu’on leur doit est si désagréable, que, la plupart du temps, l’écouteur, après un quart d’heure d’épreuve, n’a qu’une préoccupation :

« Echapper à la cacophonie qui lui déchire le tympan ».

Ainsi qu’il se présente en ce moment, le phonographe ne peut prétendre qu’à être classé au nombre des objets de simple curiosité.

Toujours, des lèvres de ceux qui l’entendent, s’échappe cette phrase banale : c’est curieux , véritablement curieux , aucun d’eux n’a l’idée de s’écrier : c’est vraiment beau et artistique.

Perfection. — ün aurait tort de s’étonner de cette indifférence polie , il en sera de même tant que le phonographe , ayant atteint le dernier échelon de son développement,n’aura pas été transformé en rapporteur fidèle des sons, tels qu’ils se produisent au moment où ils sont émis. Alors, seulement, il méritera de porter le nom de Phonographe.

Prix de vente. — Le prix des phonographes varie de 50 à 120 francs. Ceux qui se vendent plus chers sortent de la fabrication courante.

Venons maintenant aux cylindres , c’est-à-dire à la seconde section de l’industrie phonographique.

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