LA GOMME B1-CBT{0MATÉE
AU DELA DES VOSGES <’
fous passerons sous silence les tirages combinés. Ils sont très employés chez nos voisins et méritent une étude spéciale, sur laquelle nous reviendrons peut-être un jour. Il nous semble plus intéressant de nous attarder sur un mode opératoire commercialement rendu pratique.
Le gummi-druck papier Hochheimer. — Avec le procédé à la gomme seule, il est assez difficile de préparer un papier commercial. En France, M. Farinaud l’a tenté, sans grand succès, nous semble-t-il, parce que les propriétés propres à la gomme employée seule, estimées en France, s’y trouvaient perdues. Mais, au delà des V^osges, où l’on prise, comme nous venons de le voir, un procédé donnant bien, mais avec des qualités autres, le rapprochant des papiers charbon velours et satin, l’épreuve tentée paraît vouloir se mieux généraliser, avec le gummidruck papier de Hochheimer. lin auteur belge, M. Edmond Sacré, qui l’a travaillé, en donne comme suit le maniement dans un article sur « La Phototinte ».
« Suivant le besoin du travail qu’on désire effectuer, on prendra le format du papier qu’on sensibilisera sur un bain de
Bichromate de potassium pur : 40 grammes Eau distillée ou filtrée: 1 litre
« Ensuite, on y ajoute 20 grammes de chlorate de potassium, chimiquement pur, qu’il faut dissoudre à froid en le broyant dans l’eau, avec prudence, puis le filtrer.
« Le bain de bichromate doit être froid et ne pas dépasser 10° c. On immerge avec soin le papier dans le bain, la couche en dessus, et on agite la cuvette pour faire disparaître les bulles qui se forment, qu’il faut absolument éviter, pour que la copie ne soit pas tachée par des petits points noirs ou gris; il faut se garder de chasser lès bulles avec les doigts; on entraînerait une partie de la couche de couleur et on risquerait de perdre ou de rendre inutilisable une partie de la feuille sensibilisée.
« La sensibilisation peut se faire en pleine lumière-
La Neige à Paris : Grille de VEcoîe des'Beaux-Arts Maurice Simon
(i) Voir les n’’* 2 et 3 du 'Photographiste.
LE PTiOTOGT(JlP7nSTE
LA GOMME Bl-CHROMATEE AU DELA DES VOSGES
« Après 40 à 60 secondes de séjour dans le bain, on retire la feuille en la frottant du dos sur le bord de la cuvette; on entraîne par cette manoeuvre l’excès du bichromate; on fixe au moyen d’une ou deux pinces en bois la feuille sur une corde suspendue, ou on la dépose sur une feuille de buvard qu’on met à cheval sur une corde tendue ; ou ce qui est plus pratique, on fixe le papier sur une mince latte appropriée qui permettra facilement son transport dans la place à sécher.
« En cas de besoin urgent, en passant la feuille bichromatée dans un bain d’alcool, le séchage en est accéléré très notablement. N’importe la méthode employée, ce papier a l’avantage de sécher très rapidement.
(( Dans une place sèche et grâce à un courant d’air, une bonne heure suffit pour rendre le papier utilisable ; avec un ventilateur électrique il ne faut qu’un quart d’heure.
« Il est bien entendu que le séchage doit se faire dans l’obscurité complète et sans poussière. »
Ce mode de sensibilisation est assez intéressant par l’addition inattendue et toute nouvelle de chlorate de potassium au bain sensibilisateur.
En ce qui est du dépouillement, M. E. Sacré s’exprime ainsi :
« ... Revenons à notre épreuve jugée suffisamment imprimée.
« On a rangé sur la table une série de 4 à 6 cuvettes en zinc, ou, de préférence, en porcelaine ou faïence, un peu plus grandes que les copies à traiter. Un coin de la table est réservé pour y placer un réchaud à gaz ou à pétrole, et sur un support approprié, on met une cuve en tôle ou en zinc, de forme oblongue, et assez profonde pour contenir de quatre à six litres d’eau suivant le besoin des formats d’épreuves à dépouiller.
« Sur ce bassin estadapté, en plan incliné, une assez forte plaque unie du même métal, qui descend ou dépasse un peu le bord dans la cuve.
(( Le tout étant en place — ou verse quatre à cinq litres d’eau claire dans la cuve, et on y ajoute 40 à 5o grammes de sciure de bois fine et un morceau de carbonate de potassium de 3 à 5 grammes.
« On mélange bien, on ouvre le robinet et on allume le réchaud, qu’on doit pouvoir régler à volonté. On laisse doucement chauffer la bouillie à 3o degrés centigrades.
« Maintenant commence en réalité le dépouillement : C’est la partie la plus importante du procédé.
<( En attendant que le mélange, ou bouillie, soit chaud, on retire la copie du châssis-presse en marquant au dos le haut ou bas du sujet, et on met l’épreuve dans la première cuvette dans laquelle on verse de l’eau pure froide, pour éviter les bulles d’air en balançant la cuvette.
« Un autre moyen pratique, c’est de placer la copie sur une plaque et de la mettre sous le robinet arrosoir, jusqu’à ce que l’eau coule uniformément. La copie doit être lavée soit sous le robinet, soit en renouvelant l’eau de la cuvette, jusqu’à ce que le liquide ne soit plus jauni par le sel de chrome en dissolution. En cinq à huit minutes, ce résultat est obtenu. Considérant qu’une copie mouillée ne subit plus l’action de la lumière — l’opération peut se faire en plein jour.
Dans la vallée de la Lutschine notre, tributaire du lac de Brienz, Grindehoald se blottit entre les plus haute: sommités de l'Oberland Bernois. La neige, au printemps, y continue souvent l'hiver. Quand elle n’est plus qu’aux aspérités des rochers et sur les hauts sommets, elle fait un décor diamanté à cette... Grindelivald : vallée verte. ooooooooooooc
LE PTiOTOGJ^JlPnJSTE
LA GOMME Bl-CHROMATÉE AU DELA DES VOSGES
« On prend l’épreuve mouillée et on applique le dos sur la plaque de tôle.
« D’autre part, on plonge la canette à bec ou verseuse dans la bouillie et, par un mouvement de va-et-vient, le mélange s’opère; on verse d’une petite hauteur ce liquide au-dessus de la copie en promenant la verseuse dans toute la largeur de l’épreuve.
« Cette manœuvre est répétée différentes fois sans brutalité. La bouillie effleurera l’épreuve et tombera dans la cuve le long des rebords de la plaque inclinée.
« La sciure, par son addition d’eau, gonfle et devient plus lourde; le glissement produit une certaine résistance et, par frottement, la couleur non impressionnée par la lumière est entraînée.
« Quand le dépouillement se fait trop lentement, on augmente la température et l’épaisseur de la bouillie. On ferait l’inverse si l’épreuve se dépouillait trop vite.
« Dans le cas où l’on désire traiter spécialement la copie, il faut, du moment que l’image se dessine, cesser l’arrosage. On débarrasse la copie de l’excès de sciure, sous le robinet d’eau froide, ou bien encore on la trempe dans une cuvette contenant de l’eau propre. En examinant cette image diffuse, incomplète, on voit si l’impression est bonne et comment on la traitera pour la faire valoir : On peut continuer le dépouillement régulier pour obtenir une copie fidèle, ou bien faire œuvre personnelle.
« On augmente la température de la bouillie, ainsi que la hauteur de la chute du contenu de la verseuse pour obtenir plus de contrastes, augmenter les lumières, diminuer certaines valeurs et détails inutiles. Par un dépouillement local, bien appliqué, on atténue certaines parties, épargnant d’autre part les ombres veloutées : le ciel, si c’est un paysage ou marine, etc., etc. On retourne la copie dans tous les sens sur la plaque de tôle afin de pouvoir dépouiller plus facilement la partie qu’on juge nécessaire. La prudence, la réflexion et le sentiment viennent ici fort à point : répéter souvent ce que nous nommons en terme d’atelier tâter l'image, ce qui se fait en renouvelant de temps en temps l’arrosage, soit par courant d’eau froide, soit en baignant dans une cuvette plate pour débarrasser la copie de la sciure.
« Le dépouillement complet et le traitement partiel seront continués jusqu’à ce que l’effet cherché
soit obtenu. »
En somme, ces indications de dépouillement à la bouillie de sciure tiède sont extraordinairement analogues à celles données, au début, pour le papier charbon velours, ainsi qu’à celles données pour le papier Farinaud à la gomme bichromatée. Elles indiquent tout de suite l’immense différence qui existe entre ce procédé et la gomme telle qu’elle est comprise en France, où un mince filet d’eau claire et froide est souvent encore beaucoup trop fort pour la délicatesse de la couche. Aussi la gomme bichromatée au delà des Vosges semble se placer intermédiairement entre la gomme, telle qu’on la comprend en France, et les charbons velours et satin. 11 n’en est pas moins vrai qu’ainsi comprise elle peut fournir et fournit de très beaux résultats. Aussi estimé-je que ceux qui veulent se livrer à la gomme bichromatée — et je les y encourage — feront bien, comme je le disais au début, de commencer leurs études en employant le procédé de nos confrères d’au delà des Vosges, pour se familiariser, avec le minimum de déboires, aux différentes manifestations du procédé.
TÉUX HET^VJEli.
Les Façons de portrAire -î- les AîiirriAux
Ç PJiOFÎLS BESCATiGOTS
Escargots
FERDINAND FAIDEAU
Panicaut maritime garni de petits escargots qui cherchent, sous E l’avoue sans honte, j’aime les escar- ses feuilles, un abri contre les ardeurs solaires. o o o o o o
gots. Je ne suis pas le seul, c’est
certain, mais alors que beaucoup de mes contemporains n’ont pour ces gastéropodes qu’un amour grossier, sensuel, et ne les apprécient qu’accommodés « à la bourguignonne » ou « à la parisienne », j’ai pour eux, moi, une affection pure, désintéressée, celle du botaniste pour ses fleurs, celle de l’amoureux de la nature pour ses créations les plus réussies.
Qui ne les aimerait, d’ailleurs, si l’on voulait bien leur accorder l’attention qu’ils méritent!
Ce sont gens paisibles et de mœurs douces ; ils ont des dents comme le lion — plus que lui-même, car ils en possèdent plusieurs milliers — et n’en font aucun méchant usage; comme le taureau, et plus que lui, ils portent cornes et jamais on n’entend dire qu’ils en abusent, jamais les escargots n’emploient leur force, qui est grande, à brimer les camarades plus faibles ; jamais entre eux ils ne se battent et ils semblent ignorer la colère. Quel exemple pour l’humanité !
Au milieu de notre siècle affairé, désintéressés de nos besoins factices, de nos vitesses insensées, ils passent sans se presser, vaquant à leurs petites affaires, balançant — tel un navire sur les vagues — leur coquille au sommet de leur pied visqueux et, sans la moindre malice, faisant les cornes à l’Univers.
Ce sont des philosophes, vous dis-je. Us ont leurs joies, leurs tristesses, leurs amours, mais ils ignorent les névroses, bien que leur sensibilité soit exquise. Souvent, presque immobiles sur une feuille de salade, balançant posément les cornes, en de profondes réflexions ils semblent plongés.
Un de mes plus chers désirs serait d’en connaître le sujet. Hélas ! malgré les progrès de toutes sciences, saura-t-on jamais à quoi rêvent les escargots ?
Je les soupçonne fort d’avoir des sens inconnus de nous. Jules Allix n’était pas si bête; ses escargots sympathiques, qui firent jadis tant de bruit, ont, sans doute, longtemps avant Marconi et d’une manière plus simple, établi la télégraphie sans fil.
Au point de vue des formes, la nature ne se montra pas ingrate envers l’escargot. Sa coquille, sans être d’une nacre précieuse, est confortable, spiralée à souhait, joliment ornée, et présente cette harmonie qui résulte de l’adaptation parfaite de la forme à la fonction. De face ou de profil, l’escargot est 'fort plaisant. Des mouvements de son pied, de sa tête et des quatre cornes, résultent une foule d’expressions.
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