‹ Le pilote du DanubeChapitre 12 sur 12 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Giurgievo. C’est là qu’il se trouvait, quand, au mois de mai de l’année suivante, le Tzar déclara officiellement la guerre au Sultan. Serge Ladko, est-il besoin.de le dire, fut des premiers qui s’engagèrent dans les rangs ae l’armée russe, à laquelle,

La guerre finie, la Bulgarie enfin libre, il revint avec Natcha dans la maison de Roustchoùk et reprît son métier de pilote.

Tous deux y vivent encore aujourd’hui, heureux et honorés.

Karl Dragooh est resté leur ami. Pendant longtemps, il n’a jamais manqué de descendre le Danube, au moins une fois Tan,pourvenirà Roustchouk. Aujourd’hui, les voies fermées, dont le réseau s’est pro- % gressivement développé, lui permettent d’abréger le voyage. Mais c’est toujours en suivant les méandres du fleuve que Serge Ladko, au hasard de ses pilotages, lui rend ses visites à Budapest.

Des trois garçons que Natcha lui a donnés et qui sont maintenant des hommes, le plus jeune, après un sévère apprentissage sous les ordres de Karl Dragoch, est en bonne voie pour atteindre les plus hauts grades dans l’administration judiciaire de Bulgarie.

Le cadet, digne héritier d’un lauréat de la Ligue Danubienne, s’est consacré au peuple des eaux. Toutefois, rejetant la ligne* il a perfectionné les méthodes do

combat. Il doit à ses pêcheries d’esturgeon une célébrité universelle et une fortune qui promet de devenir considérable.

Quant à Famé, il succédera à son père, lorsque Page de la retraite sonnera pour celui-ci. Par lui seront alors conduits vapeurs et chalands, de Vienne à la mer, dans les passes sinueuses et entre les bancs perfides du grand fleuve; par lui se perpétuera la race des Pilotes du Eianube.

Mais, quelle que soit la différence de leurs positions, des trois fils de Serge Ladko le cœur bat à Punisson. Aiguillés par la vie sur des routes divergentes, ils se rencontrent toujours à ces carrefours : une même vénération pour leur pèTre, une égale tendresse pour leur mère, un pareil amour de la patrie bulgare.

Page 1