‹ Le pin sylvestre et sa culture en SologneChapitre 12 sur 16 · PLANTS A RACINES NUES · texte numérisé non relu

PLANTS A RACINES NUES

presque toujours épargnés. C'est en résumé une perte de temps et d'argent que la culture soignée et bien entendue d'une pépinière permettra presque toujours d'éviler.

La plantation se fait à la bêche, à la pioche, au plantoir à spirale ou au plantoir ordinaire, en bois ou en fer^ suivant la nature du terrain. On enfonce la bêche verticalement dans le sol, on soulève légèrement Tinstrument. Le jeune brin est introduit dans la fente, et par la pression on raffermit le terrain.

II est fait un trou à la pioche, le plant est placé à une profondeur sensiblement égale à celle qu'il occupait précédemment; les racines sont alors couvertes de la meilleure terre, qu'au préalable on avait mise de côté, et on tasse fortement, de façon que le plant soit assez engagé pour opposer une certaine résistance et ne pas s'arracher en lui imprimant une légère secousse de bas en haut.

Le plantoir à spirale est surtout employé dans les terrains meubles et peu résistants, on l'enfonce dans le sol, on le tourne de façon que la terre se divise et s'émiette, cette terre est enlevée et forme un trou dans lequel on plante aux conditions ordinaires.

Le plantoir est généralement en bois, muni seulement d'une pointe de fer de forme triangulaire ; pour les sols compacts et résistants, il est en fer, et sa longueur aussi bien que son poids varient suivant les difficultés locales. L'ouvrier ouvre un trou vertical, y glisse immédiatement un plan, puis avec l'instrument même, qu'il enfonce à différentes reprises et sous différents angles, il raffermit le sol de manière que l'arbre soit bien assis, que le trou vertical soit parfaitement comblé, et que toutes les racines se trouvent en contact direct avec la terre meuble. On doit surtout éviter que le plant soit seulement engagé par le collet delà racine et que les radicelles inférieures OH le pivot restent flottants, suspendus dans un trou imparfaitement fermé; cette partie souterraine de la tige se dessécherait ou serait atteinte de moisissure, en tout état de cause la réussite serait nulle. La terre doit être fortement tassée.

Un autre mode de culture fort usité et dont on obtient souvent les meilleurs résultats est le suivant. Par places distantes en tout sens Tune de Tautre de 1 mètre à 1"50, bord à bord, on défonce et on cultive le sol sur 30 à 35 centimètres de profondeur et 40 centimètres de côté. La terre extraite d'un trou peut servir à combler le trou précédemment ouvert, ce qui donne 'un ameublissement très-complet; puis on installe sur chaque place deux à trois pins régulièrement espacés. Au cas où Tun d'eux viendrait à mourir, il serait inutile de le remplacer, le massif demeurant toujours suffisamment complet. Nous ne saurions trop recommander ce procédé. Les jeunes sujets se défendent très-bien contre Tenvahissement des mauvaises herbes qui, grâce à la surface cultivée, ne se produit au reste que très-lentement, en môme temps qu'un nettoiement est des plus simples. Ajoutons que ce mode de culture ne présente en lui-même aucune difficulté et quMl n'est pas onéreux.

Dans les sols compacts ou dans les terrains qui se défendent avec peine contre les herbes et les bruyères, on nettoie superficiellement la surface par bandes de 1 mètre à 1"20 de largeur, on donne dès l'automne une première culture préparatoire et profonde, puis au printemps on défonce sur le milieu de la bande des places suivant Iq mode décrit ci-dessus. Les jeunes plants recueillent ainsi tous les avantages d'un ameublissement profond et complet, et la bruyère ou les herbes ne peuvent nullement les gêner.

Dans les terrains perméables et légers, il n'y a aucun inconvénient à engager profondément les plants, on peut enterrer même une partie de la tige, il suffit que le verticille supérieur et le bourgeon terminal soient hors de terre ; c'est une assurance de plus contre la sécheresse. Dans les sols denses et compacts, au contraire, ce mode de plantation, qui a été étudié très en détail à la station forestière de Vienne, a l'inconvénient de forcer le brin à pousser un nouveau chevelu dans la partie supérieure de la racine, près du collet, ce qui est souvent un inconvénient.

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