SCÈNE IV
YVES, KERNOC, JEANNIC , G0I)P:FR0Y.
GODEFROY
Arrière, mes maîtres! Saint Illam me protège! voilà lie hardis drôles !
JEANNIC.
Bon ménestrel !
KERNOC.
Là, là, tout doux! faut-il tant s'exclamer pour quelques honnêtes et galantes paroles!*
Celte jeune fille n'a reçu de nous aucune injure.
GODEFROY
Je l'espère. . ^
YVES
Croyez-moi bien, sire ménestrel,— car tel est votre état... et je me trompe fort, ou vous êtes l'heureux mortel...
GODEFROY
Je ne vous comprends pas !
YVES
Grand bien vous fasse^ du reste ; et si jamais j'ai regreté d'être pauvre de savoir comme je le suis, c'est en pensant combien il doit être doux d'instruire iiaQ aussi gentille innocente. ",*£.r
GODEFROY
Que veut-il dire , Jean nie ?
JEANNIC.
Oh! rien , rien...
GODEFROY
Et qui vous attirait si loin du castel i'
KERNOC.
Voilà précisément ce que nous avons surpris...
GODEFROY
Et vous avez eu tort, mes maîtres-, le secret d'une
jeune fille est sacré ; le surprendre et s'en faire une arme contre elle est déloyal et indijijnc d'un galant homme. YVES (bas à Kcrnoc).
Attrape, vieux loup de mer! fais l'aimable après cela.
Jeannic, votre marraine et maîtresse ne va pas tarder à se rendre en ces lieux ; elle peut avoir besoin de vous. N'est-ce pas aujourd'hui sa fête*, et ne devriez-vous pas être à la tête des jeunes fdles?...
JEANNIC.
Pour réciter à ma noble marraine ces gentilles paroles que vous m'avez apprises!' oh! je n'y manquerai pas, non plus que de danser le reste de ce beau jour. Je cours rejoindre ma maîtresse.
GODEFROY
Allez , Jeannic , allez.
(La jeune fille sort. )