‹ Le pirateChapitre 55 sur 59 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

IMOGÈNE, OLIVIER, peu après ROLAND. OLIVIER.

Imogène ! vous êtes venue! Pouvais-je espérer tant de bonheur !

Ah ! que la mort arrive !

Oui , ton ardeur craintive En cet instant ravive Le souvenir de mon bonheur.

(Roland paraît; il s'arrête et se tient caché derrière une des colonnes du vestibule.)

ENSEMBLE

OLIVIER

Ah ! que la mort arrive !

Oui, ton ardeur craintive En cet instant ravive Doux pec sers de bonheur.

Heureux, dans ma cliiinèrc J'en chéris la douceur.

Ce jour prospère Reud la i>aix à mon cœur.

0 ciel ! mourir tous deux ! Dis-moi, quel destin j)lus heureux!

Tu vivras, faible femme , Pour tenir tes serinens.

Ah ! Dieu réserve à mon ame Tous les tourmens.

IMOGÈNE

Que mon ardeur si vive Jusqu'au tombeau te suive Et dans ton cœur ravive î.e souvenir de nos jours de bonheur.

Douce et tendre chinière, Console en sa misère Celui qui fut mon frère ,

KOLA>»D (caché).

Enfin l'instant arrive!

Gardons notre fureur

Captive ; Ils mourront! tant d'ardeur ftièrile un doux salaire.

Et bientôt ma colère Les unira , j'espère ,

Et desesmauwienscalmerlarigueur. Pourdeuxamansc'estencor dubou-

Malheur sur toi, pevlide! (heur.

Oui , malgré nos nœuds, Plus de pitié timide.

J'en crois les aveux.

L'enfer dans mon ame A misses serpens.

Ah ! vengeons-nous de l'infâme Par les tourmens.

3Ia llamme timide Me guide.

Au ciel pour lui je fais des vœux. Dieu me voit ; il condamne Les pleurs que je répands ; Mais puisqu'il lit dans mon ame.

De lui je réclame Ma [)art de les tourmens.

IMOGÈNE

Mais je tremble; la nuit s'avance.

OLIVIER

Quoi! nous quitter! plus d'espérance!

ROLAND (paraissant toul-à-cuup).

Enfer ! vengeance !

IMOGÈNE (apercevant Roland.) Grâce!...

OLIVIER

Toi ! lâche !...

imoge:ne.

O cicll uù Itui !

ROLAND

Ali ! Idtis deux!... .l'ai vu le crime...

OLIVIER

C.'esl «loue loi ! c'csl loi! viens donc mourir ! Ta fureur ici m'auime :

.le défends une victime, .l'ai pour moi le ciel, mon bras...

El ma rage !...

ROLAND

Misérable!...

LVIOGÉNE (se jelanl entre eux).

C'en est trop !

OLIVIER

Tu mourras !

IMOGÉNE.

Pour qui prier, hélas!

EN SEMBLE

OLIVIER

•le le liénis, j)ouvoir céleste !

Oui, d'un rival que je déteste .le puis me venger euiin !

Ah! qu'il expire !

Dieu doit maudire Son lâche empire, El doit guider ma main.

Viens, je l'adjure , Traître, parjure!

Tu ne i)eu\ plus m'échappcr.

Sur moi, lyran inilexible , Tombe ce bras si terrible!

Le mien pourra te frapper, .le le brave ; viens , barbare , Pourquoi craindre la fureur?

Ah ! le trépas qu'on me prépare Peul seul finir mon malheur.

Fais donc déchirer mon cœur.

IMOGENE.

Renconlrc funeste !

Oui , sa fureur l'altesle :

Coupables tous deux, nous aurons ( même destin.

Dieu ! quel délire !

Cruels, j'expire.

A vos coups je livre mon sein.

Oui , je fus parjure. Punis l'injure; .le l'aimais ! tu peux frapj)er.

Mais voir ce combat horrible !

Plutôt le irépas lerrible !

Oui , lu dois être inflexible.

Roland , j'osai le tromper; Mais la rage vous égare ; La vengeance , la fureur.

De vos cœurs jaloux s'empare , Et me glace de terreur.

ROLAND

Ah! quel outrage! amour funeste!

La fureur est dans mon sein.

Tremblez enfin !

I/oiif(;r in'iiispii'c ; Dans mon délire , Je puis mauilire Noire destin.

Cruelle injure!

Femme parjure.

Ton C(pnr m'a su tromper.

Oui , perfide, mon liras terrihlc , Inllexible, Va te frapper.

El toi que ton orgueil égare , Toi quiforfais à l'honneur , La mort pour toi se prépare.

Dans cette nuit d'horreur, Frémis! l'enfer de moi s'empare.

Tous les deux tremblez de terreur!

(Entrent les dames d'Tmogènc , des hommes d'armes, pages, etc.)

Gardes, emparez-vous de ce misérable, ol qu'il soit conduit dans la salle où sont rassemblés les chevaliers qui vont prononcer sur son sort.

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