PRÉVISIONS DE MOLTKE
La violation de la neutralité du Luxembourg et de la Belgique étendait le théâtre d'opérations franco-allemand de la frontière de Suisse à celle des Pays-Bas et à la mer du Nord. La longueur de la ligne de contact des armées adverses-s’en trouvait presque triplée. Dans cette ligne, le triangle des camps retranchés de Metz, Verdun et Toul créail une zone passive, où, de toute évidence, les forces opposées éviteraient de s’aborder. De part et d'autre de
la solution de continuité qui s’ouvrait ainsi dans les fronts aclifs, deux batailles séparées allaient apparemment se livrer, la première en Lorraine, la seconde en Belgique.
__ Molike prévoyait que les Français tenteraient de prendre l'initiative de l'attaque dans les pays annexés en portant eur masse principale dans la trouée Delme-Sarrebourg,
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seule partie de ce front qui parût praticable à à dù gran ff \
armées. Dans le principe, il ne se irompait pas. Notre
haut commandement avait en effet le projet de prendre | 1 l'offensive dès que la concentration de ses moyens d'action
. serait achevée; cette offensive il en eût orienté l'axe vers
la Lorraine allemande s'il avait été certain que La lutte
resterait limitée aux territoires belligérants. Mais des.
indices nombreux, se multipliant depuis quelques années,
faisaient craindre une manœuvre débordante de l'ennemi … par la Belgique; la construction de voies ferrées sans
valeur économique et surtout de quais militaires dans tout l’espace compris entre Aix-la-Chapelle et Trèves rendait cette hypothèse vraisemblable. Fes
Le plan français, en 1914, tenait compte des deux éventualités. Il articulait les armées de manière.à pouvoir soit les lancer toutes sur l’Alsace-Lorraine, si l'adversaire respectait les pays neutres, soit, au cas contraire, à exécuter une double offensive dans les pays annexés et le sud de la Belgique. Un plan à variante comme celui-là, exige, entre le moment où on est fixé sur les desseins de l'ennemi
et celui où on entame l'attaque, certains mouvements de
troupes, afin d'ajuster le dispositif général à la situation qui se présente. Ces mouvements prennent du temps et retardent en conséquence le commencement de l’offensive. Plus ce délai se prolongerait, plus il irait à l'encontre du plan allemand, qui visait à écraser le plus vite possible les Français engagés en Lorraine, puis dé retirer aussitôt quelques-unes des unités victorieuses ét de les dépêcher en renfort aux armées de Belgique.