L'ENGAGEMENT DU D SEPTEMBRE AU NORD-OUEST DE MEAUX
Le détachement de flanc-garde constitué 1 4 septemb ; par le général von Kluck pour couvrir sur la rive re de la Marne le gros de ses forces en marche au sud de la:
rivière se composait de la IV° D. C.et du IV° C. À. R. réunis sous les ordres du commandant de cette 1
unité, É von Gronau.
BATAILLE DE LA MARNE. un PREMIÈRE Péniove o. 297
ae d’ armée s actifs, et seulement de 12 hallertes légères. Le Corps d'armée n'avait été engagé dans aucune action | très importante depuis le commencement de la campagne: es pertes étaient minimes. En revanche il détenait le ecord du chemin parcouru par des unités allemandes depuis le passage de la frontière française, “ant déerit un vaste détour par Albert, Amiens et Creil.
La IV° D. C. (général von Garnier), dispersée le ° septembre à la suite du combat de Néry, n'avait pu Lètre rassemblée de nouveau que le 3, à Droiselles, village tué à 5 kilomètres au nord de Nanteuil-le-Haudoin. Elle reçut 4 canons pour compenser en partie la perte de 2 de ses batteries, qu'elle avait dû abandonner l'avant-veille - sur le terrain de l’action. re 4 Le général von Gronau, commandant lédsethble di tachement, était un vieil officier d'artillerie, dont les débuts remontaient à la bataille de Rezonville. Il y servait comme lieutenant dans une batterie du fameux IE corps d'armée, que le général von Alvensleben lança seul contre | Loute l'armée de Bazaine pour la fixer et l’obliger à suspendre sa retraite, Ce qui permit au reste des armées de “Frédéric-Charles et de Steinmetz de venir prendre part à la lutte. Cette première leçon ne devait pas être perdue pour Gronau, malgré les quarante-quaire années qui LE écoulées depuis.
Dans la journée du 4 septembre, le IV° C. À. R. venant de Senlis gagnait la région située immédiatement à l’est de Nanteuil-le-Haudoin et y passait la nuit; la IV° D. C. resjt à Droiselles. Il n'y avait eu aucune rencontre avec “l'ennemi, mais les reconnaissances de cavalerie s'étaient
eurtées dans la forêt d'Ermenonville à des postes français, qui les arrêtérent; elles avaient aperçu un peu de cavarie et de faibles éléments d'infanterie à Dammartin. Le
postes de la garnison fixe du camp retranché de Paris et ne s'en soucia pas autrement. L'aviation de la F° armée n'avait, de son côté, remarqué aucun mouvement de. troupes au nord et au nord-est de la capitale, ce qui le confirma dans son opinion. | L'ordre d’ QPÉTAHUNS du général von Kluck pour la jour- | née du lendemain n'arriva qu'assez tard dans la soirée. Le paragraphe concernant Île détachement GES élait ainsi CONÇU :
«Le IV° C. A. R. se portera demain de la région de. Nanteuil-le-Haudoin dans celle de Marcilly-Chambry au | nord de Meaux. Il est chargé de la couverture au nord de. la Marne contre le front nord-est de Paris. La IV° D. C., à l’aile droite, restera subordonnée demain au IV°C. A.R. » En exécution de ces instructions, le IV° G. À. R. a à de grand matin le 5 septembre, avait marché en deux . colonnes, XXIT° D. R. à gauche par Bouillaney, Puisieux, L sur Chambry, VIT D. R. à droite par Chévreville, ne] ; sur Barey et Marcilly; la EV° D. C. en échelon en arrière suivit l'itinéraire Nanteuil-le-Haudoin, Silly-le- Long, Î
Ognes.
L'infanterie atteignit ses objectifs de marche entre 9 et 10 heures sans aucun incident. Elle venait d'y arri- « ver quand la [V° D. C. signala que des escadrons français | sortaient de Dammartin, de Saint-Mard, de Juilly et qu’elle s'attendait à être attaquée par une division de . cavalerie ennemie. Cette nouvelle vint troubler la belle quiétude de l'état-major du FV° C. A; R., qui s'était ins- M tallé à Barcy. Un peu avant midi, nouveau renseignement, M beaucoup plus alarmant : une colonne d'infanterie fran 7 çaise se dirigeait de Saint-Mard sur Montgé. Avait-on * affaire à un simple soutien de cavalerie ou à une unité plus |
onu fat prise shot Il était chargé de la protection
du flanc des armées allemandes; un danger imprévu se à . révélait; il fallait le reconnaître au plus tôt et on ne pou- .… vait le faire qu’en y allant voir : « Monsieur le lieutenant- … colôel, dit-il à son chef d'état-major, nous n’avons qu'un … parti à prendre, c'est d'attaquer », et il donna l’ordre sui- ” vant, à42 h. 45 :
. «Dans les bois de Montgé et de Cuisy, de la cavalerie à ennemie interdit toute observation à la nôtre. En arrière de ces bois, on signale la présence d’autres éléments de . cavalerie ennemie et de l'infanterie.
à La VIF D. R. se portera à l'attaque en plusieurs colonnes … par Cuisy et Montgé sur Saint-Mard pour refouler l'ennemi.
La IV° D. C, participera à ce mouvement en se dirigeant par Marchémoret sur Dammartin.
. La XXIF D. R. se tiendra prête à marcher entre Barcy et Monthyon. »
Cet ordre devait naturellement provoquer la rencontre du [V° C. A. R. allemand marchant de l’est à l’ouest avec l'aile droite de la 6° armée française qui marchait d'ouest en est. ; . Le champ de bataille où cette rencontre allait se produire est coupé diagonalement du sud-est au nord-ouest par une suite de hauteurs : le mamelon boisé qui s'élève immédiatement à l’ouest de Penchard, celui sur lequel est construit le village de Monthyon, enfin la croupe allongée que couronne le bois de Tillières et dont les dernières pentes viennent mourir à l’est de Saint-Mard. - Le commandant de la VIT D. R. ne se conforma pas “exactement à l'ordre qu'il venait de recevoir. Au lieu de . fractionner son unité en plusieurs colonnes, il la mit en “ mouvement en entier sur le chemin qui conduit de Barcy à Monthyon. De même la XXII D. R. ne resta pas en position d'attente, comme on le lui avait prescrit, mais elle alla
LE PLAN be CAMPAGNE A LENAND
se saisir du mamelon de Penchard, sans doute p pour es nir l'ennemi sur ce point important, son avant-garde dépassa et se trouva nez à nez avec la brigade marocaine. 1 Celle-ci s’engagea aussitôt très vigoureusement, refoula les | éléments ennemis qui étaient descendus dans la plaine, | puis se lança à l'assaut du mamelon, sans attendre d'être : soutenue et sans aucun appui d'artillerie. Sous le feu des. canons, des mitrailleuses et des fusils de l'adversaire éta-. bli sur cette position dominante, l'attaque échoua avec de 4 fortes pertes. L'infanterie allemande prit l'offensive à son | tour et rejeta les bataillons indigènes d'un seul élan jus-. qu'à Villeroy, où elle fut arrêtée par la 55° D. R.
Cette division s'était déployéesur laligne Villeroy, [verny, | le Plessis-l'Evèque, dont elle essaya de déboucher bientôt après. Elle gagna d'abord un peu de terrain, mais fut vite clouée au sol par un feutrès vifet finalement ramenée sur 4 les villages qu'elle avait quillés par une puissante conire-. attaque. Le combat se stabilisa. Cependant, quoique l'ar-. illerie française eût pris nettement la supériorité sur celle. de l'ennemi, l'infanterie de la 55° D. R. se replia à la fin den l'après-midi un peu en arrière d'Iverny et du Plessis l'Evêque. | | 4
Plus au nord, l'avant-garde de la 56° D. R. avait travers sé le bois de Tillières et occupé Saint-Soupplets, elle y f us canonnée par les batteries de La [V° D. C. en position “4 les hauteurs d'Oissery, évaeua la localité et se replia dans. le bois, où elle se maintint, mais sans pouvoir empêcher! l'ennemi de s'établir à Saint-Soupplets, malgré les 3 que lui env sil le gros de # dvi
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us sa ligne. Ouen à la IV°D. C. elle s'était trouvée … aux prises avec une partie de la 56° D: R. qui s’avançait - au nord du bois de Tillières sur Marchémoret. Vers le nord on Constatait la présence de pointes ennemies, celles du PhCA. :
Mr : Dans ces conditions Le général von Gronau estima que se mission était remplie et qu’en restant sur place il risque- … rait de se voir enveloppé le lendemain par sa droite et bousculé dans la Marne. Il décida de profiter de l'obscu- rité pour rompre le combat et se mettre hors de portée. À L ordre en fut donné sur le champ.
. « La poursuite de l'adversaire batiu ne sera pas poussée au delà de la ligne Cuisy-Iverny. À la tomhée de la nuit le corps d'armée se repliera derrière la ligne de la Thérouane afin de se soustraire à l’enveloppement qui le menace par le nord et de se retirer hors de la zone d'action du camp retranché.
. La VIT D. R. se portera de Saint-Soupplets à la Ramée L et du Plessis-l'E Évêque à l’ouest d'Etrépilly.
. La XXI D. R. se portera de la ligne Iverny-Penchard 1 jusqu à la ligne Ltrépilly- -Gué à Tresmes. | k On renforcera les positions cette nuit même. Avantpostes sur la ligne de la Thérouane.
. IV° D. C. à Brégy ».
…. Le repli s'exécuta d'autant plus facilement qu'il faisait k un beau clair de lune et que l’armée française n’entreprit rien pour $s y opposer; elle se borna, après la nuit tombée, . à occuper Saint-Soupplets, où on captura une poignée de fantassins prussiens qui s’élaient attardés dans le village. L Le général von Gronau avait fort judicieusement choisi, . comme position de repli, la ligne de la Thérouane, coupure . très apparente du terrain, afin d'éviter qu'on ne s’égarât 4 dans l'obscurité. Il comptait, bien entendu, dès qu'il ferait
jour, redresser son front, car en le laissant le long du cours d’eau, c'est-à-dire orienté la droite en avant, il se serait trouvé encore plus exposé que la veille à être tourné. Grâce à ce premier bond en arrière on avait gagné tout le temps voulu pour faire pivoter le lendemain la ligne en la ramenant face à l’ouest de manière à couvrir la vallée de l’Ourcq, axe de ravitaillement de la I" armée.
On a célébré à l’envi le combat du 5 septembre comme une brillante victoire de nos armes. Rien n’est moins
exact. Ce fut en réalité une affaire des plus malenconireuses. Le succès tactique resta incontestablement aux Allemands. Dans la partie sud du champ de bataille, ils
avaient partout refoulé nos troupes; dans la partie nord, notre infanterie avait devancé l'ennemi sur la croupe du bois de Tillières, mais elle ne sut pas profiter de cet avanrage comme celui-ci à Monthyon et à Penchard. Le général von Gronau put en somme accomplir son dessein, qui était de reconnaître nos forces, puis se dérober à sa guise.
Notre échec était dû à la précipitation avec laquelle on avait lancé en avant le groupe Lamaze sans attendre que le 7° C. À. fût parvenu à sa hauteur et à la mission parfaitement superflue assignée à la D. C. Cornulier-Lucmmière à Lagny, soit à plusieurs kilomètres en arrière des objectifs fixés aux 99° et 66° D. R. Il en résulta que la 6° armée, qui disposait sur l’adversaire d’une supériorité numérique considérable, n’en tira aucun parti. Toute sa cavalerie et la majeure partie de son infanterie, dont les deux seules divisions actives, n’intervinrent pas dans l’action, de sorte qu'on se mesura avec l’ennemi à effectifs presque égaux *.
Au contraire, si on s’en était tenu au premier ordre, celui donné à minuit, qui maintenait l'aile droite de la
41. 29 bataillons francais contre 20 bataillons et 26 escadrons allemands; 12 canons français contre 82 allemands.
. 6* armée sur la ligne Saint-Mesmes, Juilly, Saint-Mard, ou bien le détachement Gronau n'aurait pas attaqué et on l’aurait pris à partie le lendemain toutes forces réunies, ou oien il aurait dù, pour établir le contact qu'il cherchait, avancer de 8 kilomètres plus à l’ouest. Le choc se serait produit deux heures plus tard sur un terrain et à un moment tels que le 7° C. A. n'aurait eu aucune peine à déborder le flanc droit de l'adversaire, et à le mettre aussitôt dans une situation des plus critiques.
Les événements du 5 septembre auraient pu avoir une autre fâcheuse conséquence, celle de dévoiler à l'ennemi les projets du commandement français et de lui permettre de prendre des mesures pour parer les coups qui allaient
lui être portés sur tout le front jusqu’à Verdun. Heureuse-
ment la première nouvelle n’en parvint à Kluck, par un coup de téléphone du I° C. À., que dans la nuit, après
l'envoi de l’ordre d'opérations’. Celui-ci fut à peine modifié; on se contenta de hâter le mouvement du IF° C. A., qui devait se porter dans la boucle de la Marne à l’est de
Meaux ; on lui prescrivit, à minuit, de se mettre en route aussitôt que possible pour soutenir le V* C. A. R.
Kluck ne crut pas à autre chose qu’à une attaque partielle contre son flanc droit. Peut-être ne Jugea-t-il pas nécessaire d’en informer le commandement suprême et ses voisins plus rapidement qu’il ne l'avait été lui-même;
A. C'est du moins ce que déclarent dans leurs ouvrages les généraux . von Kluck et von Kuhl. Cette affirmation est bien difficile à admettre. Le général von Gronau avait envoyé Le 5 au matin un message des plus rassurants : « L'ennemi, à Dammartin, disait-il, ne paraît pas être en forces, mais semble rester encore en position. » Comment expliquer que ce général, lorsqu'il apprit, avant midi, qu'une colonne adverse marchait contre luiet se décida à attaquer, n’en ait pas rendu compte, puisque, pendant toute la durée du combat, qui révélait d'heure en heure la présence d'effectifs croissants dans le camp opposé, il ait gardé un silence absolu? …. Cette négligence est inimaginable de la part d’un chef aussi vigilant, qui précisément prenait l'offensive pour se procurer des renseignements et mm. les aurait, après les avoir obtenus, conservés pour lui.
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peut-être Malle et les commandants d'a armée Hoche renseignés à lemps, mais envisagèrent-ils la situation avec la même insouciance que la 1° armée. Ce qui est certain c'est que notre offensive générale du lendemain surprit complètement l'ennemi d'un bout à l’autre de la ligne de bataille. |