VERT-BOIS \ DIDIER
VERT-BOIS
Vous dites donc, que vous me mènerez au messager f
DIDIER
Oui, je connais le maître de la voiture... je vous ferai passer pour un de mes cousins , qui se rend à Orléans.
VERT-BOIS
Orléans... outrerions- nous Orléans... ce n'est pas sur la route d'Allemagne...
DIDIER
C'est tout l'opposé.
VERT-BOIS
A la bonne heure... parce que si on venait à me reconnaître... et qu^on m'arrêtât sur la route d'Allemagne.
DIDIER
Eh ! qui voulez-vous qui vous découvre !
Je suis si connu dans Paris , voilà quarante ans que je l'habille de la tête aux pieds... il ne faut qu'une pratique mécontente de son dernier habit 3 pour me mettre dans l'embarras. Ah çà ! vous , mon cher Didier , pendant mon absence... vous solliciterez... pour moi... vous proclamerez l'innocence du malheureux Vert-Bois.
DIDIER
En effet! il faut quelqu'un qui prenne vos intérêts.
VERT-BOIS
Oui , qui les regarde comme les siens... n'oubliez pas que vous êtes mon gendre.
DIDIER
Comment, monsieur...
VERT-BOIS
Oui, jeune homme , le bonheur de ma fille... et les intérêts d'un père fugitif... tout l'exige.
Air : De V Avare*
Puis qu'autrement je ne puis faire, En vous je mets tout mon espoir, En mon absence , à mon beau-frère Je m'en vais céder mon comptoir !
Par ces mesures politiques Il sera toujours fréquenté, Et si je perds ma liberté, Je garde du moins mes pratiques.