DENIS , CÉCILE
DENIS
Eh bien! mon enfant , est-ce que l'on signe ?. . . me voilà...
CÉCILE y tristement.
Pas encore, heureusement !..
DENIS
Comment . pas encore !
CÉCILE
Ah! mon oncle, je suis bien malheureuse assez... j'ai fait tout ce que j'ai pu pour m'accoutumer au neveu de monsieur trente mille hommes . . . mais pas possible.
DENIS
Tu t'y feras.
Dutout.
( io)
Air : Cest bien le plus joli corsage. (Ninon. )
Pendant la première semaine , J'en conviens , il me déplaisait y
DENIS
Eh bien !
CÉCILE
Au bout de la quinzaine , Je le haïssais tout-a-fait.
Jugez d'après un tel prélude, Quand je le verrai chaque jour.
DENIS
La haine alors devient de l'habitude ,
Et l'habitude , Par fois, dit-on, mène a l'amour.
Et puis, Vert-Bois le veut écoute donc; c'est to»
père.
CECILE
Je ne dis pas non.,, mais ce pauvre Didier...
DENIS
Qu'est-ce que c'est que Didier ?
Un garçon très-aimable, qui ira loin... il est déjà secrétaire de monsieur le prévôt des marchands 5 et certainement c'était un parti bien plus avantageux.
DENIS
Puisque ton père Ta refusé... c'est que le jeune homme ne convenait pas, et je dois être de son avis.
CECILE
Du tout ; il ne Ta seulement pas vu. ..dès les premiers mots d'un ami commun, il a rompu toutes les négociations !.. vous entendez bien que monsieur Didier le père, qui est employé dans les bureaux de monsieur de Choiseul, et qui jouit d'une certaine considération, voulait pousser son fils, lui acheter une charge, et pour cela il exigeait que mon papa vendît son magasin pour me donner une dot de vingt mille francs.
DENIS
Vendre son magasin... mais ça serait très -bien , trèsconvenable. . . il faut nous entendre ensemble...