CONCLUSION
Comment relire ces pages sans reconnaître avec humiliation l'insuffisance absolue de nos essais descriptifs, l’inutilité sans espoir de nos efforts pour, traduire en paroles humaines les gloires ineffables du monde céleste. Une tentative comme celle-ci est forcément d’une imperfection lamentable; ne doit-on pas cependant la préférer à Tabsence de toute description? Peut-être permettrat-elle au lecteur de se faire une pâle idée de la vie d’outre-tombe et, bien qu’en atteignant ce séjour de lumière et de béatitude son attente y soit infiniment dépassée, il n’aura pas, je Üespère, à constater l’inexactitude d’aucun renseignement recueilli par lui dans cet ouvrage.
L’homme, tel qu’il est pour le moment constitué, réunit en soi des principes appartenant à deux plans supérieurs au mental même, car il est représenté par son Bouddhi sur le plan que, pour cette raison même, nous appelons le plan bouddhique, et par son Atmâ (son étincelle divine) sur le troisième plan du système solaire, généralement appelé plan nirvânique. Chez l’homme ordi-
naire, ces principes supérieurs n'ont pour ainsi dire pas commencé à se développer. D’ailleurs, les plans auxquels ils correspondent sont, beaucoup plus encore que le plan mental, impossibles à décrire. Qu’il nous suffise de dire que, sur le plan bouddhique, les limitations s’évanouissent ; l’homme voit sa conscience s’y élargir au point qu’il réalise, non plus théoriquement mais par l’expérience la plus positive, que la conscience de ses semblables est contenue dans la sienne. 11 sent enfin, il connaît et il éprouve, avec une sympathie absolument parfaite, tout ce qui est en leur âme, car elle fait en réalité partie de la sienne. Sur le plan nirvânique il fait un pas de plus et constate que sa propre conscience et celles de ses semblables sont une, dans un • sens plus sublime encore, puisqu’elles sont véritablement des facettes de la conscience, infiniment plus vaste, du Logos. En Lui tous ont le mouvement, la vie et l’être ; aussi quand « la goutte de rosée glisse dans la mer lumineuse », semble-t-il qu’il se produise un phénomène inverse : l’océan se déversé dans la goutte qui, pour la première fois, comprend qu’elle est l’océan, non plus une fraction de ses eaux mais l’océan tout entier ; affirmation paradoxale, tout à fait incompréhensible et impossible en apparence, mais absolument
vraie.