I.K PLAN l'ANCiKRMANISTE ll
('-»' cliiiric se Iroiiv»' i;ra|)lii(ju»Mnont rouliriné j)ai' la carie ri-coiilr»' (|ui d'un coup d'œil permet de constater les rapports gréog^raphiques el superfîciaires existant entre les limites du plan de 1911 et les fronts occupés au début de 1916 par les armées subordonnées à la direction exclusive de Berlin.
Ces constatations malbématiques et géographiques, dont l'importance ne saurait échapper, permettent de mieux comprendre pourquoi et sous quelle forme l'Allemagne a voulu faire la paix. Elle l'a voulu tout simplement parce que, comme l'avouait sans ambages La Gazette de Francfort en décembre 1915, /e> buts de la guerre so?it atteints.
Le plan pangermaniste de 1911 étant pratiquement réalisé dans la proportion des neuf dixièmes. — malgré l'intervention de l'Angleterre qui a bouleversé cependant le plan de l'état-major allemand, — il est manifeste que le résultat obtenu par l'Allemagne a été extrêmement considérable. Rien ne pourrait donc lui arriver maintenant de plus favorable que de réussir à mettre un terme à la guerre alors que
l'action allemande exclusive s'étend sur la quasi totalité des territoires envahis.
Ces constatations expliquent encore pourquoi Berlin depuis longtemps s'est livré aux plus subtiles et plus complexes manœuvres susceptibles de faire entamer des négociations de paix : tentatives d'accord séparé avec la Russie, efforts pour obtenir l'intervention du pape, démarches des pseudo-socialistes du Kaiser auprès de leurs camarades de jadis des pays belligérants, incitations aux pacifistes de tous les pays neutres, etc. L'Allemagne eût conclu la paix au moment le plus favorable pour elle afin de pouvoir imposer aux terres qu'elle a conquises ou pénétrées le statut prévu par le plan pangermaniste. Mais bien entendu l'Allemagne n'eût traité que sur la base de ses occupations d'alors. Comme le disait fort nettement le major Moraht dans le Berliner Tageblatt : « Ce que nous avons acquis au prix du sang et du sacrifice, nos chefs militaires n'ont pas l'habitude de le rendre ». (V. Le Matin, 27 décembre 1915.)
Enfin, la grande raison pour laquelle Berlin a voulu la paix, c'est que la prolongation de la guerre ne peut que compromettre et finalement anéantir tous les résultats acquis par l'Allemagne.