‹ Le plan pangermaniste démasquéChapitre 37 sur 81 · I.K. PLAN PANGEKMAiMSlK · texte numérisé non relu

I.K. PLAN PANGEKMAiMSlK

|)uis(juo cellos-ri comptent dans It'urs possessions do très nombreux sujets musulmans : la France, notamment en Tunisie, en Alg»*rie et au Maroc, l'Italie en Lybie, la Russie en Crimée, au Caucase, dans la région de Kazan, en Asie centrale et en Sibérie; l'Angleterre en Egypte, aux Indes, en Birmanie, dans les Détroits asiatiques et dans la plupart de ses autres colonies africaines.

Gomme le panislamisme est basé, en apparence, sur une restauration et une extension considérables de riniluence et des pouvoirs du Sultan de Constantinople, Commandeur des Croyants, il ne pouvait que flatter profondément le néo-nationalisme des Turcs qui s'est surtout dégagé après l'insuccès des Alliés aux Dardanelles. Il en est résulté que le Kaiser, grâce au panislamisme, a pu faire marchera fond dans le sens de ses intérêts les Musulmans, sujets du Sultan, auxquels une habile propagande a fait miroiter la reconstitution dun grand empire plus puissant encore qu'aux anciens jours.

Le mouvement panislamique minutieusement préparé depuis longtemps pendant la paix par l'Allemagne a été mis en œuvre par celle-ci dès l'ouverture des hostilités. Sur le conseil de Berlin, le Sultan a proclamé, dès la fin de 1914, le

Djihad ou Guerre sainte. Sans doute, l'insurrection musulmane ne s'est pas produite sous une forme générale, mais l'agitation islamique n'a cependant pas été sans donner déjà des résultats locaux qu'on connaîtra mieux après la guerre et qui ont constitué une gêne pour les Alliés aux Indes, en Egypte, en Libye, dans les possessions françaises de l'Afrique du Nord.

Notamment, en avril 1915, un soulèvement de troupes britanniques hindoues à Singapour a failli entièrement réussir. À peu près vers la même époque, au Siam, de nombreux officiers allemands avec le concours de révolutionnaires indiens et birmans ont pu commencer à préparer une petite armée de 16.000 hommes qui, après avoir reçu ses armes, devait attaquer la Birmanie anglaise.

Cette agitation islamique menaçait de prendre une sérieuse extension quand le succès des Russes en Arménie et en Perse, en portant un coup très grave au prestige du Sultan, Commandeur des Croyants, est venu heureusement l'enrayer. Il n'empêche que ce que Berlin a déjà tenté de réaliser avec le concours de l'Islam doit servir aux Alliés d'avertissement sévère de ce que l'Allemagne ferait certainement dans l'avenir si la future paix lui en laissait les moyens. Dès que la jonction turco-allemande a été effec-

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