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LES DANOIS EN PRUSSE

bon plaisir, que la Prusse fit reconnaître, par le Parlement de Francfort, comme territoires» allemands:, ses provinces orientales qui, en réalité',

sont slaves pifisqu'elles contiennent encore actuellement environ 4 millions de Polonais.

LE PLAN PANGEBMANISTE

C'est au nom du Pangermanisme qu'en 1864 la Prusse s'empara de la partie purement ■ danoise du Schleswig. (V. la carte p. 2S.) -1

C'est au nom du Pangermanisme que l'Autriche-Hongrie où les Allemands ne sont qu'une très faible minorité, actuellement 12 millions

LE PLAN PANOERMANISTE il

t outre WH millions de non Allemands (or ces (•liiirres sont ceux des slHlisli(|ues allemandes qui exagèrent systématiquement le nombre des Allemands dans l'empire d<;8 Habsbourg), fait depuis fort longtemps l'objet des convoitises allemandes

Dès 1850, La Gazelle i/\\u(/sbourf/ en donnait la raison avec le plus complet cynisme :

« Nous déclarons hautement cjue si ce n'étail pas un membre de la Confédération, si ce n'étail pas l'Autriche (à celte époque le mot Autriche désignait toute l'Autriche-Hongrie actuelle), qui fût le légitime possesseur de ces pays non allemands, la nation allemande devrait en faire la conquête à tout prix, parce qu'ils sont absolument nécessaires pour son développement et sa position de grande puissance. »

Déjà en 184 i, le futur maréchal de Moltke, toujours inspiré par le Pangermanisme, avait écrit :

« Nous espérons que l'Autriche maintiendra les droits et sauvegardera l'avenir des pays du Danube et que Y Allemagne parviendra finalement à libérer rembouchure de ses grands fleuves. » V. von Moltke, Schriften, t. II, p. 313.)

C'est inspiré par cette doctrine de rapt que l'auteur de la brochure éditée en 1893, — il y a donc exactement vingt et un ans, — sous l'égide

de Y Alldeutscher Verbancl, la plus puissante société pangermaniste, après avoir exposé les grandes lignes des futures annexions, trouvait tout naturel de conclure :

Sans doute, des Allemands ne peupleront pas seuls le nouvel empire allematid ainsi constitué ; mais K seuls ils goiwe?'tieî-ont, seuls ils exerceront les droits politiques, serviront clans la marine et dans r armée, seuls ils pourront acquérir la terre. Ils auront alors, comme au moyen âge, le sentiment d'être un peuple de maîtres; toutefois, ils condescendront à ce que les travaux inférieurs soient exécutés par les étrangers soumis à leur domination »..(V. GrossdeutschlandundMitteleuropaum dasJahr 1950. — La Grande Allemagne et l'Europe centrale en 1950. Edité par Thormann und Goestch, S. W. Bessel Strasse 17. Berlin, 1895, p. 48.)

Ces faits et ces déclarations catégoriques établissent nettement que l'identité de langue et de race longtemps donnée pour justifier le Pangermanisme n'a été jadis qu'un simple prétexte pour faciliter la diffusion de cette doctrine. Les avantages militaires, politiques et économiques, à'après les inspirations pi'ussiennes, en sont les seuls éléments constitutifs.

On doit donc bien se persuader de cette vérité : Le Pangermanisme est la doctrine de proie de la

LE PLAN PANGERMANlSrE 2tf

Monarchie prussienne. Elle a pour objets par des af/randissemcuts de territoire successifs et indéfinis, (le rrunir au sein des mêmes frontières, économiques d'abord, politiques ensuite, les réffions et les peuples dont la possession et l'exploitation sont considérées comme profitables par les Hohenzollern et leur 'ioufim : l'aristocratie allemande .

Le Pangermanisme est l'antithèse absolue et la lu'ujation radicale du principe des nationalités, 1(1 plus noble idée lancée dans le monde par la Révolution française. En résum»', le Pangermanisme est une doctrine de cambriolage international appliquée par la Prusse n la collectivité des nations.

De la doctrine pangermaniste est sorti le plan pangermaniste politique et militaire dont Guillaume II est le créateur et le metteur en aclion. On a considéré, longtemps hors d'Allemagne, le Kaiser comme un prince pacifique. Ce fut là une erreur infiniment grave qu'on s'explique difficilement. En eflet, en outre de son action organisatrice secrète en vue de la conflagration européenne, qu'il commença fort peu de temps après son avènement (1888), Guil-

laume II prononça publiquement des paroles révélatrices de ses tendances nettement pangermanistes.

Le 28 aoiit 1898, répondant au discours du bourgmestre de Mayence, le Kaiser déclara vouloir maintenir intact l'héritage légué par son « immortel grand-père ». Mais, ajouta-t-il, je ne pourrai y parvenir que si notre autorité se maintient ferme à l'égard de nos voisins. « Dan^i ce but, r unité et la coopération de toutes les tribus germaniques sont nécessaires. »

Le 4 octobre 1900, Guillaume II, posant la première pierre du musée romain de Saalbourg, dit encore :

« Puisse notre patrie allemande, dans les temps futurs, par la coopération, unifiée des princes et des peuples, de leurs armées et de leurs citoyens,^ devenir aussi puissante, aussi fortement unie, aussi extraordinaire que l'emph^e romain universel, afin qu'un jour dans l'aoenir on puisse dire^ ^, comme autrefois : Civis Romanus sum : Je suis * citoyen allemand. »

Le 28 octobre 1900, dans une réunion d'officiers, Guillaume II affirma : « Mon but suprême est d'écarter ce qui sépare le grand peuple allemand. » Or, en septembre 1900, à Stettin, le Kaiser venait de déclarer. « Je n'ai aucune crainte dans ravenir. Je suis convaincu que mon plan

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