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inai^iiu. iMais de ces 9 millions d'Allemands, il y aurait certainement lieu de défalquer encore les Slaves qui se trouvent compris dans ce chiffre m raison du truquage syslémalicjue des stalisti(jues autrichiennes. L'exemple topicjue de la ville de Vienne cité plus haut montre cette nécessité. Comme ce truquatje est fait dans d'énormes proportions aux dépens des Slaves, on peut admettre que le chiffre vrai des Allemands se trouvant dans cette partie de l'Autriche et que nous supposons ^éoe^raphiquement récupérables par l'Allemagne est seulement de7 à8 millions. Prenons ce dernier chiffre. Si ces 8 millions étaient rattachés à l'Allemagne dans la future lùuope, l'Allemagne actuelle, ramenée à 61 millions d'habitants pour les raisons indiquées page 196, trouverait aux dépens de l'Autriche 8 millions d'habitants de plus. Elle aurait donc au total 69 millions d'habitants.
Donc, comme TEmpire allemand actuel avait en 1914 68 millions d'habitants, on constate que rapplication du principe des nationalités ferait r/agner à l'Allemagne au sud-ouest à peu pi-ès rnju iraient de ce que ce même principe lui ferait perdre sur la périphérie de V empire actuel.
Une Allemagne de 69 à 70 millions d'Allemands authentiques serait-elle dangereuse pour l'Europe ? Je ne le pense pas car, comme on va voir,
l'application du principe des nationalités aurait pour conséquence de soustraire radicalement à l'influence du pano;ermanisme de Berlin tout ce qui resterait des iiabitants de l'Autriche-Hongrie.
En effet, si sur les 50 millions d'habitants de l'Autriche-Hongrie actuelle, 8 millions environ passaient à l'Allemagne, 42 millions de sujets austro-hongrois resteraient. Sur ce chiffre ;
5 millions de Polonais passeraient à la Pologne;
4 millions de Ruthènes passeraient à la Russie ;
3 millions de Roumains passeraient à la Roumanie ;
1 million d'Italiens passeraient à l'Italie.
Soit au total : 13 millions d'habitants.
Resterait donc un groupe compact formé de 29 millions d'habitants, formé de Tchéco-Slovaques, de Magyars, d'Allemands dilués dans la masse magyare et de Serbo-Croates. Comme ces derniers veulent s'unir aux 5 millions de Serbes de Serbie, on constate ainsi la présence en Europe centrale d'une masse de 34 millions d'habitants ne contenant qu'une proportion tout à fait infime d'Allemands et qui, bien groupés géographiquement, pourraient parfaitement former des Etats-Unis oii les droits de chaque nationalitéetlaforme gouvernementale de chaque Etat seraient respectés et qui constitueraient cependant un territoire économique assez vaste
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pour l'orrespondre aux nécessités modernes. L'obstacle à la création de tels Etuis-Unis pourrait sembler être le fait que les Magyars (|ui actuellement font à fond le jeu des Allemands ne voudraient pas s'entendre avec les nalionalilés voisines. Celte objection disparaît quand on sait ceci qui mallieureusement n'est connu que d'un Irt's petit nombre de spécialistes. Sur les 10 millions do Magyars, il y a environ 9 millions de pauvres ouvriers presque lous agricoles, exj)loités cyniquement par la noblesse magyare qui possi'de à peu près toute la terre. Or, ce sont ces nobles, énormes propriétaires fonciers qui avec les fonctionnaires magyars qu'ils nomment, soil au total 1 million de Magyars seulement, sont, t't encore pas tous, prussophiles. Il faut savoir encore que les 9 millions de prolétaires magyars, tn fait, ne sont môme pas actuellement représentés au Parlement de Budapest car les élections en Hongrie constituent des vols éhontés prati (jués cyniquement au seul profit du million de -Magyars qui exploitent leurs compatriotes pauvres. Or, les 9 millions de malheureux paysans magyars ne sont nullement prussophiles. Ils sont, en outre, parfaitement disposés à fai^e bon ménage avec les autres masses démocratiques représentées par les nationalités qui les entourent. Donc, le jour où le vrai peuple magyar
sera délivré de la noblesse féodale qui l'opprime et deviendra lui aussi maître de ses destinées, il ne se refuserait pas du tout à la création des Etats-Unis envisagés. Je suis parfaitement sûr de cet état d'esprit car, dans mes derniers voyages à Budapest, j'ai pu entrer en rapport avec des chefs des organisations démocratiques magyares. C'est ainsi que j'ai appris que déjà avant la guerre, ils essayaient de trouver un terrain d'entente avec les autres nationalités slaves de la Hongrie. Cette tendance était si forte qu'elle a d'ailleurs contribué à pousser le néfaste comte Tisza à déclarer la guerre afin d'éviter le mouvement démocratique qui menaçait les privilèges de la noblesse magyare dont il est un des chefs.
En définitive, on constate donc qu'il y a en Autriche-Hongrie et en Serbie une masse de 34 millions d'habitants, pratiquement purs d'éléments germaniques, qui permettraient de constituer en Europe centrale des Etats-Unis qui pourraient devenir plus tard l'embryon des Etats-Unis d'Europe.
Tous les éléments ethnographiques existent donc bien qui rendraient possible d'éleoer en Europe centrale une triple barrière très puissante contre tout retour offensif du Pangermanisme. (V. p. 84.) La création de cette barrière serait