I.E PL\N PANGERMANISTK
la conflagr.ilion iioliu'llc, ddus le monde entier K's Allemands vivant en dehors de l'Empire,
^nolamnaent en Autriche et aux Etats-Unis.
. ' Comment pourrait-on croire que l'action de ces trois formidables sociétés, dont les moyens d'action se sont sans cesse accrus, ont pu se livrer depuis vingt ans à une propagande fort coiiteuse et intense dans un empire policier comme l'Allemagne, — où rien ne peut se faire (le suiri malgré le consentement des autorités, — sans que l'autocrate qu'est Guillaume II ait voulu cette propagande?
Quant à l'heure de la guerre, c'est encore Guillaume II qui Ta fixée. La situation des Balkans après le traité de Bucarest (10 août 1913), et l'état intérieur de l'Autriche-FIongrie, pour des raisons qu'on trouvera exposées au • liapitre II, le décidèrent à précipiter le conflit. Dès novembre 1913, le Kaiser prend ses dispositions en vue de l'ouverture prochaine des hostilités. Il sait que les travaux d'élargissement du canal de Kiel seront terminés en
* juillet 1914, il s'arrange pour être prêt vers cette date. Il séduit l'archiduc François-Ferdi-
^nand, héritier de François-Joseph, par le mirage
des profits qu'une action commune doit rapporter aux empires du centre. En avril 1914, Je Kaiser va voir l'archiduc au château de Mir;imar, près de Trieste. Il le revoit à Konopischl en juin 1914. L'amiral Tirpitz, qui s'est signalé d'une façon si particulière comme chef de la piraterie sous-marine allemande, l'accompagne. C'est alors que le plan d'action général des forces de terre et de mer de l'empire allemand et de l'Autriche-Hongrie est arrêté dans ses grandes lignes. L'assassinat de Tarchiduc François-Ferdinand se produit le 28 juin 1914. Il ne change rien aux projets du Kaiser. Au contraire, ce meurtre est un prétexte excellent d'intervention contre la Serhie; il précipite donc les événements. La guerre est déclarée le l*"" aoûi. exactement quelques jours après l'achèvemenl des travaux du canal de Kiel.
L'action criminelle du Kaiser dans l'établissement du plan pangermaniste depuis vingt-cinq ans apparaît ainsi manifeste.
« On a soutenu, dit le baron Beyens, — qui était ministre de Belgique à Berlin avant la guerre, — que Guillaume II avait été sans s'en douter Tinstrument dune caste et d'un parti pour qui la guerre était Tunique moyen d'affermir leurs pouvoirs. // les a écoutés, en effet, mais parce que leurs vues concordaient avec les
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su'nnes. Dans le juiji'ment de /'histoirr, ccst lui fatalement qui portera la responsabilité des malheurs dont r Europe a été accablée. » (V. l»aron Beyens, L'Allemar/ne avant la guerre, [I. il, (t. van (JEst, éditeur, Paris. ^
l'^n outre, (ju'on ne s'y trompe pas, grâce à l'intense propagande pangermaniste faite dans lout l'Empire depuis vingt-cinq ans, sur Tordre (le Guillaume II, celui-ci, en déclarant la guerre, a été soutenu dans sa décision, non seulement par tous les cercles inlluenls de l'opinion allemande,
^mais encore par la très grande majorité du peuple allemand. Un Allemand fort notoire, Maximilien
*Harden, l'a reconnu formellement dans sa revue /Aikunft en novembre 1914 lorsqu'il a écrit :
( Cette guerre ne nous a pas été imposée par surprise. Nous Cavons voulue, nous devions la vouloir. VAlleînagne la fait en raison de la conriction immuable que ses œuvres lui donnent droit à plus de place dans le monde et à de plus larges débouchés pour son activité. » (Cité par Le Temps, 20 novembre 1914.)
Or c'est après avoir ainsi dressé et perfectionné pendant plus de vingt ans le plan pangermaniste de la conflagration européenne que
Guillaume II a eu la prodigieuse audace de déclarer, dans son Manifeste au peuple allemand du l*"" août 1915, après avoir ensanglanté l'Europe depuis un an : « Devant Dieu et devant l'Histoire, je jure que ma conscience est nette: je n'ai pas voulu la guerre ».
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