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le plan pan germaniste de 1911. On a vu, p. 169, quelles colonies portugaises ce plan visait particulièrement. Or, en 1912, le gouvernement de Berlin préparant ardemment et astucieusement sa guerre européenne sur la base de l'abstention de l'Angleterre qu'il s'agissait d'endormir par l'avantage de profits coloniaux momentanés avait, dans des négociations offlcieuses avec Lord Haldane, tenté de s'entendre avec le cabinet de Londres pour partager les colonies portugaises d'Afrique.
Ces colonies (Iles Açores, Madère, du cap Vert, du Prince, de Saint-Thomé, Guinée, Angola, Mozambique), dont la carte ci-contre donne la vue d'ensemble, ont une grande importance pour le Portugal. Avec leurs 2 millions de kilomètres carrés et leurs 8.300.000 babitants, elles sont les restes imposants du magnifique empire colonial portugais de jadis; elles constituent donc une base essentielle pour le commerce portugais et surtout pour une future renaissance économique du Portugal que, très naturellement, le gouvernement de Lisbonne voudrait pouvoir provoquer.
Dès l'ouverture des bostilités européennes, les Allemands, escomptant leur victoire en Europe, avaient cnvabi l'Angola et c'est seulement tout récemment que les soldats portugais ont réussi
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il les tu chasser. L'«Uat de g^uerre existait donc, on fait, depuis longtemps entre le Portugal et l'Allemagne et c est celle-ci (jui en avait pris f initiative. Le gouvernement portugais s'est ainsi trouvé, dès le début, avoir des raisons multiples et concordantes d'éj)rouver de la sympathie pour la cause des Alliés. Il la leur a témoignée d'ailleurs de la façon la plus elleclive dans toute la mesure de ses moyens.
Kn représailles des incessantes intrigues allemandes sur son territoire continental et des actes de guerre commis sur son territoire colonial par des soldats de Guillaume II, le Portugal a fini par saisir les nombreux navires allemands qui se trouvaient internés dans ses ports depuis le début de la conflagration européenne.
L'Allemagne a riposté, en mars 1915, par une déclaration officielle de guerre qui, en rtalité, n'a fait que sanctionner un état de choses existant depuis longtemps par suite de l'agression allemande sur l'Angola.
Dès cette rupture officielle accomplie, le Portugal a parfaitement saisi que, pour sauver son existence, il devait s'engager à fond aux côtés des Alliés. Le 25 mars 191 G, le ministre de la Guerre portugais a lancé un ordre à l'armée dans lequel il dit :
« Quiconque a suivi avec une anjiétè patrio-
tique les actes de l' Allemagne depuis la conférence de Berlin de 1885 ne peut douter que sa victoire représenterait la perte de nos colonies, peut-être même de notre nationalité .
« Nous devons tous^ par suite, bien graver dans notre esprit que les combats qui se livrent actuellement sur tant de points du monde sont des combats qui nous touchent de très près, que cette guerre est notre guerre, la guerre pour notre liberté, pour notre indépendance , pour l'intégrité du territoire de la pairie et que noits devons la faire là où notre action 7nilitaire pourra frapper le plus efficacement le pouvoir de l'Allemagne...
« Il faut que la haine pour l'Allemand ennemi et barbare soit répandue dans les cœurs de tous, et pour qu'elle s'établisse et pénètre dans l'armée, il devient nécessaire qu'on explique au soldat les raisons de cette guerre, qu'on lui raconte les offenses que nous ont infligées les Allemands, qu'on lui fasse comprendre les intentions et les projets de l'Allemagne à l'égard des petites nations comme la Belgique, comme la Serbie, comme le Portugal. »
Cette proclamation du ministre de la guerre portugais mérite d'être retenue car elle exprime fort exactement les sentiments généraux qui deviendront ceux des États encore neutres au