I. Le lien existant entre le plan pangennaniste et le
plan d'hégémonie bulgare.
II. La Grèce et les ambitions pangermanistes. ni. La Roumanie et le plan pangermaniste.
En raison du fait qu'ils font géographiquement partie de la zone Hambourg-Golfe Persique, les États des Balkans sont d'une importance extrême soit pour la réalisation, soit pour Tanéantissement du plan pangermaniste tout entier. Au surplus, les événements se sont chargés de démontrer aux plus sceptiques rinfluence de ces États sur révolution de la lutte. L'opinion publique, alliée ou neutre, doit donc saisir très nettement combien étroit est le rapport existant entre les facteurs balkaniques et le plan pangermaniste universel.
Il ne peut s'agir ici que des facteurs balkaniques fondamentaux, de ceux ayant un caractère durable et permanent et non pas de Tattitude de certains gouvernements de la péninsule orien-
laie, ^ette attitude, depuis un an surtout, est singulifereraent vacillante. Elle subit, en effet, l'action des influences parasitaires allemandes qui, par Tintermédiaire des liens dynastiques des familles régnantes, renforcés par les intimidations berlinoises, s*exercent sur ces gouvernements contrairement aux intérêts nationaux que ceux-ci ont cependant à défendre. D'ailleurs, une entière équité oblige à reconnaître que les fautes diplomatiques commises par les Alliés, surtout en 1915 on raison de ïeurs faibles connaissances des réalités balkaniques, a singulièrement favorisé le succès des influences germaniques.
Ainsi, par exemple, à Athènes, le cabinet actuel, constitué d'ailleurs à la suite de dissolutions arbitraires du Parlement hellène et, par conséquent, dépourvu de toute autorité constitutionnelle, pratique sous l'impulsion du roi Constantin, beau-frère de l'empereur Guillaume II, une politique que tous les Grecs autorisés et libres de parler considèrent comme désastreuse pourles intérêts vitaux de l'Hellénisme. De môme à Bucarest, des Roumains éminents critiquent très vivement l'attitude du cabinet Bratiano. Ainsi La Roumanie^ organe de M. Take Ionesco, à propos du récent accord commercial germanoroumain vient d'assurer ; « Cet accord fait de
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la Roumanie la dupe de TAliemagne ». (V. Lç Journal^ 20 avril 1916.) La décision finale de certains gouvernements balkaniques est donc pour Tinstant encore en suspens, mais quelle qu'elle soit, chacun des peuples balkaniques verrait inéluctablement ses intérêts futurs servis ou menacés par le triomphe du plan pangermaniste Ce sont ces vues d'avenir qu'il importe de dégager. Pour le Monténégro et la Serbie, tout examen est inutile tant il est évident que la victoire allemande signifierait pour ces deux États la disparition définitive et sans appel.
Il en est autrement pour la Bulgarie. A la vérité, la clef de toute la situation balkanique réside dans le plan d'hégémonie bulgare qui, comme on va le constater, se raccorde étroitement, au moins dans son principe, avec le plan pangermaniste.
Il y a longtemps qu'on l'a dit, les Bulgares sont les Prussiens de TOrient. Or, c'est leur idée fixe de réaliser à tout prix leur rêve de domination balkanique qui a amené les Bulgares à faire leur jeu avec Berlin sans comprendre que si dans une première phase, ils pourraient bénéfi-
cier de celle combinaison, ils seraient finalement les victimes de la Pangermanie.
Les prétentions des Bulgares à rhégémonie, encore plus ignorées que le plan pangermaniste.