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INTRODUCTION

Le plexus brachial chez les Vertébrés a déjà fait l’objet de nombreux travaux et parmi ceux-ci le plexus humain a certainement la plus large part. Cependant si l’on examine les figures et les textes des différents auteurs, on note aisément des divergences profondes. Souvent la description du plexus proprement dit est incomplète ou même inexistante dans beaucoup de traités classiques anciens. Ailleurs la description précise du dispositif nerveux reste trop schématique et est accompagnée d’un long paragraphe où les variations et les anomalies sont abondamment énumérées. Pour certains enfin, l’irrégularité constante du dispositif plexiforme est la règle. Il est évident du reste que, devant la diversité que présente le plexus brachial, les auteurs ont cherché à simplifier de plus en plus le schéma qui l’explique et se sont vus, dès lors, obligés d’exposer au chapitre des dispositions anormales, les formations nerveuses qui s’éloignaient de leur description.

Au cours des recherches que nous avons effectuées, il nous a semblé cependant que la description purement morphologique groupait des faits disparates et qu'aucun lien ne semblait pouvoir réunir. Nous avons pensé que, si l’étude de la forme extérieure avait une importance réelle, la recherche des causes qui ont provoqué la formation du plexus brachial pouvait être très utile. Or les différentes lois qui influent sur une morphologie organique peuvent être, sans doute, d'ordre individuel; elles peuvent aussi traduire des influences d'ordre plus général et dont la connaissance peut présenter un grand intérêt. Sans vouloir affirmer qu'il existe toujours des relations de cause à effet entre les dispositifs des animaux inférieurs et ceux des animaux supérieurs, sans vouloir prétendre, en un mot, que les uns dérivent des autres, il se peut que les dispositions soient

observées dans des conditions (genre de vie, forme du membre, extension de la racine du membre, etc..), telles que nous nous trouvions dans la possibilité d’en tirer quelque lumière pour interpréter les formes de plexus en apparence très compliquées. Nous avons pu vérifier que ces exemples abondaient. Dans le présent travail, nous n’avons nullement l'intention de multiplier encore les descriptions déjà fort nombreuses. Notre but est de pouvoir interpréter et si possible expliquer les raisons qui ont amené la formation du plexus et provoqué ses nombreuses variations. On se borne généralement dans un exposé purement morphologique à décrire un plan ventral, un plan dorsal des troncs primaires supérieur, moyen, inférieur. Il nous semble fort intéressant de connaître dans ce complexe ce qui est le plus constant, ce qui fut le plus anciennement formé et ce qui fut le plus récemment acquis. Les origines variables du médian, le comportement parfois si différent du musculo-cutané sur les sujets de même race, les variations multiples que l’on peut observer dans les formations nerveuses du plan postérieur ne sont pas dus souvent à des causes inexplicables. Ces troubles témoignent, dans la très grande majorité des cas, d’un arrêt de développement ou reproduisent une disposition absolument normale chez une espèce voisine. Est-il possible de savoir si le plexus à intrication complexe, serré, condensé, est une preuve d’adaptalion à des mouvements de plus en plus nombreux et perfectionnés ? N’est-il que l’expression d’un entrelacement des éléments constitutifs du membre ? Le nombre des racines varie souvent. Dès lors, quel sens convient-il de donner à cette constatation ?

Toutes les questions précédentes et bien d’autres encore que nous tenterons de résoudre prouvent que notre désir est, après chaque description d’un certain nombre de plexus, d'interpréter plus que de décrire les formations envisagées. Notre but est, après lexamen des nombreuses dissections exécutées, toutes enregistrées et dessinées, de voir dans quelles conditions ont varié les racines, d'étudier leur nombre, leur volume, leur division, leur inclusion dans le plexus. Nous analyserons ce groupement complexe qu'est le plexus brachial, afin de voir quelle raleur il faut accorder à chacun de ses éléments. Ainsi, grâce aux données de l’anatomie comparée, puis de l’expérimentation, pourrons-nous peut-être mieux expliquer le plexus qui nous intéresse au plus haut chef : le plexus humain.

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Dans ce travail, nous poserons immédiatement des limites précises à nos recherches. Le plexus seul nous intéresse, sa formation, son évolution, ses variations. Il nous arrivera, certes, de faire quelques incursions hors du cadre tracé. Tel animal, par exemple, dont la masse pectorale est proportionnellement très forte, a peut-être des raisons d’avoir des innervations multiples et complexes de ces muscles : cependant, c’est l’origine seule et le nombre des nerfs, leur formation, leur mode de sortie en dehors du plexus qui priment à nos veux la disposition ultérieure des nerfs considérés. Tous les exposés explicatifs que nous comptons faire en dehors du cadre tracé seront, pour nous, secondaires et ne seront produits que comme des arguments complémentaires pour étayer un fait ou une idée.

Nous ne nous occuperons pas davantage du sympathique brachial ni de certains rameaux collatéraux qui n’influent pas sur la forme du plexus.

Il convient cependant de définir exactement quelles sont les limites que nous assignons au plexus brachial. Chez Homo, elles sont précises; mais dans certaines espèces où la partie crâniale du plexus est moins nettement dessinée que la zone caudale nous serons obligés d’avoir des repères exacts. Nous verrons ailleurs que, primitivement, le plexus brachial ne fut qu’une portion assez faible du grand plexus cervico-pterygial de FÜR- BRINGER. Puis il se dessine plus nettement, il s’isole ensuite et la région intermédiaire peut aller dans certains groupes jusqu’à un segment entier. Dans son gros travail sur le plexus cervicobrachial des Primates, Bozk établit ainsi les frontières : Le premier nerf du plexus est celui qui va à la musculature zonostylopodiale. Ce nerf, duquel le nerf sus-scapulaire tire quelques fibres, est le premier en direction crânio-caudale qui se fusionne au plexus. Son numéro d’origine est variable suivant les espèces (4°, 5° ou 6°). Etant donné le mode de ramescence de cette racine qui est parfois compliqué, on peut éprouver quelques difficultés.

La frontière inférieure est plus facile à identifier. Nous prendrons comme limite le dernier nerf thoracique qui, en direction crânio-caudale, donne encore un rameau au complexe nerveux. Ainsi le plexus brachial peut être défini comme étant l’ensemble des nerfs spinaux qui innervent la peau et les muscles de lextrémité, étant bien entendu que ces nerfs, dès qu'ils s'engagent dans le membre supérieur, se réunissent entre eux pour consti-

tuer le plexus. Ceci comporte une restriction. On peut établir comme règle qu’une partie de la peau et spécialement la partie médiale est innervée par des faisceaux isolés qui ne foñt pas strictement partie du plexus. (Rameau latéral du 2° intercostal chez le Cercopithèque, le Chimpanzé et l'Homme.) Dans ces cas, le 10° nerf spinal ne sera pas compté comme nerf du plexus, s'il prend part seulement par son seul rameau perforant à l’innervation du bras. Ainsi, nous limiterons le plexus au groupe des racines formatrices de l’entrelacement plexiforme proprement dit, nous réservant d'étudier séparément les racines qui ne prennent qu’une part secondaire à l’innervation du membre chaque fois que la chose nous sera utile. Ceci, du reste, ne constituera pas le moindre intérêt de l’analyse, puisque, le plus souvent, ces racines seront des nerfs-frontière, nous indiquant soit l'extension, soit la diminution, donc la fixation crâniale ou ‘audale du groupe nerveux brachial.

Notre matériel d'étude s'étend à tous les groupes des Mammifères. Nous ne donnons pas ici la liste complète de tous les animaux étudiés qui serait trop longue et fastidieuse. Nous indiquerons, en tête de chaque chapitre, quels furent les individus envisagés pour chacun d’eux. L’étude de la grosse majorité de ces animaux nous fut possible grâce à l'extrême obligeance de M. le Professeur ANTHONY et de M. le Professeur VALLOIS, à qui nous adressons ici l'expression de notre vive gratitude. Au total, le nombre des dissections personnelles s'élève à 450.

Au cours de nos recherches, nous avons cherché à établir deux groupes de faits :

1° Quelles sont les variations du plexus sur un nombre donné d’animaux appartenant à des espèces différentes;

2° Quelles sont les variations du dispositif nerveux sur un nombre d'individus semblables pris à l’intérieur d’une espèce donnée.

La première proposition à comporté la dissection, le commentaire écrit et la reproduction par le dessin exact de tous les animaux envisagés, des fœtus humains et des plexus humains adultes. La deuxième question a été envisagée sur 50 plexus de brebis faciles à obtenir, sur 100 fœtus humains d’âges divers et sur 100 plexus humains adultes provenant de trois séries de dissections de la Faculté de Médecine de Toulouse.

Dans une deuxième série de recherches, nous nous sommes attaché à étudier, par l’expérimentation, la topographie des fibres à l’intérieur du plexus et la physiologie du complexe nerveux.

Ces recherches ont été entreprises en collaboration avec MM. LASSALLE, préparateur de Physiologie et STILLMUNKÈS, préparateur de Pathologie expérimentale à la Faculté de Médecine de Toulouse, que nous remercions ici de leur concours.

L'historique critique ne sera pas fait en bloc en tête du travail, Nous préférons analyser séparément les faits à chacun des chapitres en les comparant aux données personnelles que nous pouvons apporter.

Le plan du présent travail sera donc le suivant :

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