SCÈNE III
FRÉDÉRIC , seul.
Il est donc vrai !.. il n’y a plus de doute; et j’aurai fait deux cents lieues pour arriver au moment où la perfide s’uuit à un autre... M. de Saint-André m’avait bien écrit que sa fille aînée allait épouser , à la fin du mois , M. Bonnemain , un receveur-général.
Air: Depuis long-temps j'aimais Adèle.
A cette funeste nouvelle.
Dont mon cœur , hélas ! a frémi ,
Pour réclamer la main d'Estelle,
J'ai tout quitté , je suis parti.
Mais, malgré ma course rapide,
Pour arriver, j’aurai mis plus de temps Qu'il n'en fallut à la perfide Pour oublier tous ses serments.
Et dans quel moment viens-je d’apprendre sa trahison ?... lorsque la fortune me souriait.... lorsqu’un opulent héritage me permettait de rendre heureuse
celle que j’aimais... Amour, richesses... j’apportais tout à ses pieds : et je la trouve au pouvoir d’un autre !... clic qui avait juré de m’aimer toujours... de résister même aux ordres de sa famille !.. Mais , que dis-je... peut-être a-t-elle été contrainte !... peut-être la violence seule a pu la décider !.. Ah s’il en est ainsi! Je trouverais bien encore le moyen de la soustraire à mon rival... il a dû recevoir deux lettres de moi ; et puisqu’il n en a tenu compte... aujourd’hui même , sa vie ou la mienne... Qui vient là?... modérons-nous et tâchons de savoir la vérité.