L — DEFINITIONS
Sous le terme de pneumothorax, il faut entendre le pneumothorax spontané. En effet, chez l'adulte, le jeune enfant, et même depuis peu chez le nourrisson, le pneumothorax thérapeutique est employé d’une façon courante, moins peut-être pour ce dernier. Chez le nouveau-né — ce terme sera défini dans un instant — il n’est pas question d’employer le pneumothorax dans un but thérapeutique. C’est donc du pneumothorax spontané qu’il s’agira ici. Et si ce terme évoque immédiatement et avec raison l’idée de tuberculose chez l'adulte, lenfant et même le nourrisson, au contraire, chez le nouveau-né, le pneumothorax n’est jamais tuberculeux. C’est ce qui ressort de l’examen attentif des observations rapportées; et cela n’est pas en contradiction avec les connaissances que l’on peut avoir d’autre part sur la tuberculose dans le très jeune âge. C’est ce qui fait un des côtés intéressants de cette question très limitée.
Sous ie terme de nouveau-né, on désigne l’enfant, du moment même où il vient au monde jusqu’à la fin de la quatrième semaine. Cette limite est arbitrairement fixée, pourtant elle est justifiée par des consi-
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dérations d'ordre physiologique. Ed. Weill et M. Péhu, in Précis de Médecine Infantile, estiment en effet que le premier mois passé, les grandes fonctions sont définitivement établies sur le type extra-utérin.
A la naissance, la plupart des systèmes et des appareils ne remplissent qu’un rôle incomplet ou ébauché. Le cœur ne prend le rythme extra-utérin — non fœtal -— qu’au bout de quelques heures : il est nécessaire que le circuit cardio-pulmonaire soit plus ou moins parfaitement établi ; de son côté, la fonction respiratoire s'établit plus vite. Aux cris du nouveau-né, semble correspondre une expansion pulmonaire plus ou moins large. Pourtant tout le système aérien n’est pas, dès ce moment, pénétré par l'air inspiré. Ainsi que certains auteurs, et en particulier Wilson, ont pu le préciser, c’est seulement au bout de quelques semaines, qu’à l’atélectasie physiologique du poumon fœtal, doit succéder un déplissement total et complet de larbre aérien. Vraisemblablement ce déplissement s’opère par départements, par aires successifs. Une inégalité de pression dans les alvéoles pulmonaires en découle qui, dans certaines conditions, peut entraîner pour la plèvre des conséquences pathologiques : distension et même rupture.
Dans les premiers jours, le sang, les fonctions digestives, la peau, l’ombilic subissent des modifications sur lesquelles il n’est pas nécessaire de s'étendre ici, mais qui ont, anatomiquement et physiologiquement, une importance considérable. Une crise « pubertaire »
se déclenche chez certains nouveau-nés. L’ictère com-
mun constitue une particularité que l’on ne retrouve pas plus tard dans la vie. Il est donc légitime de réserver aux premières semaines une place spéciale et dans la physiologie et dans la pathologie.
De plus, quand il.est expulsé du sein de sa mère, Penfant subit des influences mécaniques d’autant plus fortes que l'accouchement a été plus difficile. Souvent une intervention a été rendue nécessaire pour sauver la vie de l’enfant.
À peine né, s’il est étonné, ne respire pas, on tentera par toutes sortes de moyens — quelquefois un peu brutaux — de provoquer le réflexe respiratoire : frictions sur le thorax, aspiration de mucosités, soit avec un cathéter, soit avec une petite sonde, ou encore tout simplement nettoyage sommaire de l’arrièregorge avec le.doigt encore ganté, insufflatior d’air bouche à bouche, injections hypodermiques de tonicardiaques et de substances stimulantes, voire mmême — et en désespoir de cause — intracardiaques d’adrénaline… ù
Donc, au seuil de cette période de transition. l’enfant est soumis à toutes sortes de manœuvres, tandis
qu'il est un être instable, vulnérable, peu résistant.
- His ES. OR DR) CRETE