Liv. XV. 70. — 3. 1. I, 2W
Le voluptueux Propcrce, qui était bien loin d’étre un sage, mais qui se flattait de le devenir avec les années, réserve à sa vieillesse le noble plaisir d’étudier les lois de la nature. Il indique d’avance, d’après Lucrèce, les questions qu’il aimerait à résoudre sur le ciel, sur les saisons, sur la mort, sur les enfers :
Tiim mibi naturæ libeat perdiscere mores...
Tisiphones atro si furit angue caput...
Ân ficta in miseras descendit fabula gentes Et limor haud ultra quam rogus esse potest*.
11 n’est pas jusqu’au faible Tibulle, tout entier à ses amours, qui ne soit plus ou moins tenté par la science. Deux fois il déclare qu’il ne chantera pas ces merveilles de l’univers, qui sans doute sollicitaient sa curiosité, mais qui effrayaient son débile courage. Même sa Délie ne le possède pas au point qu'il n’ait une pensée pour ces problèmes :
Alter dicat opus magni mirabile mundi*...
Peu à peu dans la poésie latine cette universelle célébration de la- physique dégénère en lieu commun. Sénèque le tragique, dans sa pièce à’Octavie, chante indiscrètement sur la scène ces difficiles études, mais il les chante, si l’on peut dire, sur le mode stoïcien *. Stace à son tour trace le même pro-