De rnptu Proscrp, î
pour séduire? Était-ce la satisfaction d’une savante curiosité? Non, les Romains n’ont jamais montré de goût pour la pure spéculation, ni pour la science désintéressée. Hais cette explication, quelle qu’elle fût, de la nature avait du moins le mérite d’expliquer quelque chose. Elle faisait évanouir des fables insensées ou terribles, elle enlevait l’âme à des peurs confuses, elle mettait de l’ordre dans les esprits comme dans l’univers. Les lois de la nature proclamées par Lucrèce peuvent nous paraître aujourd’hui fausses ou dangereuses, mais du moins c’étaient des iois. Les Romains se contentèrent à jamais de cette physique, que peu à peu ils confondirent avec celle de l’école stoïcienne, en bien des points semblabie et conforme. La poésie de Lucrèce fut pour les Romains la première aurore de la science, aurore chaimante, saluée avec joie, mais qui ne devait pas amener après elle la lumière du soleil, et qui jusqu'à la ûu du monde antique resta une aurore.
CnAPITRE VIII.
FORMATION DE l’uNIVERS. — APPARITION DE l’HOUME