Des Oracles
pédocle devait d'ailleurs saisir les âmes par un certain mysticisme qui se trouve mêlé à ses explications physiques de la nature. 11 ne s'adresse pas seulement à la raison, comme Lucrèce. Sa philosophie, qui n'a pas rompu a\ec les fables et les mythes de l'antique religion, se compose souvent d'allégories. On sait aussi qu'il admettait la métempsycose et qu'à ses yeux l'homme est un être déchu (jui expie dans ce monde une faute qu'il a commise avant de descendre sur la terre : « Triste race de mortels... De quelle dignité, de quel bonheur je suis tombé parmi les hommes! »
L'iiomme est un dieu tombé qui se souvient des cieux*.
On se demande comment ce poëte mystique, qu'on peut appeler, avec Aristote, un naturaliste tbéologien, comment ce pieux révélateur des mystères divins a pu servir de modèle à un poëte contempteur de la Divinité. C'est que le poëme d'Empédocle expos.iit une physique qui, sans être semblable à celle d'Épicure, fournissait pourtant à un épicurien des vues, des images, des expressions poétiques qui pouvaient s'adapter à un système dilFérent. Il nous faut dire quelques mots de cette physique, parce qu'on a coutume de parler des imitations de Lucrèce, sans rien préciser.
Empédocle, comme on sait, avait établi les quatre éléments, en faisant faire un grand pas à la science