‹ Le poëme de Lucrèce [microform]; morale, religion, scienceChapitre 69 sur 73 · Ilist» nat., vanélés dans l*e,^oàce humaine · texte numérisé non relu

Ilist» nat., vanélés dans l*e,^oàce humaine

cris différents qui sont devenus peu à peu des paroles, comme les animaux qui expriment par des sons variés la crainte, la douleur, la joie.

Quum pecudes mutœ, quum denique secla foraruin

Dissimiles soleant voces variasque ciere,

Quum motus aut dolor est, et quum jam gaudia gliscunt

Il s'oppose à Pythagorc et à Platon qui préten daient qu'un être supérieur, un homme de génie avait inventé seul un langage tout fait et l'avait ensuite appris aux autres. La théorie de Lucrèce occupe encore aujourd'hui une grande place dans la science, et les philosophes qui ne l'adoptent pas prennent du moins toujours la peine de 'a réfuter.

Selon Lucrèce le langage est si naturel que le petit enfant, dont l'organe n'est pas encore formé, essaie déjà de se faire comprendre par signes et laisse voir ainsi qu'il se sent fait pour parler un jour. Ce naïf effort est comme la première et lointaine révélation de cette faculté qu'il n'aura que plus tard. La démonstration de Lucrèce est aussi précise que poétique :

L'enfant muet encor déjà parle du geste, Montrant du doigt l'objet qu'il aime ou qu'il dtHeste. Tout être est averti de son futur pouvoir Dont il tente d'user môme avant de l'avoir: Vois le jeune taureau qui, la tète baissée, Menace do la corne encore non poussée ; Bien avant d'être armé do la griffe ou la dont. De la gueule et des pieds un lion se défend ;

LE CIiNQUlÈME LIVRE.

Surpris dans son berceau, l'oiselet le plus l'rôle

Se conûe au duvet tremblotant de son aile^ (V, 4029.)

Est-il surprenant que Thomme, ayant reçu de la nature un organe délicat, ait poussé, selon ses diverses sensations, des cris différents qui sont devenus peu à peu des paroles, quand les animaux, même les plus sauvages, expriment par des sons variés la crainte, la joie, la douleur, et tous les sentiments avec leurs nuances.

Quand l'énorme molosse au seuil de la maison Se dresse inquiété par un premier soupçon Il gronde sourdement; les lèvres retirées, Il traîne un lent tonnerre entre ses dents serrées ; Mais si l'obscur soupçon devient clair sentiment, Sa fureur se déploie en un vaste aboiement. Et lorsque sous sa langue et sa patte innocente II roule, en se jouant, sa famille naissante, Que sous «a dent terrible il lève son enfcint Et feint de l'engloutir, heureux et triomphant, Son petit cri d'orgueil et son murmure tendre N'est pas ce hurlement si long qu'il fait entendre.

1 . Non alla longe ratione atque ipsa videtur Protrahere ad gestum pueros infantia linguaî, Cum facit ut digito quaî siiit praisentia monslrinit» Sentit enim vim quisquc suam quoad possit abuti. Cornua nata prius vitulo quam frontibus exstent, mis iiatus petit atque infensus inurget; Ai catuli paiitherarum, scymnique leonuni Unguibus ac pedibus jam tuin morsuquc repugnanf, Vix etiam cum sunt dentés ungucsque creati ; Alituuni porro genus alis omne videnius Fidere, et a peuuis tremulum peture auxiiiatum»

Quand seul dans sa prison il se pleure oablié. Que coupable et rampant du maître il fuit le pié.

Du hennissant coursier l'accent est-il le même Quand il suit, crins au vent, la cavale qu'il aime, Que tout élincelant déjeune grâce il court Éperdu sous un trait, le trait ailé d'amour, Ou quand ses fiers naseaux appellent la bataille, Ou que sous un effroi son vaste corps tressaille?

Les slupides oiseaux, faucons, brigands des airs, Et plongeons demandant leur vie au flot des mers Font parler autrement ou leur crainte ou leur joie Ou leur fureur criarde en disputant la proie. Môme il est des oiseaux dont les rauques chansons Changent selon l'humeur des mobiles saisons. Des corbeaux par les cieux quand fuit la noire bande, Par des cris différents elle annonce et demande, Comme un devin, dit-on, qui prévoit l'avenir, La pluie ou l'aquilon, l'orage et le zéphyr.

Puis donc que l'animal et muet et sauvage Dans ses transports divers trouve un divers lancaee L'être humain, mieux doué, par de plus clairs instincts Dut pouvoir aux objets donner des noms distincts'.

1. Irritata canum cum primum magna molossùm MoUia ricta fremunt duros nudantia dentés. Longe alio sonitu rabie restricta minantur, Et cum jam latrant et vocibus omnia compit^nt : Et catulos blande cum lingua lambcre tentant, Aut ubi eos jactant pedibus, morsuque pctentes, Suspensis teneros imituntur dentihus haustus, Longe alio pacto gannitu vocis adulant.

Et cum deserti baubantur in œdibus, aut cum Plorantes fugiunt summisso corpore plagas.

Sur rorisine des religions ses idées peuvent choquer plus dune doctrine, mais si elles ne rendent pas compte de tous les laits religieux qui se sont passés dans le monde, elles expliquent du moins, avec la plus énergique précision, l'établissement des cultes antiques, qui ne sont fondés que sur la terreur. Ces vues ont paru si justes à BufTon qu'il les a reprises dans sa Septième époque, en retraçant 11 est vrai, d'une main plus légère et plus circonspecte, ce que Lucrèce peignait hardiment avec la violence d'une irréligion déclarée.

11 y a dans ce livre des vers hien remarquables sur les progrès de Tinduslrie. Le savant poète estime que de la découverte du feu date le commencement de toute civilisation. Il entrevoit ce que

Denique, non liinnitus item differre videtur, Inter equas ubi equus florenti aetate juvencus Pinnigeri saivit calcaribus ictus Amoris Et fremituin patulis ubi naribus edit ad arma Et cum sic alias concussis artubus hinnit? Postremo, genus alituum variaeque volucres, Accipitres atque ossifragae niergique marinis Fluctibus in saiso victum vitamque petentcs. Longe alias alio jaciunt in tempore voces. Et cum de victu certant pruedx»que répugnant.

Et partim mutant cum teaipestatibus una Raucisonos cantus cornicuni secla vetusta Corvorumque grcges, ubi aquam dicuntur et imbrcs Poscere, et interdum ventos aurasque vocare.

Lrgo, si varii sensus aniinalia cogunt.

Muta tamen quom sint, varias emittere voces; Quanto niortales magis aequum est tum potuisse Dissiniilcs alia atque aiiu res voce noliiie?

l'archéologie la plus récenle vient seulement de démontrer, à savoir la succession des trois ûges de pierre, de bronze, do fer :

Arma anti(jua manus, ungueà, dentesque fuerunt Et lapides, et item silvarum fragmina rami... Et prius aeris erat quam ferri cognitus usus.

Tout dans cette difficile peinture n'est pas d*une égale exactitude. L'imagination du poëte supplée quelquefois, non sans naïveté, k la science impuissante du philosophe. Ainsi, Lucrèce assigne une singulière origine à la propriété. Il imagine que les rois firent le partage des terres et des troupeaux en donnant plus ou moins h chacun de leurs favoris en proportion de sa beauté ou de sa force, parce que, en ce temps-là, c'étaient les qualités qu'on estimait le plus. Observation juste, faite bien souvent par les voyageurs anciens et modernes qui ont décrit les mœurs des peuples barbares. Mais l'existence même de la royauté suppose déjà que les hommes avaient quelque chose à défendre et, en admettant même qu'elle ne fût d'abord qu'une usurpation et une tyrannie, elle n'aurait pas eu d'intéijèl à s'établir si les sujets n'avaient rien possédé. Avec plus de vraisemblance, Buflbn et Rousseau pensent que ce fut la culture des terres qui amena leur partage et que la propriété dut fonder les gouvernements et les premières règles de justice. La plus haute antiquité n'a-t-elle pas donné à Cérès l'épithète de législatrice? Dans la suite de ce tableau

l'imagination de Lucrèce, se montrant plus naïve encore, se figure que les rois ont élé renversés et mis à mort par une révolution populaire et que, pour sortir de l'anarchie, on institua des magistratures. Il semble calquer l'histoire des sociétés primitives sur celle de Rome, il pense sans doute à l'expulsion des Tarquins et à l'établissement du consulat, et fait du reste une belle peinture d'une démocratie républicaine, qui n'a que le défaut d'être placée dans les premiers temps du monde :

Les rois morts sous le fer, leur sceptre ensanglanlé,

De leur Irône en débris l'antique mnjeslé,

Et leur bandeau superbe, épars dans la poussière,

Pleuraient leur déshonneur sous le pied populaire.

Tenir sous son talon ce qu'on a redouté

Pour qui trembla longtemps c'est rage et volupté

Mais comme au plus vil peuple il allait dans sa chute

Ce pouvoir convoité que chacun se dispute,

Sur la foi du plus sage on proposa des lois

Avec des magistrats gardiens de tous les droits.

Par la lui te épuisée alors la race humaine

Comprenant le bienfait d'une commune chaîne,

Chacun prêta son front et reçut sans ennui

Un joug qu'on imposait aux autres comme à lui *.

Ergo, regibus occisis, subversa jacebat Pristina majestas soliorum et sceptra superba; Et capit.s siinimi praîclarum insigne cruentiim Sub pedibus viilgi magnum lugebat honorem : Kam cupide conculcatur nimis anie metutum.

Hes itaque ad sunimam fœcem turbasque redibat, Inipcrium sibi cum ac sunimatum quisque petcbat.

On retrouve ailleurs ce m^Mne mëlange de vérild et de fantaisie, par exemple, dans le tableau où paraît la suite des inventions guerrières qui commencent avec la première industrie et que depuis le génie humain n'a cessé de pousser jusqu'à la perfection la plus destructive. Que l'homme, après la découverte du fer, s'en soit forgé d'abord une arme, qu'il ait fait du cheval l'irrésistible auxiliaire de sa fureur; qu'il ait lancé sur l'ennemi des chars meurtriers et même certains monstres sauvages plus ou moins difficiles à discipliner, toute l'histoire ancienne est là pour le prouver; mais ([u'il ait dressé pour le combat les taureaux, les sangliers et les lions, aucun fait, ce me semble, ne permet de l'affirmer. Combien des alliés si terribles et d'une humeur si brutale eussent été dangereux pour ceux qui les auraient employés, Lucrèce le sait lui-même, à en juger par sa propre peinture, si poétiquement tumultueuse :

Quand le fer fut trouvé, le hardi combattant

Dompte un cheval farcucho, ose en presser le flanc,

Et sur les ennemis par les airs il s'enlève.

Le frein dans une main et dans l'autre le glaive.

Bientôt au môme joug unissant deux coursiers,

11 dirige debout le vol des chars guerriers

Et, pour mieux moissonner dans les champs du carnage,

Inde magistratum partim docucru crcare, Juraque coiistituere, ut vellunt- legibus uti. Nam genus humanum, defessum vi coleru œvom, Ex inimicitiis languebat; quo magis Ipsum Sponte sua cecidit sub leges arctaque jura.

D'un char armé de faux le quadruple attelage. Ce n'est pas tout encore, et l'Africain apprend Au monstre dont la trompe est un hideux serpent A porter une tour et l'horreur de sa taille Et son poids dans les rangs de la vaste bataille. C'est ainsi que la guerre, habile en ses fureurs, Sans cesse imagina de nouvelles terreurs. En donnant aux mortels acharnés à se nuire D'efl'royables leçons dans l'art de se détruire. Même l'on essaya pour ces sanglants travaux La dent des sangliers, la corne des taureaux; Plus d'un chef imprudent s'avança dans la plaine Précédé de lions que tenaient à la chaîne, Sous remj)ire du fouet, de rudes conducteurs Qui devaient en régler les sauvages ardeurs. Espoir vain ! Par le btuit, par le sang animées, Ces bètes au hasard plongent dans les armées; Partout flotte et bondit leur crinière: les ranss S'ouvrent épouvantés sous d'afl'rcux cris errants. Le coursier n'écoulant frein, ni voix, ni caresse Se refuse aux combats immobile, et se dresse. Les lions en tous sens par leur rage entraînes Ou retournent sur ceux qui les ont déchaînés, Ou bien sur un fuyard s'élançant par derrière S'abattent avec lui dun bond dans la poussière, Et sous l'ongle et la dent le tenant emijrassé. De leur énormité pèsent sur le blessé. * (V, 1296.)

1. Et prius est armatum in cqui consccndere costas, Et nindcrarier hune frenis dcxtraque vigere, Quam bijngo ciirru belli tentare pericla. Et bijugum prius est, quam bis conjungcre binos, Et quam falciferos armatum ascendere currus. Inde boves Lucas turrito corpore, tetros, Anguimanus, belli docuerunt vohiera Pœni Suflerre, et magnas Martis turbare catcrvas.

La plus incontestable vérité dans la sombre peinture des premiers Ages est la vérité de la couleur. Elle produit l'illusion et donne du crédit* e4 de la vraisemblance aux inventions du poêle. Lucrèce s'est bien gardé de placer à l'origine du monde les aimables félicités de l'Age d'or. Ce n'est pas une idylle que la vie de ces premiers boni mes, créés par le hasard, misérables enfants d'une aveugle nature, abandonnés par elle à leur ignorance et à leur dénûment, cherchant leur nourriture sous un chêne, se couchant nus sur une terre nue, comme des sangliers, vigoureux, mais sans autres armes que des pierres et des branches arrachées aux arbres, surpris pendant leur sommeil au fond de leurs cavernes par quelque monstre plus puissant, dévorés.

Sic alid ex alio pcperit discordia tristis, Horribile huiii.inis qiiod gentil us c:^set in armis, Inqne dies 1) lli tcrroiibus addidit aupmen. Tentarunt etiam tauios in niœherti belli, Expertique sues sa^vos sunt iniitere in liostcs; Et Talidos parti m praB se misère leones Cum ductoribus armatis sanisque niagistris Qui moderarier bis possent, vinc lisqne tcnero : Kequidquain, quoniam permixta ca'dc calentcs Turbabant saîvi nullo discrimine turmas, Tcrrificas capitum quatientes undi(|uc cristas; Ncc potcrant équités freniitu pertorrita oqiiorum Pectora mulcere, et frenis convertere in hostcs. jrritata lea; jaciebant corpora saltu Undique, et adversum venientibus ora pctebant, Et nec opinantes a tergo diripiebant, Deplexœquc dabant in terram volncre vîctos, Morsibus adfixa; vulidis at(|uc unguibus uncis.

LK CINQUIEME LIVRE. 3li

engloutis, h se sentant descendre vivants dans un sépulcre vi\ant, n ou bien, échappés à la griffe de leur ennemi, courant à travers la plaine avec d'horribles cris, leurs mains tremblantes appliquées sur leurs hideuses blessures qu'ils ne savaient guérir. Un poëte des âges classiques eût sans doute reculé devant de pareilles descriptions; le goût scrupuleux d'un Virgile en eût un peu dissimulé l'horreur sous l'élégance et l'harmonie. Mais s'il est permis de peindre avec brutalité une nature brutale, si ce que nous appelons la couleur locale est un charme, on ne peut qu'admirer ces scènes hardiment dépeintes auxquelles d'ailleurs conviennent, par une heureuse rencontre, une langue encore rude, une versification peu polie. C'est une consonnance et une vérité de plus. Si on éprouve un regret en lisant les passages analogues de Cuffon , c'est que le soin de riiarmonie et le balancement des périodes donnent à la description de la nature brute un trop délicieux accompagnement.

Cette vérité de couleur se retrouve dans les scènes plus douces où paraissent les plaisirs et les amusements des premiers bommes. Tout est alors d'une ^ràce vraiment ruslique et même un peu sauvage. Lucrèce est loin de prêter à ces premiers nés de^'la nature les sentiments raffinés des bergeries. Ces rudes humains ne se livrent à la joie que quand ils sont bien repus. Si le ciel est serein, s'ils ont trouvé un doux gazon près d'un ruisseau frais, ils ne désirent plus rien, ils se rassemblent, ils s'essayent à la

musique et à la danse; avec quelle rude simplicité ces vers nous le diront:

D'harmonieux oiseaux l'homme imitait les sons Bien avant de former ces savantes chansons, Ces vers, enfants de l'art, délicales merveilles, Dont il aima depuis à charmer ses oreilles. Le zéphyr qui soupire à travers les roseaux Leur apprit à souiller dans les creux chalumeaux Et, par un lent progrès, la lèvre sut répandre, Sous les mobiles doigts, l'accent plaintif et tendre Des flûtes, dont l'usage enfin fut découvert Dans les divins loisirs des bois et du désert. C'est ainsi que par l'art et le cours des années Toutes inventions au jour sont amenées.

Tels étaient des humains les doux jeux au moment Où, la faim apaisée, ils trouvaient tout charmant. Couchée en cercle ami souvent leur troupe oisive Sur un gazon moelleux, au penchant d'une rive, Sous le murmure frais d'un arbre aérien, Trouvait le vrai bonheur qui ne vous coûte rien, Surtout quand la saison et souriante et pure Des fleurs sur les prés verts ranimait la peinture. Puis naisî^aient gais propos, longs ris, bruyants éclats Où la muse prenait ses agrestes ébats : Feuille et fleur sur leur front, à leurs flancs, sans cadence Tous essayaient ensemble une robuste danse, Heureux et fiers de battre, en sauvages enfants, La terre, leur nourrice, au bruit des pas pesants. Quels cris montaient au ciel et quel rire sonore! Ohl qu'ils paraissaient beaux ces jeux nouveaux encorcM

i. At liquidas avium voces imitaricr ore

Ante fuit multo, quam Icvia carmina cantu

Ce vif et juste sentiment de la nature que nous remarquons dans ce cinquième livre pnrnît du reste dans tout le poème sous les aspects les plus divers. Le poète qui chantait la nature devait plus que tout atitre s'intéresser à elle. Lucrèce non-seulement aime la vie rustique et simple, mais il en fait son idéal philosophique. La campagne est pour lui le vrai séjour du repos et du honheur, le plus sûr asile contre les passions. De plus, chose rare dans l'antiquité, il éprouve déjà ces émotions vanées, et profondes que le speclacle de la nature peut

Conceh4)rare homines possont, auresque jiivare. Et Zephyri, cava per calamornm, sibila primum' Agrestes docuere cavas indai ■ cicutas.

Inde minutatim dulces didicero qiierelas. Tibia quas fundit, diiçitis pulsata canentum, Avia per namora ac silvas saltusque reperta, Per loca pastorum déserta atque otia dia. Sic unum quicquid paulatim protrahit (L-tas In medi'.m ratioque in liiminis erif^'it auras. Ha?c anirnos ollis mnlcel)ant atque juvabunt Cum sîitiaic cibi : nam tiim sunt omnia rordi. Sa?pe itaque inter se, prosirati in -ramine molli Proptcr aquaî rivum, sub ramis arloris altie, Non ma^înis opibus jucunde corpora habebant, Praesertim cum tcmpestas ridebat, et atini Tcmpora pingobant viridantes floribns hcrbas. Tiim joca, tum sermo, tum dulces esso cachinni Consuerant : agrcstis enim tum musa vi^'cbat. Tum caput atque hiimt-ros plcxis rediniire coronis, Floribus et foliis, lasrivia la)ta moncbat, Atque extra numcrum procedere, mcmbra movcntos Duriter, et duro terrain pede pcllere niatrcm; Unde oriebantur lisus, dulcesque cachinni, Omnia quod nova tum magis lia3c et mira vigcbant.

donner à rhonune et que notre poésie contemporaine se plaît à exprimer. Il reste conlbndu devant Taccablanle immensité des espaces infinis et des temps éternels; il est quelquelois saisi de ces frissons poétiques que ressent l'esprit à la pensée des grands mystères. Il comprend la beauté des lois ou leur horreur, il reconnaît et célèbre tour li tour avec douceur ou avec amertume les bienfaits maternels de la nature et ses duretés de marâtre. Di'jù , même il connaît, avant V irgile, ce sentiment délicat, faut-il dire cet art? qui sait prêter une âme aux êtres inanimés et qui répand sur toutes choses son universelle sympathie. 11 y a pourtant une grande différence entre les deux poêles. Lucrèce étudie la nature, il l'observe, il la fait comparaître devant son mâle génie, il la juge, il la voit devant lui, il ne vit pas en elle. L'âme tendre et plus faible de Virgile a été plus loin et s'est abandonnée davantage à la nature. Lui aussi aurait vou'u en sonder les mystères, mais faute de génie, dit-il lui-même, il s'est contenté de l'aimer. Il jouit de ses douceurs, de ses spectacles, de ses bruits, de ses parfums; il oublie en elle la science et la gloire, il s'y repaît de tristesses délicieuses; il en a fait sa confidente et son idole. Lucrèce en demeure toujours le viril contemplat':'ur et s'il est souvent ému, sa mélancolie est cell?, non d'un poète qui se délecte de ses rêves, mais d'un philosophe qui médite et s'ariligc.

De nos jours, où l'on fait volontiers aux poètes un mérite de leur tristesse et où la mélancolie est regardée comme le charme suprême des vers, on n'a pas maïKiué d'écnre sur celle de Lucrèce des pages émues, mais qui ne sont pas toujours justes. Souvent on lui a prêté des sentiments trop modernes. On l'a pris pour nn sceptique qui souffre de son scepticisme, en proie aux angoisses du doute, qui aspire à des vérités que sa doctrine ne lui donne pas, qui se sent dépossédé de ses anciennes croyances et, sans regretter précisément ce qu'il ne peut plus admettre, éprouve pourtant les troubles d'une raison non satisfaite. Ce sont là des sentiments qu'on ne peut, en général, attribuer au vienx poète romain, que par une sorte d'anachronisme moral. Lucrèce, au conlraiic, est sur tous les points content de sa doctrine, il n'en désire pas une meilleure. Je ne sais si même, dans toute l'histoire de la philosophie, on trouverait un autre exemple d'une conviction si entière, d'une foi si

pleine, d'un altachcment si obstine à la parole d'un maître. Le poëte n'est pas triste, parce que son système lui laisse quehpie chose à regretter, mais la tristesse est dans le système.

Pour faire comprendre ce caractère de l'épicurisme, qu'on nous permette de nous fip^urer Lucrèce, comme d'ailleurs il se présente lui-même, méditant « durant le calme des nuits sereines » sur ' les plus grands mystères du monde ; supposons que, devant l'immensité de la nature et du ciel étoile, la suite de ses méditations soit celle qu'à Taide de morceaux épars nous allons établir. Ce sera un chapitre analogue à ceux de Pascal sur l'univers et sur riiomme, dont la conclusion sans doute ne sera pas la même, mais touchante aussi, grave, austère et pleine de cette mélancolie qu'on rencontre toujours dans les hautes et vastes pensées.

D'abord qu'est-ce que le monde? Une aveugle combinaison d'atomes, l'œuvre du hasard, un ouvrage imparlait. Tandis que les autres philosophes admirent l'ordre de l'univers au point de ne pouvoir attribuer un si bel arrangement * qu'à une intelligence souveraine, pleine de sollicitude pour riiomme, le poêle épicurien ne voit partout qu'une incurie désordonnée dont il fait un argument contre la croyance à une création divine :

1. Le bon sens popuhiire a donné au monde le nom de x6<t(ao;, de mundus, ce qui signifie, en grec et en latin, ordre, arrangement.

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Pour moi, si j'ignorais le jeu dos éléments, Au simple a^pect du ciel, de ses dérèglements, De loutes les erreurs que montre la nature, J'oserais affirmer qu'une telle structure. Dont partout les défauts nous oiïensent les yeux, N'est pas faite pour nous, n'e>t pas l'œuvre des dieux. Ce monde, sur lequel le ciel roule et tournoie, Des sauvages forêts d'abord il est la proie ; Rocs, monts, vastes marais nous usurpent les champs, Et puis l'immense mer qui rompt les continents. Aux mortels relranchez encor deux parts du globe, Qu'un feu brûlant, qu'un froid éternel nous dérobe. Et le peu de terrain à nos besoins laissé Serait en quelques jours de ronces hérissé, Si, luttant pour sa vie et pour sa nourriture, L'homme ne repoussait l'assaut de la nature, Et s'il ne déchirait la terre, en gémissant Sur sa lourde charrue ou son hoyau pesant. Car si le soc n'entrait dans la glèbe profonde Pour en solliciter la puissance féconde, Le germe ne pourrait sortir de son sommeil, Se lever dans les airs et flotter au soleil. Et quand ce doux espoir d'une rude culture Nous montre enfin ses fleurs ou sa jeune verdure, Par les feux du soleil souvent il est brûlé. Noyé par l'eau du ciel, par les frimats gelé, Ou meurtri par les vents et leur fureur mortelle. Et pourquoi la nature encore nourrit-elle Et ces bêtes des bois et ces monstres marins, Tant d'ennemis cruels, la terreur des humains? Pourquoi l'automne impur promenant son ravage ? Pourquoi la mort qui frappe au hasard le jeune âge*?

J. Quod si jam rcrum ignorem primordia quœ siut, Hoc tamen ex ipsis cœli rationibus ausini

31S C^ÏAPITHK IX.

Ainsi le désordre règne dans le monde; rien n*est fait pour l'homme, qui est comme perdu dans cette confusion des éléments. Voilà déjà pour Tépicurien une source de réflexions amères. Les autres grandes doctrines de Tantiquitc sont plus justes envers la nature, plus sages et moins exigeantes. Elles reconnaissent l'ordre général de l'univers, qui est visible. I Les stoïciens surtout, pleins de confiance en la Raison universelle, qui croient à une Providence, déclarent que le mal physique n'est souvent qu'une

Confirmare, aliisque ex rebus rcdderc nuiltis, Kequaquain nobis divinitus esse paratam Naturam reruin : tanta stat prx'dita culpa. Principio, quantum cœli tcgit iiiipetus ingens, Inde avidain partem montes sylva^quc ferarum Possedere, tenent rupcs vastsequc p;iludcs Et mare, quod lato terrarum distinct oras. Inde duas porro prope partes forvidus ardor, Assiduusque geli casus mortalibus aufort. Qiiod supcrest arvi, tamen id natura sua vi Sentibus obducat, ni vis buniana résistât, Vitai causa valido consueta bidenti Ingemere, et tcrram pressis proscinderc aratris; Si non, fecundas vcrtentes vomcre glebas, Tcrraîque solum subigontcs cimus ad ortus, Sponte sua m-qucant rujuidas existerc in auras; Et tamen interdum magno quœsita laborc, Cuni jam per terras frondent atquc omnia florcnl Aut nimiis torret fervoribus flpthcrius sol, Aut subiti perimunt imbres gcliclîB(|ue pruinœ, Flabraque ventorum violento turbine vexant. Praeterea, genus hnrriferum Natura ferarum Humanae g^-nti infestum terra(iue marifjue Cur alit atque auget? cur anni tempora morbos Apportant? quare Mors immatura vagaturî

apparence, ou une nécessité des choses, qui ne peuvent être autrement, ou un moyen d'exercer l'industrie et la vertu de l'homme. N'est-ce pas à ÉpicL^e ou à Lucrèce que s'adressent ces beaux mots d'Épictète : u Que crois-tu donc que fat devenu Hercule, s'il n'y avait pas eu le fameux lion et l'hydre et le sanglier et plus d'un homme inique dont il a purgé la terre? qu'aurait-il lait si rien de pareil n'avait existé? 11 se serait enveloppé de son manteau et y aurait dormi... Comprends donc tout tout cela, jette les yeux sur les forces qui sont en toi et dis : u Envoie-moi maintenant, ô Jupiter, les <( circonstances que tu voudras; car j'ai des reste sources données par loi-même pour tirer parti de « tous les événements. » u Au lieu de cela, vous restez assis, tremblants, gémissants... c*est le manque de cœur qui fait de vous des impies*. » En effet, le mol épicurisme aurait voulu que la nature lui eût d'avance préparé un lit de repos; la loi du travail lui paraissait une oppression et une iniquité. Le bloïcisme, plus juste et plus vaillant, trouvait sa M'rénité dans son optimisme religieux et sa gloire dans la nécessité de la lutte.

Non-seulement le monde est mal fait, mais il va de mal en pis; il (dégénère. Cette grande machine s'use à la longueet déjà nous sommes témoins desa vieillesse. Lucrèce va nous peindre en vei-s désespérés cette décrépitude progressive de la nature : ^

*. Entretiens d'Epictète, traduction Courdavcaux, I, G.

Elle n'enfante plus, cette mère vieillie.

Que d'animaux chélifs une race affaiblie,

Llle qui sut former tous les êtres vivants

Et les corps monstrueux de ses premiers enfants...

De même ses bienfaits, les belles moissons blondes,

Et les prés plantureux et les vignes fécondes,

Tous ces dons qu'elle offrait d'elle-môme aux mortclj

Sont à peine le prix do labeurs éternels.

Il faut que le bœuf s'use et meure à la charrue,

Que sur le sol durci le laboureur se tue,

Le fer même s'émousse à cette dureté,

Et le fruit diminue à Teffort augmenté.

De ce vieux laboureur entends le long mécompte ;

Secouant son front chauve, il soupire et raconte

Que de fois son sillon retourné sans repos

A mal payé le prix de ses rudes travaux ;

Et, comparant son siècle à des temps plus prospères,

Il se plaît à vanter le bonheur de ses pères

El ces antiques jours où les hommes pieux.

Également comblés par la tene et les dieux.

Chacun sur son domaine étroit, mais plus fertile,

N'avaient qu'à recueillir une moisson facile.

Naïf étonnement ! Cet homme ne voit pas

Que tout marche à la mort, lentement, pas à pas.

Que sous le poids des ans la nature succombe.

Et, comme nous mortels, s'achemine à sa tombe*.

(Il, 1150.)

i. Jamque adeo fracta est œtas, effetaque tellus Vix animalia parva créât, quœ cuncta creavit Secla, deditqiie ferarum ingentia orpora paitii.. Prœterea nitidas fruges vinetaque la;ta Sponte sua priiuum mortalibus ipsa creavit; Ipsa dédit dulces fétus per pabulu Uta, Qiise nunc vix nostro grandescunt aucta labore ; Contcrimus(iue boves, et vires agricolarum

De pareilles idées sur le désordre et sur la dégénération du monde devaient jeter lepoëte dans une certaine affliction d'esprit. On en peut juger par l'aigreur de ses plaintes. Les doctrines modernes qui ont quelque analogie avec celle de Lucrèce admettent du moins le progrès et laissent à l'homme l'espérance d^un sort toujours meilleur. Selon ces systèmes, auxquels on peut plutôt reprocher d'être trop séduisants, la nature elle-même, obéissant à la loi du progrès, a étoufl-é les enfants monstrueux qu'elle avait d'abord produits et a enseveli leurs gigantesques ossements dans les profondeurs de la terre, comme pour cacher ses premières erreurs Elle a enrichi son plan, elle a dégrossi et épuré les formes des animaux et des plantes, elle a varié d'une manière infinie leurs espèces qui étaient en pelit nombre, elle a enfin peuplé d'une série non interrompue et de plus en plus parfaite toute 1 échelle des êtres. En un mot, elle semble être devenue plus ingénieuse, plus délicate et plus bien-

Conficimus ferrum, vix arvis suppeditati : Usquc adeo parcunt fétus, augcntquc labôrc. Jamque caput quassans grandis suspirat arator Crebrius incassum manuum cecidisse labores; Et, cum tempora temporibus prœsentia coufùt Pneteritis, laudat fortunas saîpe parentis. Et crepat, antiquuni genus ut pietatc repletuin Perfacile angustis tolerarit finibus aevom, Cum minor esset agri multo modus antc viritim iV'c tcnet omnia paulatim tabescere et ire Ad capuluni, spatio œtatis defcssa vctusto.

faisante, confondant ainsi par ses libéralitës inespérées les doléances de Lucrèce. Grûce à sa fécondité inépuisable, de plus en plus sollicitée par Findustrie humaine, la terre, vieille demeure deThomme, est sans cesse rajeunie et parée. Avec l'idée du progrès, le matérialiste moderne peut du moins rêver pour les générations futures un noble et riant avenir. Au contraire, le matérialiste anli(iue assiste dans un morne découragement à l'insensible dissolution du monde ef ne peut que gémir à la pensée de cet irrémédiable épuisement.

L'idée du progrès ou physique ou moral se rencontre rarement chez les anciens, mais elle se trouve pourtant rà et là, quoi qu'on en ait dit, chez Aristote, Gicéron, Sénèque et même chez Lucrèce, qui, par une sorte de contradiction, a précisément célébré dans le cinquième livre les conquêtes de M'hommesur la nature. Il a fait plus : avec la netteté la plus lucide il a exprimé la loi même du progrès, il en a trouvé la formule en ces vers qui servent de conclusion et de couronnement à sa grande peinture de l'humanité naissante : « Le besoin, dit-il, l'expérience, l'activité de l'esprit font avancer les hommes pas à pas. Le temps amène au jour peu à peu toutes les découvertes ; l'industrie de plus en plus ingénieuse les met en pleine lumière; les arts naissent les uns des autres et brillent sous Teffort du génie jusqu'à ce qu'ils aient atteint leur plus haut point de perfection. »

Usus et impigrae simul experienlia mentis

Puulalim docuit pedetentim progredientes.

Sic unum quidquid paulatim protrahit aetas

In médium, ratioque in luminis erigit oras :

Namque alid ex alio clarescere corde videmus

Artibus, ad summum donec venere cacumen. (V, 1451.)

Mais cette idée remarquable du progrès humain est noyée et disparaît dans cette grande plainte sur le dépérissement nécessaire et de jour en jour plus visible de la nature.

Ce prétendu dépérissement pouvait paraître assez vraisemblable à un Romain du temps de Lucrèce. LUtalie, épuisée par une culture inintelligente, dépeuplée par la guerre et par l'extension de la grande propriété improductive, avait perdu son antique fertilité. On s'en étonnait et on répétait que la terre vieillit aussi bien que l'homme. L'agronome Columelle, plus sage, voyait bien quelle était la cause du mal et disait que la faute en était à une agriculture inepte qui traitait « la terre en bourreau. )) 11 semble même directement répondre aux doléances de Lucrèce : « Gomment s'imaginer que la nature, douée par le créateur du monde d'une fécondité toujours nouvelle, ait été frappée tout à coup de stérilité, que la terre vieillisse, elle qui a reçu en partage une jeunesse éternelle, cette terre que nous appelons la mère commune de toutes choses, puisqu'elle a enfanté tout ce qui est, et qu'elle enfantera tout ce qui doit être dans les temps à venir? Loin d'attribuer nos maux à l'instabilité

de l'atmosphère, cherchons-en la cause dans notre insouciance'. » Nous citons ces paroles sensées de Columelle pour montrer comment Lucrèce et ses contemporains ont pu se tromper; à des imaginations romaines qui se rappelaient les beaux temps de Cincinnatus, les champs déserts de l'ilalic, désolés par la misère, ou par l'empiétement d'une richesse destructive, transformés en solitudes stériles, offraient, comme en un morne tableau, la décadence de la nature.

Du reste, pour Lucrèce, comme pour Rousseau, le monde moral est en décadence, comme le monde physique ; la civilisation n'a fait qu'apporter plus de maux et de vices*.

Lucrèce va plus loin dans ses sombres méditations; il annonce aux Romains une vérité terrible qui, dit-il, n'a pas encore frappé leurs oreilles, la ruine et la fin prochaine du monde. En vers redoutables, il fait des vœux pour que cet universel^ désastre soit épargué à ses contemporains, mais il n'ose pas l'espérer:

... Dictis dabit ipsa fidem rcs Forsltan, et graviter, terrarum molibus ortis, Omnia conquassari in parvo tempore cernes. (V, 106.)

Celte imprudente menace, propagée depuis par d'autres doctrines, se répandra partout et finira pai

\. De re rusticoy liv. I, préface, et 1. II, i. 2. V, 980-1008.

s'emparer de l'imagination populaire. Bizarre fortune des idées! ces craintes d'une philosophie incrédule deviendront au moyen âge les craintes de la piété. Ces peuples entiers qui attendaient avec anxiété Tan mil, qui se hâtaient de donner leurs biens aux églises, ne savaient pas qu'ils cédaient à une terreur jetée dans le monde antique par les épicuriens. Les âmes pieuses qui croyaient trembler sous un frisson divin regardaient sans doute comme des impies ceux qui ne parlageaient pas leur terreur, sans se douter qu'elles-mêmes étaient les impies, puisqu'elles tremblaient sur la foi d'Epicure. Ainsi il arrive souvent que dans le cours des âges les idées perdent les marques de leur origine, passent d'une doctrine à une doctrine contraire, et, comme des transfuges déguisés, changent de camp. Maintenant, si de la contemplation du monde, de ce monde défectueux, décrépit, qui demain peuttMre tombera en ruines, Lucrèce passe à celle de l'homme, il reste confondu, comme le sera plus tard Pascal, à la vue de notre petitesse et de notre fragilité. Comme l'auteur des Pensées, il se plaît à comparer notre néant à l'immensité de l'espace et à réternité de la durée :

Et quota pars liomo sit*...

11 prévient ces, étonnantes méditations de Pascal : « Que l'homme étant revenu à soi, considère ce

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