‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 2)Chapitre 82 sur 111 · Plutarque, Opin. des phil., I · texte numérisé non relu

Plutarque, Opin. des phil., I

LA SCIENCE DE LUCRÈCE

les, les épicuriens croyaient qu’au delà il y a d’autres systèmes de même nature, et pour eux la somme de tous ces systèmes compose ce qu’ils appellent le grand Tout, omne immensum. « Si un espace infini, dit Lucrèce, s’étend en tout sens, si des principes créateurs de la matière en nombre infini se meuvent de toute éternité dans ces plaines incommensurables, comment n’auraient-ils produit que notre terre et notre firmament, et peut-on penser qu’au delà de ce monde tant d’éléments restent oisifs 1 ? » Dans ces vastes conceptions qu’ils devaient à Démocrite les épicuriens se rencontrent encore avec les conjectures de la science moderne.

Sur d’autres points de physique les atomistes ont été plus loin que beaucoup d’autres philosophes de l’antiquité. Ils ont dit, par exemple, que tous les corps tendent par nature vers le centre du monde et que les moins lourds cèdent naturellement la place aux autres. Ils reconnaissent l’existence du vide que nient la plupart des écoles, entre autres celles de Platon et d’Aristote. Non-seulement les atomistes l’admettent comme conception ration-

Page 1