‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 3)Chapitre 50 sur 104 · I.A CRAINTE DE LA MORT · texte numérisé non relu

I.A CRAINTE DE LA MORT

Eh! ne dirait-on pas,- à voir cette furie.

Qu’il court & sa campagne éteindre un incendie?

Il touche au seuil.... Il bâille, et sous ces heureux toits, Déjà dans son sommeil il fond de tout son poids ;

I) cherche à s’oublier, il ne peut, et notre homme S’est déjà relancé sur le chemin de Rome.

Ainsi chacun se fuit et voudrait s’éviter.

On se déteste alors, ne pouvant se quitter;

C’est que de sa souffrance on ignore la cause.

Ah! si tu la voyais, laissant là toute chose,

Tu voudrais tout d’abord, pour calmer ton chagrin,

Des lois de la nature interroger la fin;

Car il ne s’agit pas, homme, de se distraire,

De ne penser qu’au sort de l’heure passagère,

Mais de bien méditer sur le temps éternel Qui doit après la mort recueillir tout mortel '.

Voilà la véritable conclusion non-seulement du troisième livre, mais de tout le système, conclusion dont les termes surpassent l’attente :

Temporis æterni quoniam, non unius horæ Ambigitur si at ns in quo sit morlalibus omnis Ætas post mortem quæ restât cumque manenda.

Tout laisser, tout quitter pour se livrer à l'étude delà nature, qui est en môme temps celle de l'âme et de notre destinée, qui nous apprend ce que nous sommes, d'où nous venons, où nous allons, qui fixe notre foi, arrête nos erreurs et nos fluctuations

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