‹ Le poeme de Lucrèce morale, religion, science (volume 3)Chapitre 52 sur 104 · Ptaume ltivi · texte numérisé non relu

Ptaume ltivi

quelque chose? Dans une pareille doctrine, il semble prudent de penser le moins qu’on peut à la mort, ou de n’y penser que pour mieux jouir de l’existence fugitive. C’est ainsi que la raison commune, toujours logique, a interprété et pratiqué l’épicurisme. Sans parler ici de ceux qu’on appelle justement le troupeau d’Épicure et qui vraiment n'appartiennent à aucune doctrine, et pour ne rappeler que des esprits délicats, Horace recomman-

dait à ses amis de ne pas trop sonder le secret du' lendemain’, et, le front couronné de fleurs prêtes à se flétrir, symboles de la vie passagère, ne ramenait l’idée de la mort que pour mieux savourer les douceurs présentes de la vie. Ainsi fit Pétrone, qui à ses derniers moments ne voulut entendre que des poésies légères pour rester fidèle jusqu'au bout à sa voluptueuse insouciance. Les épicuriens prudents , en présence de l’aveugle nécessité, se sont le plus souvent conduits comme ces navigateurs qui, menacés d’une tempête contre laquelle il n’y avait pas à lutter, s’enfermèrent dans leur vaisseau, et le livrant aux hasards des flots comme une coquille, se mirent à boire et à chanter pour échapper, sinon à l’abîme , du moins à la peur de l’abîme. C'est l’image de l’épicurisme populaire et des doctrines semblables telles qu'elles ont été compri-

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