‹ Le poëme de Lucrèce: morale - religion - scienceChapitre 13 sur 88 · De nat. Deor., I · texte numérisé non relu

De nat. Deor., I

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submergées tout à coup par un torrent formé de tous les vices de l'univers. Après les victoires de Macédoine et de Syrie, après la prise de Carthage et de Corinthe, les Romains se crurent tout permis, selon le mot de Polybe, et de plus apprirent en Grèce et en Asie ce que la philosophie la plus dépravée n'aurait pu leur apprendre. L'abondance des richesses; l'or qui corrompt, surtout quand il est pillé; la victoire qui ose tout; le goût nouveau des voluptés étrangères et monstrueuses; le luxe, dont on pouvait épuiser tous les raffinements sans épuiser sa fortune; la cupidité féroce des chefs et des soldats, qui finit par vouloir conquérir les biens mêmes des citoyens par le meurtre et les proscriptions, voilà les vrais corrupteurs du peuple romain. Il s'agit bien de la fine et paisible morale d'Épicure! Môme mal comprise, grossièrement pratiquée, elle était encore au-dessus des mœurs générales. Dirat-on que l'épicurisme a ôté aux Romains le frein de la religion ? Mais dans ce déchaînement des passions, les dieux, les trente mille dieux dontVarron nous a laissé le compte, n'auraient pas empêché un dévot païen de piller une province. Si on peut reprocher à la doctrine d'avoir fourni a l'incrédulité des arguments scientifiques, aux passions des prétextes honnêtes, du moins elle a obligé ces débauchés farouches et brutaux de prendre quelques grâces de l'humanité grecque et de donner à leurs vices des apparences plus décentes.

Parmi ces disciples romains si divers, dont les

uns profanaient l'épicurisme par des interprétations honteuses, dont les autres y cherchaient des leçons de prudence, il se rencontra, vers la fin de la république, un poëte de génie, personnage mystérieux, dont l'histoire ne nous a conservé que le nom et l'œuvre, et qui a compris le système avec une grandeur inattendue. L'auteur du Po'éme de (a Nature, tout en restant fidèle à la lettre de la doctrine, lui prête l'éclat de son imagination et y verse la chaleur de son âme. La vieille physique de Démocrite, nonchalamment exposée par Épicure, apparaît comme une nouveauté sublime à son inexpérience romaine, qui vient seulement d'ouvrir les yeux aux grands mystères de la philosophie. Sa surprise et sa candeur enthousiaste le rendent, pour ainsi dire, le contemporain de ces premiers interprètes de la nature, des Parménide et des Empédocle, qui chantaient, avec les transports d'un jeune étonnement, un univers non encore défiguré par les investigations humaines. Ce qu'Épicure enseignait, Lucrèce le voit, il s'en fait le tableau avec les yeux de la foi. Les mystères les plus reculés de la création, les abîmes de l'espace et du temps, les évolutions des atomes à l'origine des choses, sont pour lui aussi visibles que s'ils étaient éclairés par un soleil ; ou, pour parler plus justement, sa raison est si bien entrée dans le système, elle s'en est si bien revêtue, elle s'est si profondément insinuée dans toutes les parties de cet univers, qu'elle en devient comme la puissance ordonnatrice. Celte physique conjecturale

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et froide paraît vivante ; elle est échauffée, rajeunie par le sentiment poétique, agrandie par la majesté des pensées. De même, la morale d'Épicure, œuvre du découragement et de la désillusion, cotte morale équivoque, qui flottait un peu incertaine entre le bien et le mal, prend une fierté toute romaine et fixe les devoirs avec une décision impérieuse. Enfin, l'irréligion si discrète du maître, et si douce qu'elle a pu être soupçonnée d'hypocrisie, éclate dans le poëme en accents irrités, comme une revendication tribunitienne contre des dieux oppresseurs. En un mol, l'inerte système d'Épicure, célébré par Lucrèce, vous produit l'effet d'une pièce languissante qui serait tout à coup ranimée par le génie d'un grand acteur. Si nous nous donnons aujourd'hui la peine d'étudier ces visions philosophiques, ce n'est pas pour faire estimer une science qui est fausse, une sagesse qui est suspecte, mais pour contempler sous toutes ses faces une grande àme qui, jusque dans ses erreurs, offre un spectacle poétique et moral d'un intérêt immortel.

Les anciens, qui admirent Lucrèce et l'imitent, ne nous apprennent rien de certain sur sa vie et son caractère. Ce grave et sombre génie ne fut jamais bien populaire , et si les lettrés et des poètes tels que Virgile et Horace ont envié sa gloire et l'ont profondément étudié par une secrète sympathie pour sa doctrine ou pour dérober à son admirable langue de belles expressions, ils ne lui donnaient pas des louanges précises, et se contentaient, pour lui faire honneur, de quelques allusions flatteuses1. Seul le léger et libre Ovide a exprimé son admiration en des termes qui ne furent ni trop discrets ni équivoques. Il semble que certaines bienséances se

t. Que Virgile ne l'ait pas nommé dans son poème sur l'agriculture, on le comprend; mais qu'Horace dans ses vers familiers, passant en revue tous ses devanciers, n'ait pas prononcé le nom du plus grand de tous, cela est d'autant plus remarquable que Lucrèce est toujours présent à sa pensée, à en juger par de nombreuses imitations.

soient opposées à l'éloge bien franc d'un poëte qui célébrait une doctrine hardie et qui passait à bon droit pour un ennemi des dieux. Dans la littérature latine, le poëme impie de la Nature, par le mystère qui l'entoure, fait penser à ces bois redoutables touchés par la foudre, que la religion romaine mettait en interdit et entourait de barrières, pour empêcher les simples et les imprudents de poser trop facilement le pied dans un lieu que le ciel avait frappé de réprobation.

T. Lucretius Carus naquit l'an 95 avant notre ère à Rome. Remarquons qu'il est, avec César, le seul homme de lettres que la ville de Rome ait produit. Tous les écrivains qui ont. illustré la littérature latine sont venus, plus ou moins tard, des provinces, qui envoyaient à la reine du monde leurs hommes de génie, comme elles lui envoyaient leurs trésors. Sans vouloir donner à ce fait plus d'importance qu'il ne convient, on peut croire que le poëte dut au hasard de sa naissance et à l'éducation qu'il reçut dans la grande ville cette singulière liberté d'esprit qu'on ne prend d'ordinaire que dans les capitales. Voltaire est né aux portes de Paris.

Lucrèce a-t-il visité la Grèce et Athènes, selon la coutume de la jeunesse romaine? On l'a dit sans preuves, mais non sans vraisemblance. Ce poëte enthousiaste n'a pas dû froidement puiser sa science en des livres. On se le figure plutôt recueillant la parole vivante de quelque maître éloquent, de Zéuon l'épicurien, par exemple, qui était alors le chef de

l'école. Rien du moins n'empêche de croire qu'un si ardent génie a pris son l'eu dans le sanctuaire même de la doctrine.

Bien qu'il fût de la grande famille Lucretia, chevalier romain, et cligne par sa naissance et ses talents de prétendre aux honneurs, il parait être resté philosophe. S'il a pu être entraîné un moment clans la lutte des partis, il a dû s'en échapper de honne heure et ne s'en est souvenu que pour les détester et les maudire.

Un auteur ecclésiastique d'une autorité contestable, du moins en cette matière, qui d'ailleurs écrivait plus de trois siècles après, saint Jérôme, nous a laissé sur Lucrèce quelques mots tragiques. Il nous apprend que le poète était en proie à des accès de clémence causés par un philtre d'amour qu'une femme jalouse lui avait donné, qu'il composa quelques livres dans les intervalles lucides de sa folie, et que, dans sa quarante-quatrième année, il termina sa vie par le suicide. Bien que cette tradition réponde à la triste impression que vous produit la lecture du poème, il faut la tenir pour suspecte. Elle ressemble à tant d'autres qui ont été imaginées dans l'antiquité pour effrayer l'athéisme et pour servir de leçon à ceux qui seraient tentés d'imiter une audace sacrilège. Car l'imagination populaire, qui aime à mêler des récits merveilleux à la vie des héros et des saints, se plaît aussi quelquefois à composer une sinistre, légende aux grands contempteurs des choses divines.

Une autre tradition, qui ne manque pas de grâce, rapporte que Lucrèce mourut le jour où Virgile prit la robe virile. Les anciens, sans trop se soucier des dates, imaginaient de ces rencontres et de ces concordances par lesquelles ils exprimaient quelquefois des jugements littéraires. Le futur auteur des Gèorgiques paraissait ainsi marqué d'avance par le ciel pour recueillir l'héritage poétique du chantre de la nature.

Résignons-nous à ignorer la vie de ce poëte philosophe, qui s'est peut-être lui-même dérobé volontairement à ses contemporains et, par suite, à 4a postérité. Fidèle en tout à sa doctrine, il aura trop mis en pratique un des plus importants préceptes d'Épicurc, qui est celui-ci : « Cache ta vie. »

Pour comprendre les sentiments et l'âme de Lucrèce, il importe de connaître, non ces détails biographiques plus ou moins vraisemblables, mais le temps où il a vécu. Sa vie est enfermée entre deux dates qu'il faut retenir, entre les commencements de Sylla et la mort du séditieux Clodius. Elle coïncide avec le temps le plus abominable de l'histoire romaine, où l'on pouvait faire les plus douloureuses réflexions sur le déchaînement des passions humaines. Lucrèce a pu voir dans son enfance Marius chassant Sylla de Rome, Sylla chassant à son tour Marius ; un peu plus tard, un jour de vote, le combat sanglant sur le Forum et dans les rues, où dix mille hommes périrent; puis après la rentrée de Marius et de Cinna, ce vaste égorgement qui

dura sans relâche cinq jours et cinq nuits ; au retour de Sylla, la terrible bataille à la porte Colline, où l'armée des Italiens réclamant des droits civiques fut exterminée, où cinquante mille cadavres restèrent au pied des murailles. Le lendemain, il a pu entendre les cris de huit mille prisonniers massacrés près du sénat, pendant que Sylla répondait tranquillement aux sénateurs épouvantés: «Ce n'est rien, quelques factieux que je fais châtier! » De douze à seize ans, selon les calculs, il a pu voir les proscriptions du dictateur qui durèrent six mois, les listes du jour s'ajoutant à celles de la veille, les sicairescourantdans les rues, l'immolation de quinze consulaires, de quatre-vingt-dix sénateurs, de deux mille six cents chevaliers, sans compter tous ceux qui, dans celte confusion sanglante, furent assassinés par les haines privées. On parlait autour de lui de peuples entiers proscrits en masse, de cités vendues à l'encan ; on répétait le mot de Pompée, qui était le mot de tous les généraux : « N'alléguez pas les lois à qui porte une épée. » Après tant d'horreurs, il vit encore la paisible et l'insolente abdication de Sylla, qui semblait un défi jeté aux hommes et aux dieux. Pendant ce temps, plus de droit, plus de lois humaines ou divines, la religion impunément outragée ou, ce qui est pis encore, hypocritement restaurée par des mains impies et rendue complice de tous les attentais. Enûn, vers trente-deux ans, il a partagé les angoisses de Home pendant la conjuration de Calilina, et plus tard, en voyant la repu-

blique livrée à Clodius pour préparer la dictature de César, qui passera bientôt le Rubicon. Ainsi, le poète assista à la ruine des institutions. Et ce qu'il voyait n'était guère plus désolant que ce qu'on pouvait prévoir. Dans ce complet bouleversement des lois, quel écroulement de la morale publique et privée! Partout les inimitiés particulières, les appétits, les convoitises se jetant sur leur proie, une défiance universelle jusque dans les familles, une corruption inouïe et égale chez ceux qui dissipaient au plus vite le fruit de leurs rapines et chez ceux qui, non encore dépouillés, se hâtaient de profiter d'un jour sans lendemain l. Dans aucun temps pareil spectacle ne s'est offert aux méditations d'un sage. Combien la doctrine d'Épi cure devait paraître belle et salutaire en enseignant que l'ambition et la cupidité sont la cause de tous les malheurs; combien vraie, en proclamant que les dieux ne s'occupent pas du monde !

Quoique Lucrèce, dans un poème majestueux, tout entier consacré aux plus grands problèmes de la nature, ne trouve guère l'occasion de peindre ses sentiments personnels, on peut les surprendre çà et là, et se faire, d'après lui-môme, une image plus ou moins exacte de son caractère. Ce qui frappe d'abord en lui, c'est le dégoût du monde et des affaires et l'horreur des passions qui désolaient alors la répu-

1. Salluste, Catil., ch. M, 43 et 51. — V. Patcrculus, 1. H, 22 et 28. — Florus, III, 21. — Lucain, I, 100; II, 148.

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blique et dont il a été ou la victime ou le témoin. On ne peut douter que son cœur n'ait été profondément remué par des spectacles sanglants, quand on entend, dès le début du poëme, ses vœux pour la pacification de sa patrie, cette prière, la seule qui lui ait échappé et que le patriotisme ait pu arracher à son incrédulité, où il supplie la déesse de la Concorde et de l'Amour de désarmer le dieu de la Guerre et d'étendre sur les Romains sa protection maternelle. Aussi ce chevalier, auquel le rang de sa famille permettait de rêver les grandeurs, que son génie et sa naturelle éloquence auraient, à ce qu'il semble, facilement porté aux plus hautes charges, s'est rejeté dans la vie privée et dans l'innocence d'une condition obscure. Toute la partie morale de son poème respire cette horreur et cette pitié pour les luttes intéressées, pour les débats furieux du Forum et surtout pour les crimes et les malheurs de l'ambition. On est quelquefois tenté de croire que Lucrèce a été engagé dans ce terrible conflit des rivalités romaines, que son àme a été violemment froissée ou meurtrie dans la mêlée, et que ce langage irrité et méprisant exprime l'amertume des espérances déçues. Le poète semble se tracer à lui-même des tableaux de l'ambition triomphante, mais misérable dans sa grandeur, ou de l'ambition humiliée, pour repaître ses yeux de misères auxquelles il a eu Je bonheur d'échapper. Quoi qu'il en soit, quand on considère la précision de ces tableaux romains, cette éloquence qui éclate parfois au milieu d'une démons-

tration scientifique, avec un emportement ^imprévu,

quand on sent cette émotion de témoin centriste frémir encore sous la placidité superbe du philosophe contemplateur, on se persuade que Lucrèce n'a pas été un spectateur indifférent des guerres civiles, et que son âme a connu toutes les tristesses du désespoir politique.

On peut soupçonner encore, en parcourant la grande peinture qu'il nous a laissée des angoisses de l'amour, que cette âme intempérante a été la victime plus ou moins tragique de ses propres passions. Sans attacher beaucoup d'importance à la tradition qui représente le poète livré à des transports de folie, causés par un philtre d'amour, cette espèce de légende montre que les anciens avaient été si fortement frappés de l'énergie insolite de cestableaux, qu'ils ont cru devoir les attribuer au délire d'un insensé. Il faut reconnaître que les invectives de Lucrèce contre l'amour paraissent être les imprécations d'un homme qui en a connu toutes les peines, les hontes et les repentirs. Tandis que le sage et tranquille Épicure recommandait d'un ton paisible de fuir une passion dangereuse pour le repos de la vie, Lucrèce s'acharne à la détruire avec une sorte de ressentiment. Il n'est pas de personnage de tragédie persécuté par Vénus qui laisse échapper de pareils cris de douleur et de dégoût. Le feu de celte éloquence n'a pu jaillir que d'un cœur brûlant encore ou mal éteint. Pour rencontrer, dans l'antiquité, un pareil accent de poignante désillusion, il

faut arriver jusqu'à ces premiers chrétiens qui méditaient dans le désert sur leurs égarements passés, sur l'inanité et les misères des passions humaines, en mêlant, il est vrai, aux souvenirs de leur imagination, demeurée païenne, et à ces regrets si cruellement ressentis par le poëte, les scrupules plus purs d'une âme régénérée par la pénitence.

Un autre sentiment, qui remplit tout le poëme, est la haine des superstitions antiques. Je croirais volontiers que, dans son enfance et sa jeunesse, Lucrèce, malgré l'incrédulité croissante du temps, a été livré par sa puissante imagination aux croyances sinistres du paganisme. Malebranche, qui connaît si bien les effets funestes de l'imagination, nous fournit des paroles pour décrire lame du poëte, quand il dit: « Il n'y a rien de plus terrible ni qui effraye davantage l'esprit ou qui produise dans le cerveau des vestiges plus profonds, que l'idée d'une puissance invisible qui ne cherche qu'à nous nuire, et à laquelle on ne peut résister1. » Le philosophe français ne pensait peindre que les rêveries de ces hommes simples qui croient au pouvoir de la sorcellerie, et il nous découvre l'âme de Lucrèce. Oui, le poëte latin paraît avoir longtemps vécu dans l'épouvante, au milieu des lugubres images de la religion païenne, comme certains superstitieux du moyen Age étaient sans cesse inquiétés par les visions des démonographes. On peut supposer, avec

1 . De la recherche de la vérité, IIIe partie, chapitre dernier.

quelque vraisemblance, qu'éclairé par la doctrine d'Épicure, et tout frémissant encore de ses terreurs passées, il s'est retourné tout à coup contre des spectres malfaisants. D'où lui viendraient donc des emportements imprévus contre les dieux au milieu d'une démonstration scientifique? Pourquoi ne lui suffit-il pas de prouver, avec le calme d'une science convaincue et confiante en elle-même, la vanité des croyances païennes? Pourquoi ces assauts sans cesse répétés contre des idées qui, selon lui, n'ont pas de fondement? Pourquoi cette fureur enfin contre des ennemis qu'il est sûr d'avoir jetés par terre à jamais? Ce sont là les cris de soulagement d'une âme qui se sent enfin respirer, qui échappe à d'effrayantes ténèbres, dont la vengeance ne se contente pas d'avoir vaincu, qui tient encore à triompher l. A voir cette révolte si tenace, les soulèvements de cette éloquence animée par une indignation toujours nouvelle, on ne peut s'empêcher de penser que luimême, quelque assuré qu'il fût dans sa doctrine, n'avait pas été toujours exempt de terreurs, et que son imagination, jadis fortement ébranlée, n'était pas entièrement remise de son trouble. 11 ne parle pas comme un philosophe qui discute, mais comme un visionnaire encore ému au sortir d'une lutte contre des fantômes, et qui, s'en étant débarrassé, apprend aux hommes le moyen de s'en délivrera leur tour. La violence de ses affirmations, l'amer-

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