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Mais je puis dire haut quand l'équité l'ordoune...
Les partis les plus violemment hostiles au régime déchu se seraient honorés eux-mêmes en reconnaissant ce qui fut fait de bon et de réellement progressif en faveur de l'agriculture. Ces institutions que j'énumère, les concours, les primes d'honneur, la création des fermes expérimentales, les encouragements si précieux dans leur largesse accordés aux œuvres rurales, aux inventions de la mécanique agricole, tout cela fut utile ; et il en est résulté un bien que la bonne foi ne saurait méconnaître.
Est-ce à dire, nous le répétons ici, est-ce à dire que tout soit fait? Non, certes. 11 ne nous est pas bien prouvé que les bonnes intentions des pouvoirs publics et de leurs représentants les plus immédiats ne soient pas souvent trop insuffisamment servies. Nous croyons fermement, pour la plupart des grandes créations encore à l'étude, à la puissance et à la nécessité de l'indispensable action de l'État; mais il faut à l'Etat le concours non moins précieux de l'action locale, des efforts locaux, des intelligences spécialement dévouées sur un point ou sur l'autre à l'étude des besoins spéciaux. Pourquoi craindrionsnous de le dire? Président d'une société agricole, et, pendant quinze ans, personnellement à l'œuvre, nous croyons qu'on ne demande pas assez à l'initiative, au
savoir essentiellement .pratique et au zèle dévoué des sociétés d'agriculture. Ces sociétés savent ce qu'il faut faire, comment surtout il faut le faire. Les hommes éminents qui président aux destinées de l'agriculture peuvent bien tout connaître, tout étudier et tout vouloir; ils ne peuvent pas tout résoudre; il faut que, pour arrivera l'exécution, leur pensée passe par trop d'intermédiaires. Trop d'agents secondaires, indifférents quand ils ne sont pas incapables, ont à mettre la main dans les œuvres de détail, difficiles toujours, et qui parfois ne peuvent réussir qu'à l'aide d'un art consommé, d'une habileté exceptionnellement compétente.
Ainsi, quand il sera question de drainer en grand, de reboiser en grand, de doubler dans une campagne, pour la France entière, la proportion des fourrages artificiels et par conséquent celle du bétail, celle du fumier, celle de toute production alimentaire, il faudra qu'une administration centrale fortement organisée, qu'un véritable ministère de l'agriculture, un ministère spécial, pourvu d'un budget sérieux et non plus dérisoire, mette largement à contribution, appelle énergiquement à l'œuvre ces instruments précieux, intelligents, dévoués entre tous : les sociétés d'agriculture.
Mais nous serons loin alors du temps où un ministre de l'agriculture, sous la monarchie de juillet, s'applaudissait benoitement devant les chambres d'avoir fait cette glorieuse économie : il avait eu trois cent mille francs d'excédent sur le chapitre des encouragements à accorder à lagriculture, il les rendait pudiquement au trésor, il n'avait su qu'en faire.
NOTES DU LIVRE Vlll