‹ Le point-d'honneurChapitre 14 sur 33 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

VICTOIRE, MARTIAL, m ad. de MIRVAL, ERNESTINE- MARTiAL , entrant le premier.

Voyez vous-mêmes, mesdames, je vous dis qu'ils sont entre's.

MAD. DE MIRVAL, à Eniestine , qui la suit un petit livre à la main.

J'espère que tu sais par coeur toutes les poésies du recueil , tu l'as eu devant les yeux pendant toute la route.

ERNESTINE

Eh bien! maman, je t'assure que je n'ai toujours lu que les vers de M. Charles et la romance qu'il a faite...

MAD. DE MIRVAL, riant.

Pour toi. ( A Martial. ) Ces messieurs les officiers de chasseurs logent donc chez vous ? ••

MARTIAL

Et ils y sont très-bien , j'ose m'en flatter.

VICTOIRE

Surtout en ce moment qu'ils sont à table. . . Et je cours voir si le couvert est bien en ordre.

MA». DE MIRVAL

Tout l'état-major est-il du repas ?

MARTIAL

Excepté le colonel , attendu qu'il n'y en a pas.

MAD. DE ^MIRVAL

Je le sais . . .

MARTIAL

Ah , madame le sait ! ( A part. ) C'est pas malheureux ça. (^Haut.) Et madame sait-elle encore , "pardon de la question, si la place sera long-temps v-acante. . .C'est qu'voyez-vous, j'étais le restaurateur de l'ancien colonel , et je serais disposeu faire des démarches pour devenir celui du nouveau , si toutefois il y en a un nouveau.

ERNESTiNE , qui pendant la conversation de Martial ntHiii posé sur la petite table un livre et son schall, se rapproche aux derniers mots du restaurateur.

Oui, Monsieur, il est nommé.

MAD. DE MIRVAL

Ma mie!..

MARTIAL

Et ces dames connaissent le nouveau colonel I ( Ernesline va encore parler , sa mère la retient. ) C'est que si je pouvais savoir son nom , et quand il arrivera.

MAD. DE MIRVAL

Le nom du nouveau colonel est encore un secret.

MARTIAL

C'est différent , et c'est dommage. Puisque ces dames n'ont pas voulu se reposer au salon, je vais me hâter de faire préparer pour elles le pavillon de l'Amour, il est libre aujourd'hui. Il est très-commode , on peut entrer et sortir parla grille du fond ^ sans passer par le restaurant, c'est tout comme à Paris. En attendant qu'il soit arrangé, si ces daiqes ne sont pas lasses, le jardin est charmant I

M AD. DE ttURVAL.

C'est bien. M. de Mirval est sans doute parmi ces mes-

sieurs

MARTIAL

Oui , madame , ah ! c'est un homme bien respectable.

MAD. DE MIRVAL

Apres le déjeuner seulement , vous le préviendrez , en lui remettant cette lettre , que deux dames voudraient lui parler.

MARTIAL

Ah! mon Dieu, tout d'suite.

MAD. DE MIRVAL

Non , le déranger serait inutile.

ERNESTINE

On attendait un nouveau capitaine au régiment.

MARTIAL

Ah I ces daines savent cela aussi!

II doit être arrivé ?

MARTIAL

Oui, madame, c'est son repas de réception cpi'on dépêche en ce moment.

ERIVESTINE.

Etait-il bien triste , ce jeune officier?

MARTIAL, à pari.

Diable ! N'allons pas nous compromettre. (Haut.)

mam'selle. . . il m'a semblé. . . c'est que voyez-vous. . . l'embarras d'une arrivée. . . la réception de ces messieurs. . . Oh. oui, malgré cela. . . il devait avoir l'air.. .

ERNESTINE

Préoccupé, pensif, n'est-il pas vrai?

MARTIAL

Je cherchais le mot... mademoiselle, pensif, préoccupe'. Oh Dieu I oui , il avait l'air pensif. . .

ERNESTINE

Pauvre Charles!

MARTIAL, à part.

Il y a quelque chose la dessous... Si mon pavillon allait être de circonstance. . .

AIR : Mon cœur a l'espoir s'' abandonne. N'allez pas égarer ma lettre.

MARTIAL

Ah! madame, ne craignez pas.

MAD. DE MIRVAL

£]t songez à ne la remeltre ...

MARTIAL

C'est juste , à la fin du repas.

( A part. ) En même temps, pour lui prouver mon zèle Au capitaiu' qu'on va r'cevoir.

Je dirai qu'un' bell' demoiselle

Incognito vient pour le voir.

( Il sort. )

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