‹ Le point-d'honneurChapitre 21 sur 33 · DE MIRVAL, CHARLES · texte numérisé non relu

DE MIRVAL, CHARLES

DE MIRVAL

C'est VOUS que je cherche, monsieur.

Ah ! monsieur , vous me vo vez au dé sespoir. . .

DE MIRVAL

Ecoutez-moi, s'il vous plaît.

CHARLES

Veuillez me permettre.. .

DE MIRVAL, d'un ton rude et imposant.

Monsieur , je vous prie de m'écouter.

CHARLES

J'écoute , monsieur.

MIRVAL

J'ai trente ans de service , vingt-deux blessures toutes honorables. Si la fortune m'a laissé vieillir dans le même gracie, la considération de tous m'a tenu lieu de récompense. L'honneur dans ma longue carrière est le seul bien que n'ait pu me ravir le sort ; cet honneur, je veux, je dois le conserver intact. Vous, monsieur, malgré le respect que mon âge devait vous inspirer , vous vous êtes permis , vous à vingt-deux ans , des railleries outrageantes à mon égard.

CHARLES

Mais je venais. ...

DE MIRVAL

Ne m'interrompez jîas. Mon discours vous paraît long peutêtre , je vais l'abréger. Je suis militaire, vous m'avez manqué de respect en présence de l'état-major du régiment , je viens vous en demander raison.

AIR : f^audeuillc de l'île des IVoirs.

Dans votre joyeuse imprudence ,

Avec un bon mot insolent,

Vous avez cru , sans conséquence ,

Effrayer un vieillard tremblant.

IMais si la force du jeune ûgc.

Du temps e'prouve les effets , p

Il ne peut rien sur le courage ,

Et riionneur ne vieillit jamais.

CHARLES

Permettez. ...

DE MIRVAL

L'honneur rend nuls tous les avantages dont la jeunesse est si fibre. Ma main est moins sûre aujourd'hui , ma vue aflaiblie peut-être.. . . en revanche , je suis maître des conditions.. . . j'ai le choix des armes. . . mais je n'abuserai pas de mes droits. . . le sort décidera entre nous , songez-y bien.. . . 11 faut ou ma vie ou la vôtre.

CHARLES

Moi I jamais.

DE MIRVAL

Vous aurez tort, vous auriez tortj dans quelques in,<:tans , je serai ici avec mon témoin; assurez-vous du vôtre.. . . ( // rcloiirnc on salon eu les officiers tUaicnl à table. )

( 33 ) SCENE XVil.

CHARLES , seul.

Lp père d'Ernest ine ! (^y4prl'.i une profonde rcflexion. ) Idée

nuTPu-c î . . . non , non. ... je n'acceple pas ce duel . je ne

dois point i'accepter. . , , je ne dois point I . . . et que pense.'-a-lon de moi?. . . mes camarades. . . monsieur de Mirval luimême.. . . Si i'aveu de ma faute.. . . toutes les excuses ... il f^st trop tard !,.. Dons un qombsl oii ]es forces sont égales, des récuses feraient soupçonner de la crainte ; im refus.. . . de la JAchelé ( Il se prominç m'gc affi talion.") j'accepte ce duel, je l'accepte avec toutes les conditions.. . . (Il s' arrête absorbé. ) He'las ! . . .

Air. : Te soutiens-tu.

J'arrivais riche d'espérance,

Heureux d un amour partagé , lier d'être un jour, aux regards de la France,

De palmes et d'honneurs chargé.

Aniour, espoir, tout fuit. Tout me délaisse j En hr.ine à tous, à moi-même odieux; Sans un conseil pour guider ma jeunesse, Sans un ami pour me fermer les yeux.

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